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Culture

Centrafrique : le fabuleux destin des photos de l'artiste Samuel Fosso sauvées d'un pillage

© FRANCE 24

Vidéo par Nicolas GERMAIN , Roméo LANGLOIS

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/02/2014

Grâce à un photojournaliste français, l'artiste camerounais de renommée internationale Samuel Fosso a pu récupérer plusieurs de ses tirages après le pillage de son domicile de Bangui. FRANCE 24 l'a rencontré à Paris. Reportage.

Au début du mois de février, la maison que possède à Bangui le photographe de renommée internationale Samuel Fosso a été pillée. "Ils n’ont rien laissé sauf ce qu’ils ne comprenaient pas, raconte l’artiste, qui avait rejoint Paris peu avant la mise à sac de son domicile banguissois. La photo, les négatifs, ce n’est peut-être pas important pour eux."

Par chance, le photojournaliste Jérôme Delay, qui se trouve dans la capitale centrafricaine ce jour-là, passe devant la propriété de Samuel Fosso et reconnaît le travail du Camerounais dans les clichés et les négatifs éparpillés ça et là. Avec l'aide de l’organisation Human Rights Watch, Jérôme Delay parvient à récupérer les photos afin de les restituer à son auteur.

"Cela fait partie de l’Histoire"

Certains des tirages sauvés sont malheureusement très abîmés. "Je suis heureux de les récupérer, et en même temps un peu triste parce que les photos sont à moitié brûlées. Cela fait partie de l’Histoire", confie Samuel Fosso.

Cet artiste camerounais a été découvert lors de la première biennale de la photographie de Bamako en 1994. Ses autoportraits valent aujourd'hui des milliers d'euros et ont intégré de prestigieuses collections, notamment celles du Centre Pompidou, à Paris, et du Musée d’art moderne (MoMa) de New York.

Son agent, Jean-Marc Patras, reste optimiste malgré les récents événements. "Je suis convaincu que le travail de Samuel est pérenne et sera célébré après nos morts, dit-il. Et ce qui s’est passé permet à Samuel de sortir du champ de l’art et de devenir un personnage un peu au-dessus, une sorte de conscience. Parce que Fosso est une conscience."

L’artiste garde lui aussi bon espoir. En son avenir mais aussi en celui de la Centrafrique. Chrétien, il vit à Bangui, au cœur du quartier musulman de Miskine. "Moi, j’espère que cela soit possible de vivre une vie en harmonie avec les chrétiens et les musulmans." Samuel Fosso espère maintenant regagner Bangui au plus vite et continuer ses autoportraits. Dans un climat de paix.

 

Première publication : 19/02/2014

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