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Economie

Bien-être au travail : quand le made in France fait mieux que le made in USA

© Wikimedia Commons

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 20/03/2014

Davidson Consulting est arrivée en tête du classement français "Great Place to Work" 2014. C’est la première fois qu’un groupe hexagonal devance les géants américains en France. Raisons d’un succès dans un classement contesté et médiatique.

Mieux que Mars, PepsiCo, Microsoft et autres multinationales au management à l’américaine. Cette année, une entreprise 100 % française est arrivée en tête du classement de l’institut “Great Place to Work” des sociétés de plus de 500 salariés en France. Davidson Consulting, une société d’ingénieurs en conseil technologique, sise en banlieue parisienne, devient même le premier représentant tricolore à monter sur la première marche du podium de ce 12e palmarès annuel, rendu public mardi 18 mars.

“On ne pensait pas arriver un jour devant ces multinationales qui ont bien plus de moyens que nous pour construire des campus et mettre en place des beaux espaces de travail pour leurs salariés”, souligne à FRANCE 24 Bertrand Bailly, directeur général de Davidson Consulting. Reste que sa société concourt depuis 2009 pour décrocher la palme du meilleur environnement de travail en France. Un sésame qui a un prix :  un droit de participation de 4 900 euros.

Pour faire mieux que Microsoft & Co, qui monopolisaient sans discontinuer les premières places jusqu’à présent, Davidson a multiplié les initiatives pour améliorer l’ambiance de travail. “Dans 90 % des cas, les idées que nous mettons en place sont inspirées par les salariés eux-mêmes”, assure Bertrand Bailly. Les formations sont libre d'accès, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire de faire une demande, de la justifier et d’attendre une éventuelle réponse positive. Une crèche est à disposition des salariés, fleurs et chocolats sont disponibles à volonté, et des cours de pianos sont dispensés gratuitement sur demande. Par ailleurs, Davidson Consulting dispose d’un “code de conduite” qui prône, entre autre, une “entreprise horizontale” où tous les dirigeants sont accessibles.

Dernière trouvaille de ces accros du bien-être au travail : acheter un immeuble à Clamart, le rénover et louer les logements à des loyers raisonnables aux jeunes recrues qui sinon peinent à se loger en région parisienne. “C’est sûr que si nous avions été une entreprise cotée, ce projet de campus à loyers modérés aurait probablement été bloqué par les actionnaires”, reconnaît Bertrand Bailly.

Seulement quatre Français dans les 10 premiers

Cette débauche d’énergie et de moyens pour choyer le saint salarié pourrait presque sembler excessive. Mais c’est aussi, pour Davidson Consulting, une question d’image. “C’est sûr que ça nous différencie dans un secteur qui a plutôt mauvaise réputation. Les sociétés de consulting sont généralement perçues comme des presse-citron de leur employés”, explique Bertrand Bailly. Mission réussie : au lendemain de leur médaille d’or “Great Place To Work”, le site de Davidson a été temporairement inaccessible car trop sollicité. Et “Nous avons reçu davantage de CV que d’habitude”, souligne Bertrand Bailly.

C’est aussi une manière de démontrer qu’il n’y a pas que chez Google ou Facebook, qui proposent cafétéria gratuite, salle de jeux ou encore bibliothèques, que le salarié peut avoir l’impression que le bonheur est dans le travail. Les Français savent faire aussi… même si quatre entreprises hexagonales seulement figurent parmi les dix premiers du classement “Great Place To Work”. “C’est vrai que les Américains réfléchissent sur le management depuis plus longtemps que nous et sont plus joueurs en ce qu’ils expérimentent davantage de choses”, note Bertrand Bailly.

Il ne faut pas non plus prendre le classement “Great Place to Work” pour le “Who’s Who” définitif des entreprises où il fait bon travailler. Il a souvent été critiqué pour sa méthodologie. Non seulement l’institut ne s’intéresse qu’aux sociétés qui paient pour participer, mais la méthodologie est également sujette à caution. Comme le souligne “Les Échos”, les questionnaires de satisfaction sont souvent remplis par des salariés pré-sélectionnés par l’entreprise et l’institut ne vérifie pas le bien-fondé des réponses fournies par les directions des ressources humaines. Reste que malgré ces limites, c’est le palmarès qui, année après année, a le plus de retentissement médiatique.

Première publication : 20/03/2014

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