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Amériques

L'ancien dictateur "Baby Doc" Duvalier peut être jugé pour crimes contre l'humanité

© AFP - Jean-Claude Duvalier, le 20 mai 2011 à Port-au-Prince

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/02/2014

La justice haïtienne a ordonné jeudi une nouvelle enquête sur les crimes contre l'humanité imputés à l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier. Elle estime que la majorité des plaintes déposées contre lui sont recevables.

Devant une salle d’audience comble, la Cour d’appel de Port-au-Prince, en Haïti, a estimé jeudi 20 février que l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, 62 ans, pouvait être jugé pour crimes contre l’humanité en vertu du droit international. Par cette décision, la cour d’appel a invalidé un jugement de 2012 stipulant que l’ancien président ne pouvait pas être poursuivi en raison de la prescription de certains faits.

Nouvelle instruction

Depuis son retour en janvier 2011, de nombreuses plaintes ont été déposées contre "Baby Doc", l'homme fort d'Haïti de 1971 à 1986. Malgré ces accusations d’arrestations illégales, tortures, emprisonnements et exil forcé de ses opposants, aucun procès n'a jusqu’ici été organisé.

La cour d’appel a estimé jeudi que Jean-Claude Duvalier pourrait être tenu responsable d’atteintes commises par l’armée et la milice des "tontons macoutes" à l’époque où il était au pouvoir. Concrètement, elle charge un nouveau juge d'instruction de recueillir de nouvelles informations auprès des plaignants et d'interroger des anciens dignitaires du régime. À l'issue de cette enquête, décision devra être prise de poursuivre ou non l'ancien dictateur.

"Lutte contre l'impunité"

La décision de la cour d’appel de Port-au-Prince "constitue une victoire pour la démocratie et la séparation des pouvoirs et consacre le pouvoir judiciaire qui pérennise la lutte contre l'impunité", a commenté Camille Edouard, professeur de droit à l'université d'État d'Haïti. Un défenseur des droits de l’homme, Pierre Esperance, s’est félicité de ce retournement judiciaire : "C’est énorme. Haïti n’est pas isolé et le droit international s’applique dans le pays." Quant au porte-parole de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, Reed Brody, qui suit cette affaire depuis plusieurs années, il a salué "une grande victoire pour les victimes de Duvalier, qui n’ont jamais renoncé."

Les avocats de Jean-Claude Duvalier ont déclaré qu'ils comptaient faire appel de la décision. Une perspective qui ne semble pas inquiéter les plaignants.  "Nous irons en cassation", a rétorqué Me Mario Joseph, un de leurs avocats.

Avec AFP et Reuters

 

Première publication : 21/02/2014

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