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Economie

Comment Washington aurait utilisé des SMS pour fomenter un "printemps cubain"

© Flickr/Martin Abegglen

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 03/04/2014

L’agence américaine pour l’aide humanitaire aurait mis en place, en 2010, ZunZuneo, un réseau social sur le modèle de Twitter pour les Cubains. Une initiative qui visait à déstabiliser le régime de La Havane.

Pour renverser le régime cubain, les États-Unis aurait misé sur le SMS. D’après des révélations publiées le 3 avril par l’agence de presse américaine AP, les autorités américaines auraient piloté, en secret, un réseau social par SMS inspiré de Twitter pour la population cubaine dont le but officieux était de fragiliser voire de renverser le régime cubain. Cette opération aurait duré un peu plus de deux ans.

Les Cubains, disposant d’un téléphone portable, ont découvert ZunZuneo en février 2010. Il s’agissait, tout d’abord, d’un service qui envoyait à ses abonnés des informations sportives, musicales et des alertes concernant les ouragans via des SMS. Les utilisateurs ont, par la suite, pu échanger des messages entre eux et recevoir les mises à jour de comptes qu’ils suivaient, à l’instar d’un Twitter, qui reste largement inaccessible pour la plupart des Cubains.

Un service en apparence anodin, mais qui cachait en réalité un but politique officieux. Les promoteurs américains de ZunZuneo voulaient créer un "printemps cubain" en suivant un plan de bataille précis : commencer par envoyer des messages anodins pour créer un climat de confiance avec la base d’utilisateurs, puis faire parvenir, à des moments choisis, des messages politiquement plus sensibles afin d’inciter les utilisateurs à créer des “rassemblements spontanés” et les faire basculer “dans le camp de l’opposition démocratique”.

Ce réseau social était aussi l’occasion pour les autorités américaines de se créer une base de données de Cubains susceptibles de rejoindre l’opposition au régime. Pour ce faire, des sondages subtilement orientés étaient envoyés par SMS et les réponses permettaient ensuite de faire le tri.

Inconscient des enjeux cachés, plus de 25 000 Cubains ont adopté ce service en six mois. En 2011, ils étaient près de 40 000 utilisateurs, ce qui dépassait les attentes des créateurs de Zunzuneo.

Comme en Iran ou en Tunisie

Les utilisateurs de ZunZuneo n’ont, toutefois, jamais su qui était à l’origine de ce réseau social pour Cubains. À travers la lecture de plus de 1 000 pages de documents américains classifiés et plusieurs entretiens avec d’anciens salariés de ZunZuneo, AP assure que l’Usaid, le bras humanitaire de Washington, l’a monté de toute pièce et dans le plus grand secret.

Cette agence du gouvernement américain, dont la principale mission est de distribuer l’aide internationale des États-Unis, n’est pas censée être engagée dans des opérations secrètes à visée politique mais “a souvent été soupçonnée de le faire par divers gouvernements”, rappelle l’agence de presse.

Contacté par AP, l’Usaid n’a pas confirmé les informations et explique seulement “ne pas être une agence de renseignement mais une organisation qui travaille à travers le monde entier pour aider les populations à exercer leurs droits fondamentaux”. Elle a concédé que dans “certains environnements non-permissifs”, elle pouvait être amenée à “prendre des mesures pour être discrète afin d’assurer la sécurité des partenaires avec lesquels” elle travaille.

Si les révélations d’AP venaient à être confirmées, elles souligneraient, pour la première fois, comment l’aide humanitaire américaine peut aussi être utilisée pour tenter de déstabiliser un pays entier.

Car les documents consultés par AP indiquent clairement que les promoteurs de ZunZuneo se basaient sur les précédents iraniens et tunisiens où les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans les mouvements de révolte.

Des sociétés écrans sur les Îles Caïmans

Mais pour parvenir à leurs fins, il fallait, en outre, que Cuba ne soupçonne pas l’origine véritable de tous ces SMS envoyés vers les portables cubains, une manière de contourner la censure d’Internet dans le pays. Pour ce faire, les responsables de ZunZuneo ont créé une cascade de sociétés écrans, d’abord en Amérique du Sud puis en Espagne et aussi dans les Îles Caïmans. La Havane pouvait ainsi difficilement remonter la trace des messages. Même les dirigeants de la société créée pour gérer le service ont été recrutés par les autorités sans être informés de la finalité du réseau social et de l’origine gouvernementale des fonds.

Reste qu’au printemps 2012, tout s’est arrêté d’un coup. Aucune explication n’a jamais été fournie aux dizaines de milliers de Cubains abonnés. Pour AP, les autorités américaines en avaient assez de payer des milliers de dollars en SMS au gouvernement cubain sans avoir de résultat en retour. Les documents consultés par l’agence de presse démontrent que des entreprises privées ont été approchées pour essayer de trouver des modèles économiques propres à ZunZuneo. Jack Dorsey, l’un des fondateurs de Twitter, aurait même été contacté. Sans succès.

Première publication : 03/04/2014

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