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Élections en Inde : plus de 800 millions d'électeurs pour un scrutin hors norme

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/04/2014

L'Inde entame lundi un marathon électoral pour élire les 543 députés de la Chambre basse. Avec 814 millions d’électeurs, ce scrutin, qui se déroule sur fond de tensions religieuses, est le plus important jamais organisé dans le monde.

L'Inde s’apprête à tenir les plus importantes élections législatives du monde. À partir de lundi, pas moins de 814 millions d’Indiens se rendront dans l’un des 930 000 bureaux de vote pendant les cinq semaines que doivent durer ces élections. Un marathon électoral en neuf phases pour élire les 543 députés qui siègeront à la Chambre basse.

Les partis politiques indiens ont tenu, dimanche 6 avril, leurs derniers meetings. D’un côté, le parti du Congrès. Après dix ans au pouvoir, le parti historique de la famille Nehru-Gandhi est donné perdant par les sondeurs. Affaibli par les affaires judiciaires, le ralentissement de la croissance et l'inflation, le parti du Congrès a perdu la confiance de ses électeurs.

Si les sondages se confirment, son candidat Rahul Gandhi va au-devant d'une défaite cuisante. Dernier né d’une dynastie qui a dirigé le sous-continent pendant 50 ans - son arrière-grand-père, Jawaharlal Nehru, a été le premier Premier ministre de l’Inde indépendante, sa grand-mère, Indira Gandhi, et son père, Rajiv Gandhi, ont dirigé ensuite le pays et c’est sa mère, Sonia Gandhi, qui dirige aujourd’hui le parti du Congrès – Rahul est peu expérimenté. Pas suffisamment  du moins pour remonter le parti, gangréné par les scandales de corruption, dans l'estime des Indiens.

Le très controversé Modi favori du scrutin

C'est le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), qui a déjà dirigé l’Inde de 1998 à 2004, qui est favori des sondages. Et ce malgré son très controversé candidat, Narendra Modi, à la tête de l’État du Gujarat depuis 12 ans.

Formé par la mouvance fondamentaliste qui prône l’instauration d’un État théocratique hindou, Modi est soupçonné  d’avoir laissé faire, dans son État en 2002, un pogrom qui a coûté la vie à plus de 1 000 personnes, principalement des musulmans. Il n'a pas été mis en cause par la justice mais l'inaction des forces de l'ordre a été pointée du doigt.

Ces derniers jours, son bras droit, Amit Shah, a été accusé d'avoir monté les hindous contre les musulmans qui représentent 13 % de la population, soit la plus grande minorité religieuse du pays. Il aurait appelé les électeurs à "se venger" dans les urnes lors d'un discours prononcé dans l’État de l'Uttar Pradesh où des violences confessionnelles avaient fait 50 morts l'an dernier. Le Congrès a demandé l'arrestation d'Amit Shah et saisi la Commission électorale pour obtenir sa radiation des listes.

La carte des petits parti 

Face aux grands partis historiques, une multitude de petites formations politiques sont également en lice. Parmi les nouveaux venus sur la scène politique indienne figurent une formation anti-corruption, le Parti de l’homme ordinaire (Aam Aadmi party), qui a récemment remporté les élections régionales à New Delhi.

L’importance de ces  formations sera cruciale dans la constitution du prochain gouvernement si aucune majorité claire ne se dégage lors des résultats attendus le 16 mai prochain. Si personne n'obtient la majorité absolue des 272 députés, le président demandera au parti arrivé en tête de former une coalition avec de petits partis régionaux. Ces négociations peuvent durer plusieurs jours ou semaines.

Première publication : 06/04/2014

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