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FRANCE

Municipales 2014 : "Cachez ces candidats de la diversité que je ne saurais voir"

© AFP

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 18/03/2014

Face au peu d’empressement des gros partis à présenter des candidats issus de la diversité aux élections municipales, l’Ile-de-France a vu fleurir nombre de listes indépendantes. Mais quantité ne rime pas toujours avec visibilité.

Ils sont ce qu’on appelle des têtes de liste "issues des minorités visibles", mais ne constituent plus cette "vitrine" que les partis aimaient tant exposer pour faire valoir leur esprit d'ouverture. C’est sans tambour ni trompette que Razzy Hammadi, à Montreuil, Abdelhak Kachouri, à Neuilly-sur-Marne, ou encore Karim Bouamrane, à Saint-Ouen, ont été désignés il y a quelques mois par le Parti socialiste (PS) pour mener les municipales des 23 et 30 mars prochains. Idem pour Othman Nasrou ou Kamel Hamza, qui tâcheront de conquérir respectivement Trappes et La Courneuve sous les couleurs de l’Union pour un mouvement populaire (UMP).

Une retenue qui tranche quelque peu avec l’investiture par trop ostentatoire de candidats dits "de la diversité" lors des précédentes élections municipales de 2008. Autre temps, autre mœurs politiques. À cette époque, Nicolas Sarkozy, alors fraîchement désigné à la présidence, venait de nommer dans son gouvernement des personnalités issues de l’immigration telles Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara. "Le thème de la diversité était né avec Nicolas Sarkozy qui en avait fait l’un de ses chevaux de bataille. De ce fait, il existait une certaine volonté de faire de la place aux minorités", rappelle Abbas Bendali, directeur du cabinet Solis à l’origine d’une enquête sur la question.

Aussi entre 2001 et 2008, le nombre de candidats issus de l’immigration extra-européenne ayant intégré les conseils municipaux des villes de plus de 9 000 habitants est passé de 1 069 à 2 343, pour représenter 6,68 % du total des élus, selon une étude du Haut Conseil à l’intégration (HCI). Mais seuls neuf d’entre eux ont été désignés maire, comme Mohand Hamoumou à Volvic, Rafika Rezgui à Chilly-Mazarin ou Djoudé Merabet à Elbeuf…

Contourner les circuits traditionnels

Si le sujet de la diversité paraît moins porteur aujourd’hui, peut-être est-ce parce qu’il avait été "surexploité" il y a six ans, veut croire Abbas Bendali, pour qui la dynamique de progression enregistrée en 2008 devrait même s’accélérer. Doucement mais sûrement. "Il y a une logique démographique qui fait qu’on devrait assister à une augmentation du poids des ‘minorités visibles’ dans les conseils municipaux en 2014. On a déjà constaté que 77 % de ces élus de la diversité étaient enclins à se représenter", indique-t-il.

Mais, tendance nouvelle, un nombre important d’entre eux ont décidé de quitter le parti auquel ils étaient affiliés pour partir seul au combat. "Parmi ces élus, 14 % disent qu’ils vont monter leur liste. Il s’agit de personnes engagées qui veulent compter leurs partisans et exister politiquement. Certains d’entre eux peuvent peser électoralement. Il n’est pas impossible que les plus expérimentés dépassent les 10 %."

"Depuis 2008, beaucoup de listes citoyennes se sont mises en place", constate également Almamy Kanouté, co-fondateur du mouvement Émergence, une organisation politique et citoyenne créée en 2009 afin de fédérer ces candidatures spontanées d’Ile-de-France qui se disent en dehors des logiques partisanes. "L’objectif est d’aboutir à des responsabilités sans se plier aux circuits traditionnels. Nous voulons déboulonner cette coutume qui veut que la politique locale soit menée par des gros partis", ajoute cette ancienne tête de liste aux régionales de 2010 au cours desquelles il avait recueilli 0,42 % des voix.

"Au bout de six ans, beaucoup d’élus de la diversité ont préféré mener leur liste parce qu’ils sont déçus de la place que leur avait accordée leur parti, observe lui aussi Kamel Hamza, tête de listes UMP à La Courneuve et président de l’Association nationale des élus locaux pour la diversité (Aneld). Ils ont été nombreux à se rendre compte que leur rôle dans les conseils municipaux se limitait à lever la main plutôt qu’à apporter des réponses aux problèmes des citoyens."

"Des candidats comme les autres"

Ces velléités d’indépendance sont toutefois rarement vues d’un bon œil par les formations politiques traditionnelles. "Dans les partis, c’est un peu ‘Cachez ces candidats de la diversité que je ne saurais voir’, déplore Kamel Hamza. On leur dit que si on les met en tête de liste, ils vont faire monter le FN [Front national], et s’ils mènent leur propre liste, on les accuse de communautarisme."

"L’expérience a démontré qu’une initiative portée par un non-Blanc ou un non-catholique est vue comme une initiative communautariste. Et lorsqu’on revendique une indépendance, on les dérange", observe Almamy Kanouté, qui préfère parler de diversité des opinions plutôt que de celle des origines.

L’étude menée par le cabinet Solis tend cependant à montrer que l’élu de la diversité se défend de vouloir prêcher pour sa chapelle. "Ces candidats se disent loin des préoccupations communautaristes. La grande majorité affirme s’engager pour participer à l’essor d’un territoire et non pour se faire le porte-parole d’un quartier ou d’une communauté. Ils se déclarent candidats comme les autres, constate Abbas Bendali. La seule différence qu’ils font valoir, c’est d’être des élus de terrain, dynamiques, qui vont à la rencontre de la population. Des élus multiculturels, mais pas des représentants des quartiers."

"Ce sont des personnes issues d’une même ville, qui vivent avec les gens, partagent leur quotidien, échangent sur les problèmes, dépeint Almamy Kanouté. Ils arrivent avec un autre discours. Aucun d’eux n’est issu de l’ENA ou des grandes écoles. Pour nous, la politique, ce n’est pas un métier, c’est un moyen de se faire entendre, de se faire respecter, de mettre en lumière des problèmes en utilisant les outils de la démocratie."

Rampe de lancement

Reste que pour certains, la multiplication des listes indépendantes demeure un obstacle à l’accession aux responsabilités. "Nous avons gagné en ‘quantité’, mais pas en ‘qualité’. Il y a plus de têtes de liste issues des minorités visibles, mais on dénombre moins de candidats dans les partis politiques traditionnels. Il y a aujourd’hui une dizaine de maires issus de la diversité, et j’ai peur que cela ne change pas trop après ces municipales, tempère Kamel Hamza qui plaide pour l’instauration de quotas. Il faut des lois pour que la diversité ne soit plus une variable d’ajustement mais une réalité. Comme pour la parité hommes-femmes, on peut établir un objectif de candidats issus de la diversité qui serait de l’ordre de 10 % à 20 %."

Plus qu'un moyen d’œuvrer pour sa ville, les municipales apparaissent comme une rampe de lancement idéale pour ces nouvelles compétences en quête de responsabilités publiques. "Dans cette France qui se cherche, leur confier la gestion d'une municipalité est la meilleure réponse au racisme", assure Kamel Hamza. "Les municipales sont le premier échelon démocratique qui permettent, à long terme, de constituer un vivier de jeunes politiques, estime Abbas Bendali. Les futurs adjoints pourront faire de futurs élus sur des territoires plus vastes, comme les départements, les régions ou la députation." Un processus de longue haleine qui pourrait aboutir à l'émergence d'une nouvelle classe politique. Une manière de briser le plafond de verre. Sans tambour ni trompette.

Le profil type des candidats de la diversité

Dans une étude datant de janvier 2014, le cabinet Solis dresse le profil type des élus issus de l'immigration extra-européenne. "Né en France ou arrivé très jeune, âgé en moyenne de 45 ans, une dominante masculine (58 %), titulaire d’un diplôme du 2e ou 3ème cycle du supérieur, cadre, fonctionnaire ou chef d’entreprise, l’élu local type tranche généralement avec le profil de ses parents, ouvriers ou employés le plus souvent", peut-on lire dans les conclusions de l'enquête.

"Bien que pour la plupart d’entre eux, il s’agit de leur premier mandat électif, ils sont plus de 37 % à exercer des responsabilités au sein de leur conseil municipal, en tant qu’adjoint au maire ou conseiller délégué", précise le cabinet. "Passerelles ou tremplins sans doute à leur engagement politique local, une proportion importante d’entre eux sont membre actifs d’au moins une association (72 %) œuvrant dans des domaines variés (solidarité, arts et culture, sport ou éducation) mais également sympathisants ou membres d’un parti politique pour 74 % d’entre eux."

 

Première publication : 18/03/2014

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