Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Sommet de l'ONU sur le climat : nouvelle conférence, nouvel élan ?

En savoir plus

DÉBAT

Organisation de l'État islamique : la coalition passe à l'offensive

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Ségolène Royal : "le dérèglement climatique est un enjeu crucial"

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Algérie : un Français enlevé par un groupe lié à l'organisation de l'EI

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCONOMIE

Couple franco-allemand : la cigale et la fourmi ?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Nicole Garcia, actrice et réalisatrice accomplie

En savoir plus

FOCUS

L'Afrique à Paris !

En savoir plus

LES OBSERVATEURS

La route rebelle de Nouvelle-Caledonie et les étudiants reconstruisent Tripoli

En savoir plus

TECH 24

Organisation de l'État islamique : la nouvelle bataille d'Anonymous

En savoir plus

  • France : les présumés jihadistes français sont rentrés de Turquie

    En savoir plus

  • Coalition contre l'EI : longtemps frileuse, la Turquie prête à s'engager

    En savoir plus

  • Course contre la montre pour retrouver l’otage français en Algérie

    En savoir plus

  • Frappes contre l’EI en Syrie : "Ce n'est pas le combat de l'Amérique seule"

    En savoir plus

  • Arab Bank reconnue coupable d'avoir financé des terroristes

    En savoir plus

  • Emma Watson, féministe engagée et menacée

    En savoir plus

  • Rama Yade : "C'est une guerre entre la civilisation et la barbarie"

    En savoir plus

  • Ségolène Royal : "le dérèglement climatique est un enjeu crucial"

    En savoir plus

  • Poucettes, matraques à pointes : le marché de la torture "made in China"

    En savoir plus

  • Les lycéennes et collégiennes turques autorisées à porter le voile islamique

    En savoir plus

  • Droit à l'avortement : le gouvernement espagnol abandonne son projet de loi

    En savoir plus

  • L'armée israélienne abat un avion de chasse syrien au-dessus du Golan

    En savoir plus

Amériques

En images : La ville fantôme où l'armée américaine s'entraîne à la guérilla

© Yona Helaoua / FRANCE 24 | À Fort A.P Hill, en Virginie, se dresse une ville-témoin à destination de l'armée

Texte par Yona HELAOUA

Dernière modification : 05/03/2014

Ambassade, église, stations de métro et mosquée : le nouveau centre d'entraînement de l'armée américaine est une ville entièrement reconstituée. Un investissement très onéreux, pour combattre les ennemis "du XXIe siècle".

À première vue, c’est une station de métro comme les autres. Escaliers, rampe en métal, quai et wagon de la ligne rouge de Washington D.C., tout y est. Pourtant, les roues n’avancent plus et aucun nom d’arrêt n’est affiché sur les grands murs en ciment. L’explication est simple. Il s’agit d’un faux, d’un univers urbain reconstitué au sein d’une base militaire en Virginie, à 1h30 de la capitale américaine. Son but : entraîner les soldats à la "guerre asymétrique", c'est-à-dire aux combats contre des ennemis non-conventionnels (terrorisme, guérilla urbaine, contre-insurrection...).

"L’Asymmetric Warfare Training Center (AWTC, le Centre d’entraînement à la guerre asymétrique) a été créé pour développer des solutions à des problèmes complexes dans l’environnement le plus réaliste possible", explique le lieutenant-colonel Sonise Lumbaca, chargée de la communication du centre. Dans cette partie de la base, l’environnement est une zone urbaine. Autrement dit, il s’agit de s’entraîner à toutes sortes d’interventions de l’armée dans une ville : guérilla urbaine, attentat, tremblement de terre, inondation…

Le colonel Petkosek, qui dirige l’AWTC, donne un exemple : "N’importe quelle ville dispose d’un système d’évacuation des eaux. Mais quand nos ennemis réalisent que les tuyaux se situent sous les routes [ comme c'est le cas dans de nombreuses villes occidentales, NDLR], cela devient un endroit idéal pour placer des explosifs."

Réalisme des détails

Il a fallu deux ans et 96 millions de dollars pour que cette ville-témoin d’un peu plus d’un kilomètre carré voie le jour à Fort A.P. Hill, en Virginie. Tout près de la station de métro se dressent une ambassade et un train – qui, lui, fixé sur des rails roule -. Un peu plus loin, une église, un terrain de football adossé à une école et une petite mosquée au dôme bleu. Tous ces édifices sont reliés entre eux par une rue parsemée de panneaux de signalisation.

De petits détails comme un kiosque à journaux, un distributeur de billets ou encore un vélo attaché à un immeuble d’habitation viennent parfaire le réalisme de la scène. "Si vous construisez une fausse ambassade sans fenêtres, sans murs vitrés, sans portes, vous perdez le sens du réalisme", juge le colonel Petkosek.

Si la base est dirigée par l’Asymetric Warfare Group, les soldats mais aussi les pompiers viennent d’un peu partout des États-Unis pour s’entraîner. Samedi 1er mars, très tôt dans la matinée, 60 hommes et femmes de la "82 Airborne Division" de Caroline du Nord testent les installations.

S’adapter dans un environnement non familier

En bas d’un immeuble de plusieurs étages, le colonel Petkosek commente l’exercice d’un petit groupe de 10 militaires : "Dans ce scénario, les soldats doivent récupérer un équipement servant à redémarrer leur véhicule en panne. Or, cet équipement est situé au deuxième étage et ils n’ont pas le droit d’utiliser le premier pour l’atteindre. Ils doivent donc échanger leurs compétences pour y arriver (…) L’objectif est d’être capable de s’adapter dans un environnement non familier."

Peu de temps auparavant, les soldats se livraient à d’autres exercices, rampant dans un conteneur plongé dans l’obscurité pour simuler une mission de secours après un séisme, ou portant le corps d’un blessé sur les rails du métro. Parfois, l’entraînement est dirigé dans une langue étrangère pour complexifier la mission.

Crainte d’une attaque aux États-Unis ?

La plupart de ces exercices ont déjà été réalisés séparément sur d’autres bases. La nouveauté, avec ce centre nouvelle génération, le premier de ce genre aux États-Unis, est de pouvoir les mener de concert et dans un univers moderne parfaitement crédible. D’où la présence d’une église et d’une mosquée. "Les soldats doivent savoir être respectueux des croyances religieuses des différents territoires où ils opèrent. Ils doivent savoir comment agir à proximité d’édifices religieux", affirme le colonel Petkosek.

L’annonce de l’inauguration de la base fin janvier a pourtant créé quelques interrogations chez les Américains. Certains redoutent une attaque imminente sur leur territoire. Pourquoi préparer les soldats à la guérilla urbaine dans un lieu qui ressemble tant à une ville occidentale ? Et dans quelle ville se trouve-t-on, au juste ? Washington, Paris, Kiev ?

Des interrogations balayées par le colonel Petkosek. "Opérer dans une ville est une compétence que les soldats doivent posséder. Ce n’est pas une ville européenne, africaine, ou américaine. C’est un univers générique qui peut être modifié afin de ressembler à la ville que l’on souhaite. Il s’agit de préparer nos soldats à la guerre du XXIe siècle." Certes. Mais après la visite, il est difficile de croire que l'armée américaine n'avait pas les attentats de Boston ou du 11-Septembre en tête lorsqu'elle a construit cet onéreux complexe.

Première publication : 04/03/2014

  • ÉTATS-UNIS

    L’armée américaine prise la main dans le sac du piratage informatique

    En savoir plus

  • DÉFENSE

    Le caillou, prochaine arme d'espionnage des États-Unis ?

    En savoir plus

  • TECHNOLOGIES

    Les soldats américains bientôt dans la peau d'"Iron Man"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)