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Economie

Premier élu du Parti pirate : "C'est vrai que j’étais un ovni politique"

© Facebook

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/03/2014

Freddy Vasseur se présentait en tant que membre du Parti pirate sur une liste de centre droit à Port-Lès-Valence. Un mariage électoral surprenant qui permet à ces partisans de la démocratie numérique d’obtenir un premier conseiller municipal.

Portes-Lès-Valence n’est pas seulement un fief communiste de plus à disparaître à l’occasion des municipales du 23 mars. Cette petite ville de 9 500 habitants, dans la Drôme, est aussi la première commune française à se doter d’un élu issu du Parti pirate, jeune mouvement qui a présenté pour la première fois des candidats aux élections municipales. Freddy Vasseur était, en effet, en sixième place sur la liste UDI (centre)-UMP de Geneviève Girard qui a obtenu la majorité absolue dès le premier tour.

À 50 ans, ce fonctionnaire du ministère de la Défense permet au Parti pirate d’engranger son tout premier succès électoral sur le sol français. L’exploit n’a pas échappé à la direction nationale de ce mouvement qui milite, entre autre, pour davantage de démocratie numérique. Elle s’est empressée de féliciter le nouvel élu sur

Twitter. .

Freddy Vasseur a crée la section portoise du Parti pirate en 2012 avec l’ambition de présenter une liste aux municipales. “J’en avais marre de voir les responsables des partis au pouvoir se rejeter la faute, et j’avais envie de trouver des idées neuves”, raconte-t-il à FRANCE 24. Au détour d’un reportage télé, il découvre le Parti pirate “dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’alors” et après quelques recherches sur le Net, il est séduit. “J’ai particulièrement apprécié leur plaidoyer pour davantage de démocratie participative et leurs propositions pour une plus grande transparence de la vie politique grâce au numérique”, se rappelle-t-il.

“Ovni politique”

Débute alors son chemin de croix : faire connaître et promouvoir localement un mouvement dont le cœur de cible se trouve traditionnellement davantage dans les grands centres urbains. “C’est vrai que j’étais un ovni politique et que les gens ne savaient pas ici ce qu’était le Parti pirate”, reconnaît Freddy Vasseur. Il lui fallait convaincre que le mouvement n’avait rien à voir avec des pirates informatiques et que son initiative n’était pas une blague. “Le nom Parti pirate prête, de prime abord, à sourire et ne fait pas très sérieux”, souligne Geneviève Girard, la tête de liste victorieuse à Portes-Lès-Valence et alliée politique de Freddy Vasseur.

Il réussit, malgré tout, à convaincre cinq autres personnes de se lancer à l’assaut de la mairie de Portes-Lès-Valence sous la bannière des pirates. C’est, cependant, loin d’être suffisant car il faut 29 candidats pour monter une liste. Il envisage alors une alliance qu’il concrétise en septembre 2013 avec la candidate de droite.

Cet attelage électoral peut surprendre. Bien qu’apolitique, le Parti pirate est traditionnellement associé à la gauche, comme en Allemagne où ses membres sont plutôt des transfuges des Verts ou du SPD. En outre, Freddy Vasseur, qui est délégué FO à la base de défense de Valence, se définit comme un “syndicaliste avec une grosse fibre écolo”. Pas franchement le profil type d’un élu sur une liste de centre-droit.

Succès isolé ?

“Geneviève Girard est la seule candidate à m’avoir appelé pour en savoir plus sur les idées que je défendais”, se justifie Freddy Vasseur. “Je connaissais déjà Freddy et j’étais curieuse d’en savoir plus sur ce Parti pirate”, rajoute Geneviève Girard. Mais il n’y a pas que la politesse et la marque d’intérêt qui compte. “Je me suis rendu compte que nous partagions des valeurs communes sur deux points essentiels : la promotion de la démocratie directe et la solidarité sociale”, assure le syndicaliste. La tête de liste confirme : “j’ai pris l’engagement d’organiser des référendums locaux sur les sujets importants et je veux améliorer la transparence de l’action de la municipalité”.

Freddy Vasseur avait aussi pris ses précautions en envoyant, avant de s’engager dans cette aventure, la plateforme politique commune aux instances nationales du parti qui “n’a rien trouvé à redire au programme”. Au final, ce mariage improbable entre centre-droit et Parti pirate va lui permettre de devenir l’adjoint en charge de la communication et de la démocratie participative.

Pour l’instant, ce succès masque à peine l’échec des deux listes menées par un membre du mouvement, dans le Xe arrondissement de Paris (3,33 %) et à Joinville-le-Pont (5,27 %). Mais des “pirates” se sont aussi embarqués sur des listes, essentiellement de gauche, dans quatre villes et peuvent, peut-être, obtenir un poste de conseiller municipal à Toulouse et Roubaix.

Première publication : 24/03/2014

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