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Dernière modification : 25/04/2014

Huit ans après Katrina, la Nouvelle-Orléans panse toujours ses plaies

Le 29 août 2005, l'ouragan Katrina plonge la Louisiane, notamment La Nouvelle-Orléans, dans la désolation. Aujourd’hui, la ville continue de panser ses plaies alors que la menace d’une nouvelle catastrophe est dans tous les esprits.

Plus de huit ans ont passé depuis Katrina. Pourtant, à La Nouvelle-Orléans, le quartier du Ninth Ward a toujours des airs de terrain vague, même si les propriétaires de chaque lot sont censés débroussailler leur parcelle une fois par an pour éviter que la zone ne se transforme en forêt vierge... Ce qui fut jadis un quartier vivant de la Nouvelle-Orléans n'est quasiment plus qu'un désert végétal. Dans quelques rues, l'asphalte a été refait et de nouvelles maisons sont sorties de terre, perchées sur de hauts piliers de béton. Il faut se rendre à l'évidence : Katrina a frappé la Louisiane le 29 aout 2005, mais plus de huit ans après, les cicatrices sont encore présentes.

La Fema, l'organisme fédéral américain qui organise la réponse aux catastrophes naturelles, qualifie encore aujourd'hui Katrina de "catastrophe naturelle unique la plus dévastatrice de l'histoire des États-Unis". À force de les répéter ces mots n'ont plus de sens. Mais quelques chiffres permettent de les ancrer dans la réalité : lorsque les digues se sont rompues, 80 % de la ville s'est retrouvée sous les eaux. Le décompte officiel des victimes de Katrina : 1836 personnes ont trouvé la mort, la très grande majorité d'entre eux à la Nouvelle-Orléans.

Protéger la ville parfaitement est "quasiment impossible"

Avec le recul, ces chiffres gagnent en perspective. Les recensements avant et après la catastrophe montrent l'impact gigantesque de Katrina sur la population. En 2006, soit un an après, la population totale de la ville était deux fois moindre qu'en 2 000. Il y a eu les morts, mais le gros des pertes vient de tous ceux qui ont dû être déplacés, souvent hors de Louisiane. Tous ceux qui ont fui la ville ne sont pas encore revenus.

"On sent que la situation s'est améliorée, d'après ce qui a été fait, en tout cas pour protéger la ville d'un autre Katrina ou de quelque chose de moins violent", explique Robert Ricks, ingénieur météo à la Nouvelle-Orléans. Ricks connait bien la vulnérabilité de la ville face aux coups de force de la nature. Ce 29 août 2005, c'est lui qui a publié le bulletin d'alerte, repris sur toutes les radios et télévisions. Les mots étaient répétés en boucle sur toutes les ondes de la région: "La plupart de la zone sera inhabitable pour plusieurs semaines, peut-être plus longtemps. Des débris portés par les vents seront dispersés, pouvant inclure des objets lourds comme des ustensiles électroménager ou même des véhicules légers. Les restrictions d'eau rendront les conditions de vies difficilement supportables au regard des critères contemporains".

Bien sûr, de nombreux progrès ont été faits : à coups de millions de dollars, de nouvelles digues ont été construites, plus épaisses et plus hautes, et de nouvelles pompes ont été installées. Le grand hôpital du centre ville, détruit puis abandonné, a été remplacé par un nouveau projet, l'University Medical Center, dont la construction, pour 1,2 milliard de dollars, s'achève.

Mais tous les travaux du monde ne changeront pas la donne fondamentale de la Nouvelle-Orléans. La ville est en grande partie construite sous le niveau de la mer. "On sent que la ville sera quand même vulnérable en cas de menace de catégorie 4 ou 5", explique Robert Ricks, avant de préciser : "Il y a un facteur coût insolvable : protéger la ville parfaitement est finalement quasiment impossible".

Par Stanislas DE SAINT HIPPOLYTE , Philip CROWTHER

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