Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

REVUE DE PRESSE

"Il neige en hiver"

En savoir plus

SUR LE NET

Des opérateurs indépendants au secours des campagnes

En savoir plus

SUR LE NET

L'ONU dresse l'inventaire des sites détruits en Syrie

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

MODE

La mode 2014 marquée par une prise de conscience des créateurs

En savoir plus

SUR LE NET

Les campagnes virales des marques pour Noël

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

FRANCE

France : la "Génération quoi ?" se livre

© France 2

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 27/02/2014

France 2 a publié mercredi les résultats d'un vaste sondage en ligne sur la "Génération quoi ?", les 18-34 ans. Les résultats présentent une jeunesse assez pessimiste sur son avenir mais aussi touchante et pleine d'esprit.

Le rapport à la famille, à la politique, à la société, au sexe, au travail… La (très) vaste enquête menée par France Télévisions, le concepteur Upian et la société de production Yami2, en collaboration avec "Le Monde" et Europe 1, dont les résultats ont été rendus publics mercredi 26 février, a l’ambition de dresser le portrait de la génération 18-34 ans, parfois surnommée la "Génération quoi ?" ou "Génération Y". L’entreprise a obtenu un immense succès : près de 223 000 personnes se sont livrées à l’exercice, répondant à un total de 22 millions de questions.

Certaines réponses, que France 2 soumet sur son site à la sagacité de sociologues et de personnalités politiques, suscitent parfois la surprise voire l’incompréhension de leurs ainés. Ainsi, 45 % des jeunes interrogés imaginent ainsi que leur vie sera pire que celle de leurs parents, 43 % estiment que celle de leurs enfants sera pire que la leur, arrachant un spontané "Oh bah dis donc !" à une Rama Yade estomaquée par la lecture de ces résultats.

Mais grâce aux portraits de jeunes, d’horizons et d’origines sociales différentes - filmés au moment où ils répondaient seul, en couple ou entre amis au questionnaire -, les statistiques s’incarnent dans des interventions souvent drôles et parfois graves. À travers ce "sondage" sauce nouveaux médias, la "Génération Y" à la française se révèle touchante, complexe, pleine d’esprit et bien moins uniforme que ne laisse entrevoir la qualification commune donnée à tous 18-34 ans. Voici un florilège de propos tenus jeunes interviewés dans le cadre de cette émission.

"Belphégor" Au sujet du voile, une majorité des sondés – 61% des hommes et 57% des femmes – se disent choqués par une femme qui se couvre la tête dans la rue ou au travail. Dans les courtes interviews filmées, les jeunes interrogés font une distinction entre le voile islamique et la burqa, cette dernière étant assez largement mal perçue. "Je les appelle Belphégor quelques fois, tellement ça me fait mal au cœur, témoigne ainsi une jeune femme. Oh la la, je vais me prendre une fatwa sur la tête ! Et pourtant, mon père est musulman."

"Comme avoir un chien" Le sondage pose tout un tas de questions sur le couple, l’amour, les relations amoureuses, le mariage. À la question "C’est quoi le couple, pour toi ?", un jeune homme se laisse aller à une comparaison hasardeuse, sous les yeux ébahis de sa copine : "L’amour, c’est comme avoir un chien, tu sais que ça va mourir un jour, mais ça te rend heureux". Une conception très terre à terre que partage une jeune femme, qui répond au questionnaire avec deux de ses copines. Pour elle, le mariage, c’est "comme une entreprise, faut la faire fonctionner". "C’est vrai, c’est pas facile !", poursuit-elle, avant de pouffer de rire avec ses amies.

"Kiffer tout seul" En revanche, le divorce inspire d’avantage de gravité, de réflexions sur le rapport à l’autre : "On n’accepte plus de souffrir à deux, il faut kiffer tout seul", regrette ainsi un jeune homme, assis sur un canapé à côté de l’un de ses amis. Une femme, installée dans un salon chic avec trois de ses copines, estime, elle, qu’il s’agit d’une "forme de renoncement parce que l’herbe peut paraître plus verte ailleurs. Ce qu’elle n’est pas forcément".

"Pour les filles" À la question "Pourriez-vous être heureux sans contraceptifs ?", les femmes, en grande majorité (70%) ont répondu "non". Un chiffre qui baisse à 53% chez les hommes. Si cette question en fait sourire quelques uns - "Ouais, tu pratiques à l’ancienne, poto !" - elle provoque également un malaise certain chez d’autres. "Euh… Je sais pas… [Silence de plusieurs secondes]. C’est plus une question pour les filles, peut-être ?", se défile un jeune, interrogé seul face à la caméra. Les féministes apprécieront… Quant à l’abstinence sexuelle, personne n’a trop de mal à en parler, et les blagues fusent. "L’abstinence sexuelle ? Ca fait mal !", s’esclaffe un jeune homme.

"Justifié"
Sur l’égalité des sexes, 85% des personnes ayant répondu au questionnaire estiment qu’en France, on est encore loin de l’égalité homme femme. Une étudiante en communication politique hésite, puis affirme le plus sérieusement du monde : "La seule différence que je vois, ce sont des inégalités de salaire. Et quelque part, c’est justifié, parce que nous, les femmes, on peut tomber enceintes, une fois par mois, on peut être mal, etc, etc ". Aïe.

"Sagouin" "En période de fort chômage, devrait-on réserver les emplois aux hommes ?" La question provoque un fou rire entre deux copains, assis sur un canapé. "Pour être d’accord, faut vraiment être un sacré sagouin", réussit à articuler l’un des deux. La quasi-totalité des sondés - 97% - ont répondu par la négative. Dans les années 80, un quart des Français avaient répondu "oui".

"Projets"
Le sondage révèle que le travail est plus important pour les femmes que pour les hommes. Ainsi, 71% des femmes assurent qu’elles ne pourraient pas être heureuses sans travailler. "C’est ma raison de vivre", assure une jeune avocate. Loin de cette conception, 45% des hommes estiment qu’ils pourraient très bien s’épanouir dans la vie sans activité professionnelle. "Si t’as de l’argent et que t’as pas besoin de travailler, ça peut être cool, explique l’un d’eux. Du moment que tu as des projets. Tu peux projeter de voyager, de te construire un jacuzzi, de te faire une cave à vin. Ça serait presque fatigant de projets. Ta vie, ça serait comme organiser ton kiffe."

"Catalogué" À la question :" Y a-t-il trop de vieux ?", à laquelle 68 % des sondés ont répondu "non", quelques blagues fusent ("les vieux, faudrait les tuer à la naissance") mais les réponses frisent parfois la poésie : "Ils sont trop nombreux parce qu’on ne les considère plus comme jeunes suffisamment tard", affirme ainsi une jeune femme. "T’es vite catalogué vieux. Alors qu’à 60 ans, t’es pas vieux", assure également un sondé. "Faut pas croire, les vieux, ils sont quand même assez rigolos", estime quant à elle une future professeure.

"La vraie société" Quand la délicate question de l’immigration vient sur le tapis, les réponses sont franches. L’immigration est-elle une source d’enrichissement ? "C’est une source d’emmerdes pour nous, les Français", jure ainsi l’une des personnes filmées. "S’il y en a trop, ça devient un nivellement culturel, voire un appauvrissement culturel", juge, quant à lui, un homme à l’allure sérieuse. Mais pour la majorité, à 74 %, l’immigration est bel et bien une source d’enrichissement : "C’est trop bien qu’il y ait des Espagnols, des Portugais, des Rabzouz [Maghrébin, NDLR], des juifs, des Renoi [Noirs, NDLR], des Chinois. C’est trop bien, c’est ça la vraie société en 2013 !", s’exclame l’un des sondés.

Première publication : 27/02/2014

  • Union européenne

    Chômage : Bruxelles au chevet de la génération Y

    En savoir plus

  • FRANCE

    Une tribune du "New York Times" incite les jeunes Français à émigrer

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)