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Asie - pacifique

Émouvantes retrouvailles entre Nord et Sud-Coréens séparés depuis 60 ans

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/02/2014

Les familles de centaines de Sud et Nord-Coréens, séparées depuis la guerre qui a éclaté en 1950, ont pu se rencontrer pour la première fois jeudi dans le Sud-Est de la Corée du Nord.

L'émotion était vive lors des retrouvailles entre des familles des Sud et de Nord-Coréens séparés depuis plus de 60 ans. Des centaines de personnes âgées, à la santé souvent vacillante, ont pu retrouver jeudi 20 février en Corée du Nord leurs proches qu'ils n'avaient pas revus depuis la guerre, entre 1950 et 1953.

Entre embrassades et souvenirs, la première réunion de familles coréennes a commencé par une cérémonie au mont Kumgang dans une effusion d'émotions.

Des torrents de larmes

Les télévisions ont retransmis l'événement, montrant les Sud-Coréens sous la neige à leur arrivée dans la station où les attendaient 180 proches restés du côté nord-coréen depuis la guerre. Après avoir franchi la "zone démilitarisée", une bande de terre de 248 kilomètres sur 4 qui divise la péninsule coréenne, le convoi a parcouru une quarantaine de kilomètres supplémentaires jusqu'au mont Kumgang.

À l'intérieur d'une grande salle où des tables avaient été installées en vue d'un dîner commun, frères, sœurs, oncles, tantes et d'autres se sont parfois longuement cherchés sans se reconnaître, devenus étrangers, avant de tomber dans les bras les uns des autres.

Sélectionnés par tirage au sort informatique parmi des milliers de candidats, les participants ont emporté quantité de choses dans leurs bagages : cadeaux, médicaments, nouilles instantanées et des photos. D'innombrables clichés d'avant la partition de la péninsule, en noir et blanc, et des images de leur famille construite de part et d'autre de la frontière, faisant couler des torrents de larmes.

"Grande sœur. C’est moi !"

Ces rencontres ont donné lieu à des histoires improbables : l'un des doyens sud-coréens, un homme de 93 ans séparé de sa femme enceinte, a découvert pour la première fois le visage de son fils, âgé de 64 ans.

Une Nord-Coréenne Lee Jung-Sil était, pour sa part, venue dans l'espoir de revoir sa sœur aînée, Lee Young-Sil, 87 ans. Mais celle-ci souffre de la maladie d'Alzheimer. Il est trop tard. "Grande sœur. C'est moi! Pourquoi tu ne m'entends pas?", a-t-elle supplié, au désespoir.

Les femmes portaient les robes traditionnelles, des "hanbok", tandis que la plupart des hommes étaient en costume sombre. Tous semblaient arborer des insignes d'anciens dirigeants nord-coréens, Kim Il-Sung, le fondateur du régime communiste, et son fil Kim Jong-Il, des accessoires obligatoires dans le pays.

Dimanche, 88 Nord-Coréens seront rejoints par 361 proches venus du Sud pour une seconde réunion, jusqu'à mardi. Ces rassemblements, les premiers depuis 2010, n'ont été rendus possibles qu'au terme d'âpres négociations entre Séoul et Pyongyang.

Première et dernière rencontre

La Corée du Nord a fini par donner son accord alors qu'elle exigeait au préalable l'annulation d'exercices militaires entre la Corée du Sud et les États-Unis prévus fin février.

Sur les 125 000 Sud-Coréens qui ont demandé à participer aux réunions depuis 1988, 57 000 sont décédés, dont 3 800 l'an dernier. Et ceux qui leur ont survécu n'ont pas toujours la force de supporter le voyage. Les premières réunions ont été organisées en 1985 à la faveur d'un dégel des relations intercoréennes, avant d'être suspendues pendant 15 ans.

Le programme a de nouveau été interrompu en 2010 après le bombardement par la Corée du Nord d'une île sud-coréenne située sur leur frontière maritime, contestée par Pyongyang.

À peine retrouvés, Sud et Nord-Coréens devront se séparer samedi, avec la quasi certitude de ne jamais plus se revoir. "Ce sera notre première et dernière réunion", reconnaissait ainsi Kim Dong-Nin en secouant la tête de désespoir.

Les participants ont reçu des instructions précises afin de réussir au mieux leur séjour dans un pays parmi les plus fermés au monde, mis au ban de la communauté internationale depuis des décennies. "On nous a dit de ne pas discuter politique et de ne pas se laisser abuser par la propagande nord-coréenne", a expliqué l'épouse de M. Kim, Shin Myung-Soon.

Avec AFP

Première publication : 20/02/2014

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