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EUROPE

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk fait face à une Crimée en crise

© AFP / Des manifestants pro-russes à Simféropol en Crimée

Vidéo par Gulliver CRAGG

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/02/2014

Le Parlement ukrainien a approuvé jeudi la nomination de l'ex-ministre des Finances Arseni Iatseniouk au poste de Premier ministre. Il doit d'ores et déjà faire face à une escalade de tensions dans la république autonome de Crimée.

Il a été désigné à l’unanimité par le Parlement. Le pro-européen Arseni Iatseniouk, 39 ans, a été chargé, jeudi 27 février, de diriger le gouvernement d'union nationale appelé à prendre les rênes de l’Ukraine, avant l'élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai. Membre du parti Batkivchtchina ("Patrie") de l'égérie de la Révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko, libérée samedi de prison, Arseni Iatseniouk a été ministre de l'Économie en 2005 et des Affaires étrangères en 2007.

Le Fonds monétaire international (FMI) a reçu, jeudi, d’une demande d’aide officielle de l’État ukrainien après la nomination d’un nouveau Premier ministre, a indiqué sa directrice générale Christine Lagarde.

"Nous sommes prêts à y répondre", a déclaré Christine Lagarde dans un communiqué. Elle a également annoncé l'envoi d'une mission dans le pays "dans les prochains jours" pour "commencer les discussions" avec les nouvelles autorités, au sujet des contours d'un plan d'aide qui devrait être assorti de réformes économiques drastiques.

Dans son discours de candidature, le nouveau Premier ministre n'a rien dissimulé de l'ampleur de la tâche qui l'attend, alors que l'Ukraine est au bord de la banqueroute. "Les caisses publiques sont vides, tout a été volé. Je ne promets pas d'amélioration, ni aujourd'hui ni demain. Notre objectif principal est de stabiliser la situation", a-t-il expliqué aux députés.

"L’intégrité territoriale est menacée"

Arseni Iatseniouk doit également faire face à une escalade de tensions en Crimée, république autonome russophone au sud de l'Ukraine. À Simferopol, la capitale de la région, des hommes armés ont pris possession, jeudi 27 février au matin, du Parlement et du siège du gouvernement de Crimée, bâtiments sur lesquels ils ont hissé le drapeau russe. Douglas Herbert, envoyé spécial de FRANCE 24 dans la ville, témoignait jeudi après midi "d'une situation extrêmement tendue à Simferopol, où tout le centre-ville a été bouclé [par les forces de l’ordre, NDLR]".

"L'intégrité territoriale est menacée, on assiste à des manifestations de séparatisme […]. Je dis aux Russes : ‘Ne nous affrontez pas, nous sommes des amis et des partenaires’", a déclaré le chef du gouvernement par intérim. "L'Ukraine voit son futur en Europe en tant que membre de l'Union européenne", a encore dit Arseni Iatseniouk.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur par intérim, Arsen Avakov, a pour sa part annoncé la mise en alerte de l'ensemble de la police, dont les forces spéciales pour "éviter un bain de sang parmi la population civile et l’évolution de la situation en affrontements armés".

Parallèlement, l’agence de presse Interfax, citant le ministère russe de la Défense,
a annoncé que des avions de chasse russes avaient été placés en état d'alerte à la frontière occidentale de la Fédération.

Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue Russe Sergueï Lavrov, le secrétaire d’État américain, John Kerry a mis en garde la Russie contre une intervention militaire en Ukraine, qui serait "une erreur grave". Il a assuré que la Russie s’était engagée à "respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine". Le ministre russe des Affaires étrangère a également déclaré que "les exercices militaires menés n’étaient pas liés à l’Ukraine et avaient été programmés antérieurement [aux récents événements, NDLR]".

Ianoukovitch "décidé à se battre jusqu’au bout"

Plus tôt ce jeudi, Viktor Ianoukovitch, destitué samedi par le Parlement, est sorti de son silence. Le président ukrainien déchu a envoyé une déclaration "au peuple ukrainien", par l’intermédiaire d’agences de presse russes, dans laquelle il affirme qu'il se considère toujours comme le président d'Ukraine et qu’il juge illégitime les décisions prises par le Parlement. Viktor Ianoukovitch n'avait plus donné signe de vie depuis samedi dernier, lorsqu'il a tenté, en vain, d'embarquer dans un avion pour la Russie depuis son fief de Donetsk.

Viktor Ianoukovitch s'est dit "décidé à se battre jusqu'au bout" pour appliquer le compromis signé en fin de semaine dernière avec les leaders de l'opposition. Un accord qui a volé en éclat après sa destitution par le Parlement et son départ de Kiev. "Il devient évident que le peuple dans le sud-est et en Crimée n'accepte pas le vide du pouvoir et l'arbitraire qui règne dans le pays, quand les ministres sont désignés par la foule sur la place publique", a-t-il par ailleurs dénoncé. Il a souligné n'avoir "jamais permis" le recours à l'armée face à la crise et ajouté que si une telle décision était prise aujourd'hui, elle serait "illégale et criminelle".

Une source au Kremlin a indiqué aux agences russes que Moscou avait "satisfait" une requête de protection du président ukrainien déchu, laissant entendre qu’il se trouvait bien en Russie. Le procureur général adjoint Mykola Golomcha a déclaré mercredi que Viktor Ianoukovitch, contre qui Kiev a demandé l'émission d'un "mandat d'arrêt international", se trouvait toujours en Ukraine.

Avec AFP

 

Première publication : 27/02/2014

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