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Economie

En Côte d’Ivoire, la tablette Qelasy veut révolutionner l’éducation

© FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/02/2014

Présentée mardi au salon de la téléphonie mobile de Barcelone, la Qelasy est la première tablette éducative africaine. Thierry N’Doufou, entrepreneur ivoirien, veut promouvoir, grâce à elle, un enseignement "plus ancré dans son époque" en Afrique.

La tablette ivoirienne Qelasy, dévoilée cette semaine au salon mondial de la téléphonie de Barcelone, ne cherche pas à concurrencer les iPad, Nexus 7 de Google et autres. Thierry N’Doufou, son concepteur, est conscient qu’il est difficile de se faire une place sur le marché surchargé des tablettes à tout faire. Pour lui, le label “made in Côte d’Ivoire” ne donne pas non plus un avantage pour conquérir le marché africain. Il y a, en effet, une dizaine d'autres tablettes conçues en Afrique, qui cherchent à séduire la population locale.

Surtout, Thierry N’Doufou a une idée très particulière du rôle de son produit. Contrairement aux tablettes généralistes, qui servent surtout à se divertir, la sienne est destinée à “mettre l’éducation en Afrique en adéquation avec son époque” et “redonner aux étudiants l’envie d’apprendre, et aux enseignants celle de transmettre le savoir”, explique-t-il à FRANCE 24. La Qelasy est la première tablette éducative en Afrique et sera commercialisée à partir de la rentrée scolaire 2014-2015.

Une grande ambition parfaitement assumée par cet entrepreneur africain. “Nous avons choisi le secteur de l’enseignement car l’éducation est à la base du développement d’une société et favorise l’émergence des dirigeants de demain”, assure Thierry N’Doufou. Sa Qelasy veut devenir le compagnon indispensable des enfants et des adolescents, de la primaire à la fin des études.

Pas de Snapchat

Une tablette conçue pour le climat régional

La Qelasy ne se distingue pas seulement par sa vocation purement éducative. Cette tablette ivoirienne, fonctionnant sous Android a aussi été pensée pour être adaptée aux différents climats d'Afrique Centrale et de l'Ouest.

"Elle est résistante à l'eau et à la poussière", assure Thierry N'Doufou, ce qui a permis à la Qelasy d'être conforme à la norme IP54. Cette tablette est, ainsi, équipée d'une couche spéciale derrière la coque arrière, qui la rend étanche. Un film anti-poussière a également été ajouté pour protéger l'optique de l'appareil photo intégré et le micro permettant d'utiliser cette tablette comme un téléphone. En revanche, elle ne supportera pas d'être immergé complètement dans l'eau.

Par ailleurs, une coque particulière avec des poignées équipera les modèles vendus aux écoliers des petites sections en maternelle ou primaire.

Cette tablette ne permettra donc pas de se défouler sur les derniers jeux de guerre à la mode, ou utiliser Instagram, Snapchat ou d'autres applications populaires, mais dont la valeur éducative reste toute relative. Thierry N’Doufou a mis sur pied, au sein de sa société Siregex, une équipe chargée de “filtrer” le contenu : de l’éducatif, rien que de l’éducatif. Pour l’instant, il y a plus d’un millier d’applications disponibles pour cette tablette.

Cette envie de révolutionner l’éducation sur le continent africain a donné naissance à un objet quelque part entre le cartable numérique et le carnet de correspondance dématérialisé. Thierry N’Doufou a, ainsi, réussi à numériser l’intégralité des livres scolaires en Côte d’Ivoire jusqu’au lycée. Le tout avec l’aval du ministère de l’Éducation et du programme gouvernemental e-education. “Pour l’université, on doit régler les problèmes de droits d’auteur d’ouvrages internationaux”, explique cet entrepreneur. La tablette doit donc permettre d’alléger le cartable de quelques kilos.

Thierry N’Doufou espère que les enseignants aussi y trouveront leur compte. Qelasy n’est, en effet, pas seulement une tablette. Siregex a mis en place un site internet sur lequel les professeurs pourront déposer leurs cours, des exercices, les notes des élèves et faire parvenir aux familles toute information utile. Ces documents seront ensuite transférés sur les tablettes des élèves et des étudiants. “C’est censé faciliter la communication et enrichir les contenus”, affirme Thierry N’Doufou. Sa société se charge, en effet, de mettre en ligne des vidéos, des images et des liens en rapport avec les différents supports d’éducation préparés par les enseignants.

L’école d’abord, l’agriculture ensuite

Ce projet ambitieux a été finalisé en moins de deux ans, entièrement financé par le fonds d’investissement ivoirien Gnanzouky. Sans entrer dans les détails, Thierry N’Doufou précise qu’il lui a fallu plus de 100 000 euros pour arriver à ses fins. Si la Qelasy a été conçue en Côte d’Ivoire, des équipes en France, aux États-Unis et au Sri Lanka ont participé à son élaboration. Enfin, comme la plupart des produits électroniques, elle est assemblée en Chine.

Grâce à des subventions, la tablette sera proposée à prix réduit dès la rentrée prochaine à une centaine d’écoles et lycées pilotes du programme e-éducation en Côte d’Ivoire. Elle sera également vendue en grande surface au prix maximum de 247 euros.

Mais les ambitions de Thierry N’Doufou ne se limitent pas à son pays natal où il a déjà quatre millions d’élèves à séduire. Il espère inonder tous les pays d’Afrique centrale et occidentale, qu’ils soient francophones ou anglophones. “Nous avons déjà des contacts avec des établissements et des gouvernements d’autres pays et nous espérons pouvoir sortir la Qelasy dans d’autres pays à la rentrée scolaire 2015-2016”, prévoit le chef d’entreprise.

Il ne veut pas non plus se limiter à l’éducation. Après l’école, il compte s’attaquer à un autre domaine important sur son continent : l’agriculture. Il assure avoir, déjà, toutes les idées qu’il faut pour rendre ce secteur mieux connecté à son époque grâce à une tablette.

Première publication : 25/02/2014

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