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Moyen-Orient

Syrie : le village arménien de Kassab, victime "d’une épuration ethnique"

© Wikipedia

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 24/03/2014

Le village de Kassab en Syrie, situé dans un fief du régime de Bachar al-Assad et adossé à la frontière turque, est tombé aux mains des rebelles islamistes syriens. Un évènement qui a provoqué la fuite de ses habitants majoritairement arméniens.

La prise de Kassab, une localité adossée à la frontière turco-syrienne dans la province de Lattaquié, fief du régime du président Bachar al-Assad, par les rebelles, entre samedi et dimanche, constitue un important revers pour les forces loyalistes. Ce point de passage était, en effet, l'un des deux derniers postes frontières officiels avec la Turquie encore aux mains de Damas.

Mais Kassab n’est pas seulement un village frontalier très prisé pour le charme qu'offre son climat et sa proximité avec la mer. Il s'agit surtout du seul village arménien de l’ancien Empire ottoman situé hors des frontières de la Turquie actuelle.

Selon Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie et directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), l’enjeu dissimulé derrière cette bataille "officiellement" menée pour s’emparer d’un poste frontière, est tout autre.

"Les rebelles n’ont pas besoin de passer par ce poste frontière pour faire venir des armes et des munitions, ils traversent facilement par les collines boisées du Djebel turkmène plus au sud, explique-t-il. La prise du poste frontière n’est qu’un prétexte, nous sommes face à une stratégie d’épuration ethnique à l’égard de la population arménienne de Kassab".

Un village vidé de ses habitants
 
Kassab est en effet peuplé très majoritairement de rescapés du génocide des Arméniens de Turquie, en 1915. Sur les 5 000 habitants des cinq villages du canton, les deux-tiers sont Arméniens et le dernier tiers est alaouite, la communauté du président syrien.
 
En août 2012, le village, protégé par des combattants locaux, accusés d'être à la solde du régime, et les forces gouvernementales, avait déjà repoussé une attaque de la rébellion. À l’époque, dans un article du "Monde" daté du 24 octobre 2012, un rebelle turkmène (syrien d'origine turque) avait lancé un avertissement très clair à la population arménienne de la bourgade. "Je préviens nos frères arméniens à Kassab : qu’ils partent avant l’offensive de l’Armée syrienne libre, sinon ils vont avoir des pertes civiles et encore se plaindre d’un génocide perpétré par des Turcs".
 
Un message qui semble avoir été entendu puisque le village s’est vidé de ses habitants. "La population arménienne a été obligée de fuir à Lattaquié devant l’arrivée, via la Turquie, des centaines de combattants islamistes, dirigés par le Front Al-Nosra [la branche d'Al-Qaïda en Syrie, NDLR] tandis que le gros des troupes est composé de Turkmènes de la région", explique Fabrice Balanche.
 
Feu vert de la Turquie
 
Sur le terrain, la prise du village n’a pu être possible sans un feu vert des autorités turques. Voire même un soutien militaire. "Les rebelles se sont facilement emparés du village avec le soutien des autorités turques, ces dernières empêchant l’aviation syrienne d’épauler les combattants arméniens et l’armée régulière" juge Fabrice Balanche.
 
Dimanche, la Turquie a abattu un avion militaire syrien qui bombardait des rebelles, près du poste frontière de Kassab. La Syrie, qui a dénoncé une "agression flagrante", a affirmé que l'avion avait été visé en territoire syrien, mais Ankara a assuré pour sa part que l'appareil avait violé l'espace aérien turc. En outre, Damas accuse l’armée turque d’avoir "fourni une couverture pour cette attaque terroriste" dans ce secteur, et permis aux  insurgés de s'infiltrer depuis la Turquie.
 
Cité par l’AFP, Omar al-Jeblawi, un activiste anti-régime de la région, a déclaré que "le fait que la Turquie ait abattu un avion syrien prouve que, contrairement aux autres fois, les rebelles sont soutenus".
 
En 2012, un avion turc avait été abattu  par les Syriens dans la même zone. "Il est clair que les Turcs attendaient cette occasion pour se venger, estime Fabrice Balanche. En pleine campagne électorale [le premier ministre turc Recep Tayyip] Erdogan a besoin de montrer à ses électeurs qu’il reste ferme sur le dossier syrien. Le problème est que ce sont les Arméniens qui payent, rappelant une des pages les plus sombres de l’histoire de la Turquie", conclut le spécialiste.

Avec AFP

Première publication : 24/03/2014

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