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Moyen-Orient

Mahmoud Abbas refuse de reconnaître la judéité de l'État d'Israël

© AFP | Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/03/2014

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a refusé, lundi, de reconnaître la judéité de l'état d'Israël, condition imposée par l'État hébreu à tout accord de paix. Cette décision a été acclamée par son parti, le Fatah.

La réponse de Mahmoud Abbas est claire. Il n'est pas question qu'il reconnaisse la judéité de l'État d'Israël. Un point dont les autorités israéliennes ont fait une condition incontournable pour tout accord de paix.

S'exprimant devant le Conseil révolutionnaire de son parti, le Fatah, le dirigeant palestinien a assuré qu'à "l'âge de 79 ans, il n'allait pas céder sur les droits de son peuple ni trahir sa cause".

"Malgré les grandes pressions exercées sur nous, nous ne pouvons pas accepter cela", a prévenu le président palestinien, cité par ces sources, ajoutant qu'il avait salué le soutien, apporté dimanche par les ministres arabes des Affaires étrangères à cette position.

Une décision acclamée par les membres de son parti. "Le président Abbas a affirmé une fois de plus son refus de reconnaître la judéité de l'État d'Israël et les membres du Conseil révolutionnaire se sont levés pour applaudir et saluer cette décision, qui a été approuvée à l'unanimité", a ainsi déclaré à l'AFP un membre de cette instance du Fatah sous couvert de l'anonymat.

Un élément cardinal d'un accord de paix

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait de la reconnaissance d'"Israël comme État du peuple juif" un élément cardinal d'un accord de paix, affirmant que c'était cela, et non l'occupation des Territoires palestiniens, la "racine du conflit" entre les deux peuples.

Les Palestiniens rejettent catégoriquement cette revendication, faisant valoir qu'ils ont déjà reconnu l'État d'Israël en 1993 et que cela reviendrait à renoncer sans contrepartie au "droit au retour" des réfugiés, ainsi qu'à leur propre Histoire.

L'administration américaine, apparemment acquise à une reconnaissance de la judéité d'Israël, a toutefois souligné que cette question risquait de compromettre "l'accord-cadre" auquel travaillait le secrétaire d'État John Kerry et devrait faire l'objet d'une entente entre les négociateurs israéliens et palestiniens.

"Notre position depuis un bon moment est qu'Israël est un État juif. Cela ne traduit pas, bien sûr, ce sur quoi les parties s'entendront", a déclaré, vendredi, une porte-parole du département d'État, Jen Psaki.

Lors de sa dernière visite au Proche-Orient en janvier, John Kerry a présenté aux deux parties un projet d'"accord-cadre", traçant les grandes lignes d'un règlement définitif, portant sur les questions dites de "statut final" : les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

Mahmoud Abbas est attendu la semaine prochaine en visite officielle aux États-Unis, où il doit être reçu par le président américain Barack Obama le 17 mars.

Avec AFP

Première publication : 11/03/2014

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