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Moyen-Orient

Bataille de Yabroud : "Le Hezbollah est indispensable à l’armée syrienne"

© AFP

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 18/03/2014

Le régime syrien a repris, le 16 mars, la ville de Yabroud, fief rebelle frontalier du Liban. Une victoire que Damas a remporté avec l'aide de son allié le Hezbollah libanais, dont l'expertise a été décisive dans la bataille.

Nichée au cœur du mont Qalamoun, la ville syrienne de Yabroud, fief rebelle, a été reprise par l’armée syrienne dimanche 16 mars. Annoncée de longue date, la reconquête de la localité frontalière du Liban par le régime a finalement eu lieu au terme de plusieurs mois de bombardement et à grand renfort de communication du régime de Bachar al-Assad. Pour remporter cette victoire, l’armée syrienne avait à ses côtés son allié, le mouvement chiite libanais Hezbollah, qui aura joué un rôle clé dans la bataille.

Assad poursuit sa stratégie de sécurisation

Ville stratégique située près de Damas, Yabroud était le dernier fief rebelle d’importance dans le mont Qalamoun. Le régime de Bachar al-Assad s’est aussitôt félicité de cette victoire, laissant penser que la prise était capitale. "Il a besoin de mettre en valeur ses victoires, pour affaiblir le moral de l’adversaire : cela fait partie de sa stratégie de contre-insurrection", explique Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo).

Mais selon le chercheur, "il faut relativiser cette victoire". S’il est vrai que Yabroud, située à 10 kilomètres de l’autoroute Lattaquié-Damas, restait stratégique pour le régime, la chute de la ville ne constitue pas non plus un tournant. "Yabroud reste une ville parmi d’autres dans le mont Qalamoun. En la reprenant, l'armée régulière poursuit sa contre-offensive qui se traduit par la reprise des poches rebelles situées dans la zone gouvernementale", poursuit-il. En effet, mardi, l’armée gouvernementale bombardait Flita et Rankous, des localités voisines de Yabroud, encore contrôlées par les rebelles.

D’après Fabrice Balanche, Damas va continuer sa reconquète des villes symboliques comme Rastan, notamment, ou encore la Ghouta orientale, région périphérique de la capitale, pour ensuite se consacrer à la reconquête d’Alep, où il progresse déjà depuis plusieurs mois. "Alep est une bataille difficile. Le régime communique beaucoup moins sur ses avancées là. Mais il n’a jamais abandonné la partie, au contraire, il avance lentement mais sûrement", explique-t-il. "L’armée contrôle depuis longtemps les quartiers ouest de l’ancienne capitale économique, l’aéroport qui a récemment rouvert, ainsi que la zone industrielle", poursuit le chercheur, qui explique que, comme ailleurs, la stratégie est d’encercler et de bombarder la ville pour chasser les civils et isoler les rebelles.

Le Hezbollah, "une milice comparable à un commando du Swat"

Par ailleurs, l’objectif du régime était avant tout de sécuriser la frontière avec le Liban. En effet, il espère pouvoir mettre un terme aux infiltrations d’hommes où au transport d’armes dans les deux sens, en particulier vers la ville libanaise de Aarsal, dans la vallée de la Békaa, qui soutient la rébellion syrienne. Pour le mouvement chiite libanais Hezbollah, engagé depuis plus de deux ans sur le terrain aux côtés des forces d'Assad, cette prise était également cruciale : il affirme que les voitures piégées utilisées pour les attentats meurtriers qui visaient ses bastions au Liban ces derniers mois provenaient de Yabroud.

Selon Frédéric Pichon, historien et spécialiste de la Syrie, "s’il y a une leçon à tirer de cette bataille, c’est le fait que le Hezbollah est indispensable à l’armée syrienne". Selon une source proche du mouvement chiite libanais dans la Békaa, le dernier assaut donné à Yabroud est le résultat d'une opération audacieuse menée par un commando du Hezbollah, qui a abattu 13 chefs rebelles, ce qui a totalement désorganisé les insurgés. Car ce ne sont pas les hommes de l’armée loyaliste qui sont entrés dans les quartiers pour l’assaut final, mais bien les combattants du Hezbollah. "Ils ont été impressionnants par leur technique de combat et leur tactique ", observe Frédéric Pichon qui, après avoir visionné des vidéos des combats de Yabroud postées sur Internet, estime que "leurs méthodes sont comparables à celle d’un commando du Swat (unité américaine de combats d’élite)".

Mais pour autant les attentats n’ont pas cessé. Quelques heures à peine après la conquête de la ville, un nouvel attentat-suicide à la voiture piégée a fait au moins deux morts dans une ville de la Békaa, un fief du Hezbollah. Il a été revendiqué par deux groupes sunnites, dont le Front al-Nosra, en représailles au "viol" de Yabroud. Selon les analystes, nombre de rebelles, djihadistes notamment, ont fui la localité pour gagner le Liban et menacent la sécurité du pays.

Conscients de la gravité de la situation, le Premier ministre libanais Tammam Salam et le chef de l’armée libanaise ont réuni le Conseil central de sécurité afin d’éviter l’aggravation de la situation dans l’est et le nord du pays. Depuis trois ans, le Liban subit de plein fouet les conséquences du conflit syrien. Le pays du Cèdre accueille, notamment, le plus grand nombre de réfugiés dans la région, soit un million, ce qui représente un quart de la population libanaise.

Première publication : 18/03/2014

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