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Amériques

"Pas de gâteaux pour les gays", une loi indigeste en Arizona

© AFP

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 25/02/2014

Les parlementaires de l’Arizona ont adopté un texte permettant aux commerçants de ne pas servir les homosexuels au nom de la liberté de conscience. La gouverneure républicaine doit annoncer dans les prochains jours si elle promulgue ou non cette loi.

Alors que le mariage gay est adopté par un nombre croissant d’États américains depuis deux ans - 18 d’entre eux (en incluant le district fédéral) le reconnaissent actuellement devant la loi -, la droite conservatrice redouble de créativité pour stopper sa progression. Dernier État en date à s’illustrer en la matière : l’Arizona. Les parlementaires de cet État très conservateur viennent de voter la loi SB (Senate bill) 1062 autorisant commerçants et prestataires locaux à ne pas servir les homosexuels au nom de leur liberté de conscience et de religion. Deux éléments fondateurs défendus par le sacro-saint premier article de la Constitution américaine.

À Phoenix, la capitale de cet État du sud-ouest américain, les défenseurs de la cause LGBT criant à la discrimination n’ont pas tardé à se faire entendre. Lundi 24 février, plusieurs centaines de personnes étaient réunies devant le Capitole pour protester contre ce texte qu’ils ont rebaptisé “No wedding cake for gays” (“Pas de gâteaux de mariage pour les gays”). Une référence directe à l’affaire Elaine Huguenin, du nom d’une photographe qui a refusé fin 2013 de photographier les fiançailles d’un couple de lesbiennes. Pour cette fervente chrétienne établie dans l’État voisin du Nouveau-Mexique, l’obliger à exercer pour ce couple de même sexe bafouait directement sa liberté de religion. La Cour suprême lui a finalement donné tort, ce qui a motivé les parlementaires conservateurs d’Arizona à voter le SB 1062 qui ne vise, selon eux, qu’à mieux protéger les libertés individuelles.

La Chambre de commerce ainsi que plusieurs entreprises ont rallié la cause des détracteurs de la loi SB 1062, dont Apple qui pourrait renoncer à ouvrir sa nouvelle usine à Mesa, en banlieue de Phoenix, si le texte est promulgué. Plus de 700 emplois sont en jeu. La compagnie aérienne American Airlines, dont le siège était basé en Arizona jusqu’à l’année dernière, s’est également prononcée contre la loi.

"Nous n'autoriserions jamais la discrimination contre les Noirs ou les femmes au nom de motifs 'religieux'. Il en va de même pour les gays et lesbiennes", Kenneth Roth, directeur de Human Rights Watch

Promulgation ou veto

Sur le plan politique, le texte est en train de créer des remous dans le camp républicain, pourtant majoritairement opposé au mariage gay. Le sénateur de l’Arizona et ancien candidat à la Maison Blanche, John McCain, a demandé le retrait de la loi tandis que trois sénateurs qui avaient voté pour viennent de retourner leur veste. Dans une lettre adressée à Jan Brewer, la gouverneure républicaine de l’État, Adam Driggs, Steve Pierce et Bob Worsley émettent des regrets et estiment que le texte “écorne sérieusement l’image de l’Arizona”. La mesure qui a été adoptée par 17 voix contre 13 ne serait pas passée si ces trois élus avaient voté contre. Le délai d’annulation du scrutin étant dépassé, faire marche arrière est désormais impossible. Tout repose sur la gouverneur Jan Brewer, qui doit promulguer la loi mais peut encore y opposer son veto. Elle a jusqu’au 28 février pour annoncer sa décision.

Photo de la gouverneure d'Arizona, Jan Brewer.
© © Twitter/@GovBrewer

Afin d’éviter de froisser le monde du business et ses investisseurs à l’heure où l’Arizona sort tout juste de la récession, Jan Brewer pourrait pencher vers le veto. Mais en face, les supporters du SB 1062 pèsent lourd, eux aussi. Il s’agit principalement du très influent Center for Arizona Policy (CAP), une organisation conservatrice ouvertement contre l’avortement et le mariage pour couples du même sexe. “Les attaques contre le SB 1062 représentent précisément ce pourquoi tant d’Américains sont lassés par les débats politiques actuels. Nos élus ont le devoir fondamental de protéger la liberté de religion”, écrit Cathi Herrod, la présidente du CAP, dans une tribune publiée sur le site de l’organisation ce week-end.

Le veto serait vécu comme une terrible défaite pour cette organisation qui a traditionnellement une forte influence sur le débat politique en Arizona. L’année dernière déjà, le CAP avait essuyé un échec lorsque Cathi Herrod avait essayé de faire passer une loi contre l’avortement, loi balayée d’un revers de main par Jan Brewer. Mais à neuf mois des élections de mi-mandat, la gouverneure républicaine aurait bien besoin du soutien du CAP - qui sait si bien parler aux conservateurs - si elle veut s’assurer une nouvelle fois la majorité au Sénat local. Fin du suspense d'ici vendredi.

Première publication : 25/02/2014

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