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Economie

Pourquoi la Russie se moque des sanctions occidentales

© AFP

Vidéo par Florence THOMAZEAU , Laure MANENT

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 19/03/2014

Vladimir Poutine et la plupart des responsables russes ont minimisé l'impact des premières sanctions économiques adoptées par les États-Unis et l’Europe pour faire pression sur Moscou dans la crise ukrainienne.

La Russie a accueilli l’annonce de sanctions occidentales, qui ont fait suite au référendum sur la Crimée, avec “ironie et sarcasme”. Le président russe Poutine n’a pas semblé particulièrement affecté, lors de son allocution devant le Parlement russe mardi 18 mars, par les efforts américains et européens en vue de sanctions économiques contre Moscou de son action en Ukraine. Elles ne l’ont, de toute évidence, pas empêché d’entériner le rattachement de la Crimée à la Russie.

Pourtant, la veille, le président américain Barack Obama avait dévoilé ce qui, dans un premier temps, avait été qualifié comme les sanctions les plus dures envers la Russie depuis la Guerre froide. Les États-Unis ont, en effet, établi une liste de sept ressortissants russes et quatre Ukrainiens, dont l’ancien président Viktor Ianoukovitch, qui verront leurs avoirs gelés sur le sol américain. L’Europe vise, de son côté, 21 Russes et Ukrainiens

De quoi ébranler d’éminents dignitaires du régime Poutine ? Loin de là. “Ce n’est pas une tragédie”, a ainsi réagi Andreï Klishas, un membre du Conseil de la Fédération russe (chambre haute). Plus ironique, Vladislav Sourkov, l’un des plus influents conseillers politiques de Vladimir Poutine, a jugé qu’être inscrit sur la liste américaine “était un grand honneur”. Quant au vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, également dans le viseur américain, il a demandé, sur Twitter, au “camarade” Obama si la liste avait été rédigée par un blagueur…

Des sanctions inutiles

On pourrait, en effet, le croire. “Le problème de ces listes, c’est que la plupart des Russes visés n’ont pas de patrimoine aux États-Unis ou en Europe pouvant être saisi. Du coup, cette sanction n’a pas d’effets tangibles”, explique Julien Nocetti, chercheur au centre Russie à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Certaines personnalités, comme la députée Elena Mizoulina, se trouvent sur la liste américaine sans détenir pour autant d’avoirs aux États-Unis. Et elles ne sont pas dans le collimateur européen alors qu’elles y détiennent des intérêts.

Donc non seulement ces sanctions économiques ciblées risquent de ne pas produire d’effet, mais elles ne visent pas forcément les bonnes personnes. “Ce qui frappe le plus quand on regarde ces deux listes, c’est que le vrai cercle de décision à Moscou n’a pas été touché”, remarque ainsi Julien Nocetti. “Certes, la liste américaine concerne des personnalités importantes mais on pourrait se demander par exemple pourquoi elle ne contient pas le nom du Premier ministre Dimitri Medvedev”, rajoute-t-il. Quant à la liste européenne, elle ne vise que des “seconds couteaux”, d’après le site de la revue diplomatique américaine “Foreign Policy”.

Enfin, le fait “qu’on ne retrouve pas les mêmes noms sur les deux listes donnent une impression de désunion dans le camps occidental”, note Julien Nocetti. Cette image peu flatteuse des efforts américano-européens pour freiner les ardeurs russes a, d’après le chercheur, plusieurs causes. Selon lui, Il ne faut pas exclure, notamment dans le cas américain, l’idée que la liste ait été dressée à la va-vite. Dans le cas européen, les enjeux économiques ont dû jouer un rôle dans la timidité de l’offensive économique de Bruxelles : “Sur le plan énergétique, les Allemands sont très dépendant de la Russie, Moscou est un client pour le secteur de l’armement en France et les oligarques sont très influents à Londres”, résume Julien Nocetti.

Risque de surenchère

Reste que le scénario le plus probable est que ces listes n’étaient qu’une première salve. Washington a d’ailleurs officiellement laissé entendre que des sanctions plus importantes étaient en discussion. Le président français François Hollande a appelé à une “réponse européenne forte et coordonnée” après les déclarations de Vladimir Poutine devant le Parlement russe. Le locataire de l'Élysée sous-entend ainsi que Bruxelles n'avait pas encore sorti la grosse artillerie.

L’intérêt d’une telle stratégie est qu’elle permet à l’Occident de donner les apparences de la fermeté tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie, d’après le quotidien américain “The New York Times”. À condition que Moscou joue le jeu. Ce qui n’a pas été le cas. Vladimir Poutine, tout en ridiculisant les fameuses listes, a tout de même assuré qu’il y aurait “une réponse” aux sanctions.

“Le risque maintenant c’est qu’il y ait une surenchère”, note Julien Nocetti. En attendant de voir si l’Occident décide d’aller plus loin, les hommes d’affaires russes sont susceptibles de se désengager des pays européens où ils avaient investi, afin d’échapper à d’éventuels gels de leurs avoirs. Cette fuite des capitaux lèserait, d’après Julien Nocetti, particulièrement l’Allemagne et le Royaume-Uni où les sociétés russes ont le plus investi.

Première publication : 18/03/2014

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