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EUROPE

Vidéo : le débat entre Jean-Claude Juncker et Martin Schulz

© FRANCE 24 - Le plateau du débat

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/04/2014

Les principaux candidats à la présidence de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz, se sont retrouvés face à face en direct sur FRANCE 24 et RFI, à moins de six semaines des élections européennes.

La bataille pour la succession de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne a franchi une nouvelle étape, mercredi 9 avril. Les deux principaux candidats, l’ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen (PPE, conservateur), et le président sortant du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, candidat du Parti socialiste européen (PSE), ont répondu en français aux questions de FRANCE 24 et RFI, en direct depuis Bruxelles.

L’intégralité du débat est disponible en vidéo ci-dessus. Voici un passage en revue des différentes questions abordées.

Le chômage, priorité numéro un pour les deux candidats

Pour Martin Schulz, "la crise sera derrière nous quand nous aurons gagné la lutte contre le chômage". Un constat partagé par Jean-Claude Juncker, qui affirme que l’Europe dispose d’un "29e État membre […] composé de ceux qui sont sans emploi". Et d’ajouter : "Nous aurons échoué tant que le chômage n’aura pas diminué considérablement." Il s’est engagé à "mettre toute [son] énergie, quitte à travailler jour et nuit, pour lutter contre le chômage".

Dette souveraine et retour de la croissance en débat

"Il faut l’Europe de la croissance", a insisté Jean-Claude Juncker. Selon lui, le retour de la croissance "ne peut se fonder sur des déficits et des niveaux d’endettement toujours plus élevés. [...] Les pays qui ont la dette souveraine la plus basse ont le plus de croissance", a-t-il affirmé sous les protestations de Martin Schulz.

Pour le candidat du PSE : "Il faut combiner discipline budgétaire et investissements stratégiques pour la croissance et l’emploi [...]. L’exemple fonctionne en Allemagne", a-t-il rappelé tout en reconnaissant que le modèle allemand n’était pas exportable en l’état et que chaque pays devait trouver sa propre méthode.

La France demande un délai supplémentaire pour passer sous la barre des 3 % de déficit du PIB

Jean-Claude Juncker rappelle que "la France a eu jusqu’à ce jour deux périodes d’ajustement prolongées, il n’est pas évident qu’elle puisse bénéficier d’une troisième prolongation". Pour le socialiste Martin Schulz, "Manuel Valls a annoncé à l’Assemblée nationale un programme de réformes que je trouve courageux et ambitieux. […] Il faut soutenir la France, deuxième économie de la zone euro."

La politique d’immigration doit être encadrée légalement au niveau européen

"Nous sommes un territoire d’immigration", affirme d’emblée Martin Schulz. Mais il affirme qu’il faut formaliser "l’immigration légale", à l’instar des États-Unis, de l’Australie, du Canada ou encore de la Nouvelle-Zélande. Il constate que l’Europe dispose d’une politique commune pour les réfugiés politiques mais qu’il est essentiel de bâtir un "système d’immigration légale" plutôt que de laisser "le désespoir dans les mains de criminels". Il veut un système qui laisserait place à une "répartition" de l’immigration entre les États membres.

Jean-Claude Juncker plaide également pour une immigration "mieux encadrée et concertée", "ordonnée et légalisée". "S’imaginer que l’Europe devrait devenir une terre qui n’accepterait pas les immigrés est un leurre. […] Je voudrais que l’Europe reste une terre d’accueil", affirme-t-il. Avant d'ajouter : "La liberté de circulation [dans l’espace communautaire, NDLR] est un des principes essentiels et de base de l’Union européenne. Il n’est pas question de l’abolir", conclut Jean-Claude Juncker.

Au Mali et en Centrafrique, "la France a sauvé l’honneur de l’Europe"

"La France peut être fière de ce qu’elle a fait au Mali et en Centrafrique. Elle a sauvé l’honneur de l’Europe", affirme Jean-Claude Juncker, qui regrette le manque de soutien des autres États membres. "Il aurait fallu que d’autres pays se joignent à l’effort que la France a entrepris", estime le candidat du PPE.

Martin Schulz reprend mot pour mot les propos de Jean-Claude Juncker : "La France a sauvé l’honneur de l’Europe." Mais il appelle à une politique étrangère européenne ayant plus de "cohérence" et de "crédibilité". "J’essaierai de convaincre les États membres de trouver plus vite et plus facilement des lignes communes", a-t-il promis, en rappelant que la diplomatie européenne exigeait pour le moment l’unanimité des ministres des Affaires étrangères des États membres.

Leur profession de foi en quelques mots ?

Jean-Claude Juncker rappelle qu’"avec les gouvernements PPE, nous avons combattu la crise. Nous avons renforcé le rempart qu’est l’Europe. Nous avons renforcé l’Europe qui protège." Selon lui, "l’Europe ne doit pas s’occuper de tout mais des grands dossiers, des enjeux importants. […] Il faut se concentrer davantage sur les politiques de croissance, les politiques d’emploi. […] Nous devons tout faire pour réduire le chômage, c’est l’essentiel."

Pour Martin Schulz, "il faut ouvrir les portes [de la Commission européenne, NDLR]. Rendre audible et visible ce qui se passe ici, rendre public qui fait quoi, sur quelles bases, intégrer les citoyens et les citoyennes dans le processus de décision" et cela "immédiatement". Les grands dossiers selon lui ? "Investir dans les grands chantiers politiques, le changement climatique, la dimension numérique complètement sous-estimée dans notre dépendance aux États-Unis et surtout la lutte contre le chômage des jeunes."

Première publication : 09/04/2014

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