Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

SUR LE NET

Des opérateurs indépendants au secours des campagnes

En savoir plus

SUR LE NET

L'ONU dresse l'inventaire des sites détruits en Syrie

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

MODE

La mode 2014 marquée par une prise de conscience des créateurs

En savoir plus

SUR LE NET

Les campagnes virales des marques pour Noël

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

REPORTERS

Le meilleur des grands reportages de France 24 en 2014

En savoir plus

Afrique

MSF : "La haine envers les musulmans s’est généralisée en Centrafrique"

© MSF - Des musulmans fuient Bossangoa (ouest)

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 19/03/2014

Un an après le début de la crise en Centrafrique, la situation humanitaire est alarmante dans le pays. L’ONG Médecins sans frontières tire la sonnette d’alarme sur le sort réservé à des "groupes de population indésirables" dans le pays.

À quelques jours du premier anniversaire de la crise, la situation humanitaire en Centrafrique a atteint son "paroxysme", a alerté, mercredi 19 mars, l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Exode massif, tueries : "la peur s’est installée partout", commente Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations. Si MSF indique que l’ensemble de la population est touchée par les violences, la minorité musulmane, "dévenue indésirable dans son propre pays", inquiète tout particulièrement les humanitaires.

"Des curés aux propos haineux"

"Les musulmans ont payé le prix très fort de leur assimilation à la Séléka", rappelle Mme Rodrigue. L’ex-Séléka, rébellion à majorité musulmane à l’origine du putsch mené en mars 2013 contre le président François Bozizé, s’est livrée à de nombreuses exactions dans le pays. En réaction, des milices d’auto-défense, les anti-Balakas, ont entrepris, dès décembre, de prendre leur revanche.

"Toute la population a développé un discours de haine envers les musulmans. Aujourd’hui, même des curés centrafricains véhiculent des propos haineux", rapporte, à FRANCE 24, Delphine Chedorge, coordinatrice des activités d’urgence.

Si une baisse des violences est observée depuis janvier dans la capitale, Bangui, MSF assure que la violence n’a pas pour autant disparu. "S’il y a moins d’attaques contre les musulmans, c’est tout simplement qu’il y a moins de musulmans dans la ville", déclare Marie-Noëlle Rodrigue. Face aux violences, beaucoup de musulmans ont en effet fui vers d’autres régions ou vers le Tchad et le Cameroun voisins. Par mesure de sécurité, les employés musulmans de MSF ont, pour leur part, tous quitté le pays, dans lequel l’ONG est active depuis 1997.

"Dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer"

Parmi les musulmans restés dans le pays, certains ont trouvé refuge dans des quartiers, des églises ou encore des mosquées, qui sont devenus des "enclaves". Malgré les efforts de protection de la force française Sangaris ou des soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), ces individus sont "pris au piège". À Bangui, environ 5 000 musulmans vivraient ainsi enclavés. Dans l’ouest du pays, même schéma : "À Carnot, dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer", explique Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission.

Au-delà des musulmans, MSF précise que tout individu est potentiellement une cible en Centrafrique, où les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants. Face à cette crise humanitaire, l'ONG a lancé un appel aux dons afin de mener à bien les "coûteuses opérations chirurgicales" auprès des blessés. L’organisation a également dénoncé un "désintérêt manifeste" de la part des autorités locales et de la communauté internationale. "Le plus choquant, c’est de voir l’absence de réactions, s’insurge Marie-Elisabeth Ingres. Si ça se passait aux portes de l'Europe, on agirait beaucoup plus vite".

Première publication : 19/03/2014

  • UNION EUROPÉENNE

    Centrafrique : la France appelle l’UE à respecter ses engagements

    En savoir plus

  • MUSIQUE

    "En Centrafrique, il n'y a pas que la guerre !"

    En savoir plus

  • CENTRAFRIQUE

    L'ONU recommande de déployer 11 820 Casques bleus en Centrafrique

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)