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FRANCE

Centrafrique : le Parlement français vote la prolongation de Sangaris

© 2 000 soldats français sont déployés en Centrafrique / FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/02/2014

Le Sénat et l’Assemblée nationale ont voté, mardi, la prolongation de la mission française en Centrafrique. Un aval attendu en dépit des nombreuses difficultés rencontrées sur le terrain par les troupes françaises.

Mardi, les parlementaires français ont donné leur aval à la prolongation de la mission Sangaris en Centrafrique, comme le prévoit la Constitution pour les opérations militaires extérieures dont la durée excède quatre mois. Les députés se sont prononcés par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions. Au Sénat, le vote a été acquis par 327 voix pour, seuls trois sénateurs se sont prononcés contre.

En préambule, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait défendu le bilan de l'opération dans une allocution à l'Assemblée nationale. Son intervention a également été lue au Sénat par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Les deux chambres ont au final très largement accordé leur soutien à la prolongation du mandat des troupes françaises.

Au début de l'opération en décembre, le président François Hollande avait certes prédit une opération "rapide". Mais les quelque 1 600 militaires français déployés en Centrafrique (RCA) ont rapidement été confrontés à une situation très complexe. Le 14 février, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui a annoncé l'envoi de 400 soldats supplémentaires en renfort, avait reconnu que la mission serait "plus long[ue] que prévu". Le week-en dernier, un troisième soldat français est mort sur place, victime d'un accident de la route.

Une violence sous-estimée

Au vu des difficultés rencontrées sur le terrain, les débats s'annonçaient animés. Plusieurs députés présents la semaine dernière à Bangui ont pointé des "erreurs d'appréciation" dans la préparation de l'opération et une "sous-estimation" du degré de violence. D'autres ont déploré le nombre insuffisant de soldats français déployés et le montant de la facture, dont la France doit, pour l'instant, s'acquitter seule.

Malgré tout, au Sénat comme à l'Assemblée, la tendance générale penchait pour la prolongation de l'intervention militaire. Pour Jean-Paul Bacquet (PS), de retour de Bangui, il aurait été en effet "totalement irresponsable de voter le retrait".

Certains élus UMP ont également reproché à l'exécutif d'avoir voulu faire rejouer à la France "le scénario de Serval [l'opération militaire au Mali]" et de devoir "faire face à un Kosovo africain. Sangaris n'était pas du tout formaté pour ça", a souligné par exemple le député Yves Fromion.

Sentiment d'insécurité à Bangui

Si le niveau de violence a baissé, le sentiment d'insécurité domine encore à Bangui, notamment dans le quartier PK-12 où quelque 80 soldats français se relaient pour faire tampon entre les chrétiens et les musulmans. Une habitante chrétienne, Flora, estime au micro de FRANCE24 que la sécurité est assurée uniquement là où les militaires sont déployés. "Dans les quartiers où ils ne sont pas, nous avons peur", reconnaît-elle. 

Au bout de la route, les derniers musulmans du PK-12 sont regroupés autour de la mosquée. Ils sont un peu moins de 3000. Malgré la surveillance des militaires, le camp est harcelé par les milices anti-balaka. "Ils descendent de la colline et lancent des grenades depuis le petit bois là-bas, raconte Ibrahim Al-Awad, habitant de PK 12. Ils lancent des grenades à l’intérieur du camp, et ils nous tuent."

"Jusqu'à ce que l'ONU prenne le relais"

De leurs côtés, les militaires réclament la poursuite de l'opération pour consolider les progrès réalisés dans la sécurisation du pays. Selon le commandant de Sangaris, le général Francesco Soriano, l'intervention française devrait se poursuivre, "jusqu'à ce que l'opération de maintien de paix (de l'ONU) prenne le relais".

Une opération sous l'égide des Nations unies qui, selon les spécialistes, devrait se mettre en place, au plus tôt, vers le début de l'été. Et la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, plaide, pour sa part, en faveur du maintien de Sangaris jusqu'aux élections prévues début 2015 en RCA.

Avec AFP

Reportage : les convois humanitaires peinent à atteindre Bangui

Première publication : 25/02/2014

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