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Economie

Asmaa Boujibar, de Casablanca à la Nasa

© Asmaa Boujibar

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 06/03/2014

À tout juste 29 ans, la Marocaine Asmaa Boujibar vient d'être admise dans le prestigieux centre de la Nasa. La jeune femme a été sélectionnée parmi des centaines de candidats pour poursuivre ses recherches sur la différenciation des planètes.

Au mois de septembre, Asmaa Boujibar va quitter le centre de la France et l’Université Blaise-Pascal de Clermont Ferrand pour s’installer aux États-Unis, plus précisément à Houston au Texas. Née à Casablanca, cette chercheuse a été choisie pour faire son entrée dans le prestigieux centre de recherche de la Nasa après une sélection des plus rigoureuses.

"J’avais postulé au NPP (Nasa Postdoctoral Program) en octobre 2013. Pour ce type de recrutement, il faut proposer un projet de recherche détaillé et contacter l’équipe de recherche, notamment le chercheur avec qui on souhaite le réaliser pour avoir son approbation", raconte Asmaa Boujibar à FRANCE 24. "Il faut aussi avoir publié des travaux de recherche dans des revues scientifiques et avoir de bonnes lettres de recommandation des anciens chercheurs avec qui on a travaillé auparavant".

Une spécialiste de la différenciation des planètes

Malgré son jeune âge, le CV de cette scientifique a convaincu la commission de recrutement de la Nasa. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique au lycée Lyautey de Casablanca, Asmaa Boujibar a suivi un cursus très pointu en France : une licence en Sciences de la terre à l’Université Rennes I, un master I sur les magmas et les volcans à l’île de la Réunion, et un master II en laboratoire à Clermont Ferrand. "En ce moment, je me prépare à soutenir une thèse de doctorat en planétologie sur la formation et la différenciation des planètes au Laboratoire Magmas et Volcans (LMV) de l'Université Blaise-Pascal", précise-t-elle. À la Nasa, où elle va signer un contrat post-doctoral de deux ans, Asmaa Boujibar poursuivra ses recherches dans le même domaine d’études qui consiste "à retracer l’histoire du système solaire et comprendre comment se forment les planètes".

Le parcours de la chercheuse n’a toutefois pas été toujours si linéaire. À l’adolescence, elle a longtemps hésité avant de choisir cette voie. "J’étais très tôt attirée par les sciences, mais une fois arrivée à la faculté, certains cours m’ont un peu lassée et fait douter. Voyant que je n’étais pas dans mon élément, j’ai décidé de changer de filière. J’ai fait un an en arts plastique en attendant de rentrer dans une école d’architecture. Mais je n’ai pas mis beaucoup de temps à me rendre compte que j’étais faite pour les sciences et que je pouvais utiliser mon côté imaginatif en recherche". De ce parcours atypique, Asmaa Boujibar a su tirer des enseignements. Selon elle, ses interrogations lui ont permis d’être une meilleure chercheuse: "Sans ces doutes et revirements, peut être n’aurais-je jamais appris à être plus flexible et capable de m’adapter".

Deux chercheurs marocains à la Nasa

À Houston, Asmaa Boujibar retrouvera un de ses compatriotes, Kamal Oudghiri. Cet ingénieur en télécommunications, originaire de Fès, est le premier marocain à avoir intégré la Nasa. Il est aujourd’hui à la tête de l’une des équipes qui s’occupe de la mission du robot Curiosity sur la planète Mars. Installé aux États-Unis depuis la fin des années 80, il n’a pas perdu le contact avec la terre de ses ancêtres. À la tête de l’association "Grove of Hope" (pépinière de l’espoir), il essaye de favoriser l’enseignement scientifique au Maroc et rêve depuis des années de créer une Cité des Sciences à Casablanca. Asmaa Boujibar a elle aussi des liens très forts avec son pays d’origine : "Mes parents, ainsi qu’une grande partie de la famille, sont au Maroc et j’y suis  très attachée". La jeune femme n’a toutefois pas prévu de retour aux sources après son expérience américaine : "Étant donné que mon mari est français et que mes amis que j’ai rencontrés tout le long de mes études sont en France, j’envisage de revenir y travailler".

Première publication : 06/03/2014

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