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Coupée au rasoir, une Somalienne se souvient de sa mutilation génitale

AFP

Malko Jama, somalienne, veuve depuis peu et mère de huit enfants, se souvient de la mutilation génitale qu'elle a subie il y a trente ans comme si c'était hier. Délégations de femmes à Bamako au Mali le 6 février 2014 demandant l'abolition de l'excision

Malko Jama, somalienne, veuve depuis peu et mère de huit enfants, se souvient de la mutilation génitale qu'elle a subie il y a trente ans comme si c'était hier. Délégations de femmes à Bamako au Mali le 6 février 2014 demandant l'abolition de l'excision

Malko Jama, somalienne, veuve depuis peu et mère de huit enfants, se souvient de la mutilation génitale qu'elle a subie il y a trente ans comme si c'était hier.

"J'avais neuf ans. Une femme est venue à la maison. (Avec d'autres femmes), elles m'ont maintenue à terre, les jambes écartées, et m'ont coupée avec un rasoir avant de me recoudre avec des épines d'acacia", explique Malko Jama, aujourd'hui âgée de 40 ans, assise sur le sol en béton d'une maison d'Hargeisa, capitale du Somaliland, région auto-proclamée indépendante de la Somalie.

"Aujourd'hui il y a des moyens plus modernes pour recoudre les filles, mais à l'époque, elles utilisaient des épines".

Malko Jama est l'une des innombrables femmes de la Corne de l'Afrique ayant subi excision et infibulation, des rites destinés à maintenir les jeunes filles "pures", et des opérations chirurgicales menées sans la moindre anesthésie.

La femme venue pratiquer l'opération "avait coupé le clitoris et les petites lèvres et après la chair des grandes lèvres, puis recousu la peau, et c'était fini", dit-t-elle encore.

"Quand ça a été fini, elles ont pris un grand drap et une corde et m'ont attaché les cuisses ensemble (...) pour que je reste sans bouger, les jambes serrées. Elles m'ont apporté un petit bout de pain, mais refusé de me laisser boire de l'eau ou du thé. Elles disaient que le corps devait sécher".

Attachée de la sorte, et de toute façon immobilisée par la douleur, la petite fille qu'elle était alors a été contrainte d'uriner sur elle-même pendant quatre jours.

"Après sept jours, elles ont retiré le drap et celle qui m'avait coupée est venue m'inspecter. Elle a dit que j'étais complètement recousue", se souvient encore celle qui est aujourd'hui aussi grand-mère.

"J'ai plus tard réalisé à quel point j'avais été chanceuse parce qu'aux filles à qui l'on dit qu'elles ne sont pas complètement recousues, on recoupe encore un bout de chair et on les recoud encore", poursuit-elle.

- Inspection vaginale -

Plus tard, ses règles ont provoqué des maux au ventre et au dos. "Quand je le disais à ma mère, elle me répondait: +Prends ces cachets. C'est normal. Une fois que tu seras mariée, tout ira bien+".

Malko Jama dit avoir été mariée à 15 ans. Ses rapports sexuels ne pouvaient pas donner lieu à des pénétrations complètes: son vagin avait été trop étroitement recousu. Mais à 17 ans, elle a malgré tout pu donner naissance à son premier enfant.

Elle n'a rejoint la maison de son mari qu'une fois enceinte. Une fois là-bas, "la première chose que ma belle-mère a fait a été d'écarter mes jambes pour m'inspecter. La famille de mon mari voulait faire bouillir des ciseaux et me couper à nouveau, parce que j'étais son épouse".

Sa propre famille a expliqué qu'une nouvelle opération aurait mis la vie du bébé en danger, alors les deux familles se sont mises d'accord pour ne rien faire tant qu'elle était encore enceinte.

Ses problèmes intimes ont aussi eu des répercutions sur son couple: "Mon mari a fait une dépression en comprenant, après deux mois de tentatives infructueuses, qu'il ne pouvait pas me pénétrer".

De son côté, aucun désir. "Même la première année du mariage, le sexe ne nous attire pas. On ressent bien quelque chose, mais pas grand chose".

Son premier accouchement a engendré de nouvelles complications -- les personnes qui l'ont accouchée ont d'abord retiré les points de suture qu'on lui avait fait à 9 ans, puis procédé a une double épisiotomie. Le tout, encore, sans qu'aucun anti-douleur ne lui soit administré.

"Le premier enfant, c'est le plus douloureux", juge-t-elle. Elle dit avoir choisi de ne pas faire subir le même supplice à ses propres filles. Même si l'ablation du clitoris est encore la norme au Somaliland.

Première publication : 21/02/2014