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Culture

Le cinéaste français Alain Resnais est mort

© AFP / Alain Resnais au Festival de Cannes en 1980

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 02/03/2014

Le maître du cinéma français, Alain Resnais, réalisateur d’"Hiroshima mon amour" et "L’Année dernière à Marienbad", est décédé samedi soir à Paris, à l’âge de 91 ans. Portrait.

Le vétéran n’innovera plus. Le virtuose du cinéma français, Alain Resnais, est décédé à l’âge de 91 ans, le samedi 1er mars, à Paris. Trop tôt pour présenter son dernier opus au public "Aimer, boire et chanter", qui venait de lui valoir le prix Alfred Bauer de la 64e Berlinale. Il ne sortira en salle qu'en mars, à titre posthume. Comme pour rappeler que les artistes ne meurent jamais.

Né à Vannes en 1922, Alain Resnais a toujours été cinéaste. À 12 ans, il tournait son premier film en 8 mm. En 1943, il était de la première promotion de l'IDHEC (devenu aujourd'hui la Fémis), avant de quitter la prestigieuse école l'année suivante. Le jeune homme réservé réalise alors des courts métrages en 16 mm, s’affirmant rapidement comme une promesse du cinéma français. En 1955, il bouleverse les consciences avec "Nuit et brouillard", un chant funèbre sur les camps de concentration.

En 1959, "Hiroshima mon amour" marque un tournant. Le chef d’œuvre, qui met en scène Emmanuelle Riva sur un scénario original de Marguerite Duras, fait date dans le cinéma, ouvrant un nouveau champ des possibles pour toute une génération de cinéphiles. Alain Resnais déconstruit le récit cinématographique classique, bouleverse la temporalité, ébranle le fil de la narration linéaire. Il explore par ailleurs la relation entre cinéma et littérature, non plus au travers d'adaptation mais en poussant la collaboration entre cinéaste et écrivain. Ainsi, après Duras, c'est à Alain Robbe-Grillet qu'il s'associe pour l'écriture de "L’Année dernière à Marienbad", deuxième titre mythique de son oeuvre avec Delphine Seyrig et Sacha Pitoëff. Il lui vaut un Lion d'or à Venise en 1961. 

Bande annonce de "Hiroshima mon amour", d'Alain Resnais

À la lisière entre théâtre et cinéma

Alain Resnais en 6 dates

3 juin 1922 Naissance à Vannes (Bretagne)
1959 Réalise "Hiroshima mon amour"
1980 Première collaboration avec Sabine Azéma, Pierre Arditi et André Dussolier dans "La vie est un roman"
1997 "On connaît la chanson", Ours d'argent à Berlin
2009 Prix exceptionnel du Festival de Cannes pour son l'ensemble de son oeuvre
2014 Sortie de son dernier film "Aimer, boire et chanter"
 

 

Tenu dès lors comme l’un des pères de la modernité au cinéma, Alain Resnais n’a eu de cesse de chercher, d’explorer, d’expérimenter un cinéma à part, inimitable. Contemporain de la Nouvelle vague et compagnon de route des Rohmer, Truffaut ou Godard, il ne s’en est pas moins tenu à distance du réalisme à toute épreuve, une contrainte esthétique à ses yeux. À la vie dans le cadre, il a toujours préféré le "jeu dans le jeu", comme l'a souvent répété l'un de ses actrices fétiches, Sabine Azéma.

Amateur de bande-dessinées, de comics américains, d’opérette, de Dick Tracy ou encore de Sacha Guitry, Resnais fut le chantre de la théâtralité cinématographique. Dans toute son œuvre, il a cherché à réconcilier théâtre et cinéma : "Ce que je recherche toujours dans mes films, c’est une langue de théâtre, un dialogue musical qui invite les acteurs à s’éloigner d’un réalisme du quotidien pour se rapprocher d’un jeu décalé", avait-il déclaré au moment de la sortie de "Vous n’avez encore rien vu", en 2012.

Un exercice qu’il a mené jusqu’au bout. Dans son dernier film "Aimer, boire et chanter", il avait dit vouloir "réaliser une sorte de ratatouille, en cassant les barrières entre cinéma et théâtre pour gagner en liberté". Un dernier film qui lui a permis de réunir autour de lui une dernière fois certains ses acteurs fétiches : sa muse et épouse Sabine Azéma ou André Dussolier.

Un travail de troupe

De l’amour du théâtre, il tirait aussi le goût de la troupe ; il est l’un des rares dont la signature peut se reconnaître à son casting. Parmi ses figures phares : Sabine Azéma, qui arrive dans son œuvre en 1983 avec "La vie est un roman". Elle l’inspire et il l’épouse en 1998. Pierre Arditi apparaît, lui, dans "Mon oncle d’Amérique", en 1979. Le couple Azéma –Arditi se déclinera ensuite dans "Smoking/No Smoking", "On connait la chanson", "Pas sur la bouche", "Cœur", "Vous n’avez encore rien vu". Depuis, les comédiens ne sont se sont jamais beaucoup éloignés de l’univers du cinéaste qui a grossi sa troupe au fil des films : Lambert Wilson est un membre actif de la famille Resnais depuis "On connait la chanson" en 1997 ; de même que Michel Villermoz, André Dussolier, Michel Piccoli ou Mathieu Amalric.

Il les avait tous réunis dans "Vous n’avez encore rien vu" en 2012, qui met en scène avec humour et légèreté un rassemblement de comédiens dans la dernière demeure d’un dramaturge récemment décédé. D’aucuns avait rangé le film dans la catégorie des œuvres testamentaires. Pourtant à l’époque, Alain Resnais avait déjà commencé à écrire "Aimer, boire et chanter", qui, comme son prédécesseur, s’organise autour d’un absent. Un absent récalcitrant. Cette année encore, cet infatigable rêveur, jeune de 91 ans dont l’humour était la cure de jouvence, s’était remis à travailler sur un nouveau scénario, comme pour conjurer la mort qu’il tournait en dérision, peut-être autant qu’il l’apprivoisait. Cette fois, son théâtre filmé est bel et bien fini. Mais son cinéma le gardera éternellement vivant.
 

Première publication : 25/02/2014

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