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Economie

La stratégique nomination d'Arnaud Montebourg à Bercy

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 02/04/2014

Arnaud Montebourg est un atout important pour François Hollande en vue des élections européennes. Pour l'économiste Pascal de Lima, sa nomination à Bercy doit davantage à des considérations politiques qu'économiques.

C’est l’un des grands gagnants du remaniement. Arnaud Montebourg passe de ministre du Redressement productif à celui de l’Économie. Le chantre du “made in France” gagne indéniablement du galon alors que son prédécesseur, Pierre Moscovici, quitte le gouvernement et serait promis à un avenir européen.

“Le choix d’Arnaud Montebourg est pour François Hollande une manière d’essayer de faire d’une pierre deux coups : le discours du nouveau ministre de l’Économie parle ouvertement à la gauche de la gauche et plusieurs de ses idées économiques peuvent trouver un écho parmi une certaine frange de l’électorat frontiste”, juge Pascal de Lima, économiste en chef du cabinet de conseil EcoCell. Pour cet expert de l’économie française, la défense d’intérêts franco-français et les critiques contre les dérives de la mondialisation et de l’austérité à la sauce bruxelloise sont autant de chevaux de bataille dans lesquels l’électorat du Front national peut se retrouver. “Cette nomination à Bercy est un choix stratégique judicieux dans la perspective des élections européennes”, assure-t-il.

Paradoxalement, le nouveau ministre de l’Économie, très marqué à gauche, jouit d’une certaine reconnaissance au sein du monde industriel. Ses critiques acerbes contre des patrons comme l’Indien Laksmi Mittal ou l’Américain Maurice Taylor, le PDG de Titan ont certes fait de lui la cible politique privilégiée du monde des affaires. Mais ces dernières semaines, plusieurs grands patrons - Antoine Frérot (Veolia), Denis Ranque (Airbus) et Vincent Bolloré - ont loué le volontarisme “montebourgien”.

Capable de séduire à l’extrême gauche comme à l’extrême droite, tout en suscitant la sympathie d’une partie des patrons français, la promotion ministérielle d’Arnaud Montebourg a tout de l’opération médiatico-politique. Mais quel bilan laisse-t-il en tant que ministre du Redressement productif ? “Si on regarde froidement les chiffres il n’a rien fait de positif en terme macro-économique car l’investissement n’a pas repris, la production manufacturière a chuté en 2013 et la production industrielle a stagné”, analyse Pascal de Lima.

Quid de l’Europe ?

Un échec dont il n’est pas le seul responsable. “Il y a un contexte économique défavorable à la France, des blocages structurels dans le pays pour mener des réformes d’ampleur et un gouvernement sans ligne économique claire au sein duquel Arnaud Montebourg a dû composer avec des ministres aux idées plus centristes”, rappelle Pascal de Lima.

Reste à savoir si le ministre du “made in France”, devenu patron de Bercy, va mettre de l’eau dans son vin maintenant qu’il doit négocier directement avec l’Union européenne. Arnaud Montebourg a plus d’une fois dénoncé, par le passé, le “dogme de l’austérité” de l’Union Européenne. Il a même trouvé, en février 2014, un terme pour ce “mal” : la “bruxellose”. Une posture qui cadre mal avec la fonction de ministre de l’Économie qui doit piloter la politique de réduction des dépenses publiques. Car c’est lui qui doit dorénavant trouver les 50 milliards d’euros d’économie promis par le gouvernement Ayrault.

Mais François Hollande peut aussi avoir besoin d'Arnaud Montebourg, grand détracteur de l’UE. “Il incarne parfaitement la volonté affichée par le président ces derniers jours de demander un nouveau délai à l’Union européenne pour amener les déficits sous la barre des 3% du PIB afin de faire moins d’austérité”, reconnaît Pascal de Lima. Pour lui, Arnaud Montebourg est le chevalier blanc d’un certain “protectionnisme moderne” capable de défendre une ligne claire devant la Commission européenne et de s’y tenir.

 

Première publication : 02/04/2014

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