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Culture

Décès de Gérard Mortier, directeur d'opéra "visionnaire et généreux"

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/03/2014

Le patron d’opéra belge Gérard Mortier est décédé des suites d’un cancer à l’âge de 70 ans. L’homme, qui a été à la tête des plus grandes places d’Europe, était considéré comme un grand innovateur dans le monde de l’art lyrique.

Le patron d’opéra belge Gérard Mortier est décédé à l'âge de 70 ans, a annoncé dimanche 9 mars le cabinet de la ministre belge de la Culture, Fadila Laanan. L’homme, à la tête du Teatro Real de Madrid jusqu'en septembre 2013, souffrait d'un cancer.

Gérard Mortier a mené la carrière de patron d'opéra la plus brillante et tumultueuse des trente dernières années, défendant sans relâche la modernité de l'art lyrique et sa dimension théâtrale. "C'était un grand innovateur et un grand directeur d'opéra", a confié à l'AFP le metteur en scène suisse Luc Bondy, qui a collaboré avec lui à plusieurs reprises.

"Il n'était pas consensuel du tout, il avait une grande personnalité", a ajouté celui qui dirige depuis 2012 le Théâtre de l'Odéon, à Paris.

Sur son compte Twitter, le Premier ministre belge Elio Di Rupo a déploré la perte d'une "personnalité visionnaire et généreuse". Dans un communiqué, le ministère fédéral belge de la Culture a salué la mémoire d'un "questionneur d'âmes et un découvreur de talents qui a donné à l'opéra des airs de révolution".

Goût de l'avant-garde et des choix radicaux

Passé par la direction des plus grandes places d'Europe - le Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, le Festival de Salzbourg mais aussi l'Opéra de Paris jusqu'en 2009 avant de rejoindre Madrid -, ce dirigeant à l'égo surdimensionné s'est illustré au cours de sa carrière par son goût de l'avant-garde et ses choix radicaux.

Tout au long de sa carrière, ce fils de boulanger éduqué chez les jésuites s’est battu contre "une bourgeoisie réactionnaire qui s'était, disait-il, appropriée l'art lyrique".

Son arrivée au Festival de Salzbourg (1992-2001) proclame la naissance d'un "Nouveau Salzbourg", tandis que Mortier s'en prend à l'influence des maisons de disque et aux conservatismes locaux grâce à des productions radicales.

"Lutter pour ouvrir les esprits"

Après un intermède durant lequel il lance, en Allemagne, l'innovatrice RuhrTriennale (2002-2004), Mortier prend les rênes de l'Opéra de Paris, capitale où "l'on doit, selon lui, lutter pour ouvrir les esprits". Il s'y emploie en programmant, par exemple, les "Noces de Figaro" de Mozart dont l'irrévérencieux Christoph Marthaler fait accompagner les récitatifs au synthétiseur voire à la bouteille de bière.

Des choix qui lui ont parfois valu un accueil houleux. Ainsi, pour "Iphigénie en Tauride", de Gluck, programmé en 2006, un spectateur avait hurlé, dans la salle : "Mortier au bûcher !".

"J'ai mes détracteurs, j'ai mes hooligans [...] mais j'ai aussi un public très fidèle, d'aficionados", assurait l'intéressé, lors de son départ de Paris, en juillet 2009.

Récemment, il avait été récompensé par le tout premier "Mortier award", un prix récompensant les programmateurs musicaux pour leur audace, leurs prises de position et leur volonté d’innovation.

Avec AFP

Première publication : 09/03/2014

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