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Afrique

Centrafrique : l'ONU autorise l'envoi de près de 12 000 Casques bleus

© AFP

Vidéo par Florence THOMAZEAU

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/04/2014

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé jeudi le déploiement de près de 12 000 Casques bleus en République centrafricaine (RCA) pour tenter de sécuriser le pays en proie aux violences entre chrétiens et musulmans.

Sur proposition française, les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont approuvé, jeudi 10 avril, à l'unanimité, la création d'une force de maintien de la paix en Centrafrique, la Minusca ( (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en RCA), pour tenter de mettre fin à la spirale de violences entre chrétiens et musulmans.

La résolution 2149 prévoit le déploiement de 10 000 soldats et 1 800 policiers. Elle autorise aussi les 2 000 soldats français de l'opération Sangaris à appuyer les Casques bleus.

Les soldats prendront dans cinq mois la relève de 6 000 membres de la force africaine de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine), sur place aux côtés de 2 000 militaires français dans cette ancienne colonie française. Les Européens ont aussi promis 800 hommes, dont des gendarmes français qui ont commencé à patrouiller mercredi dans Bangui.

Le "transfert d'autorité" entre Misca et Minusca, c'est-à-dire le déploiement effectif des Casques bleus, est fixé au 15 septembre prochain et le mandat initial de la nouvelle mission court jusqu'au 30 avril 2015.

Mais elle pourra dès maintenant recevoir une aide logistique (génie, moyens de transport). Il est prévu, comme au Mali, que "le plus grand nombre possible" de soldats africains deviennent Casques bleus après une sélection par l'ONU, notamment sur des critères de respect des droits de l'Homme.

"Tous les moyens nécessaires" peuvent être employés

Après le retrait du Tchad, la Misca regroupe des contingents de sept pays (Burundi, Cameroun, Congo, RDCongo, Gabon, Guinée Équatoriale, Rwanda). Le chef de la nouvelle mission devrait être un Africain.

La résolution autorise les soldats français à prêter main forte à la Minusca en employant "tous les moyens nécessaires", c'est-à-dire la force.

Les priorités de la Mission des Nations unies, qui comprendra aussi des civils (administrateurs, ingénieurs, juristes), seront la protection de la population et des convois humanitaires, le maintien de l'ordre, le soutien à la transition politique, le respect des droits de l'Homme et l'arrestation des responsables d'exactions, dont les crimes de guerre passibles de la Cour pénale internationale. Aujourd'hui, quand des soldats français ou africains arrêtent un suspect ils ne savent souvent pas à qui le remettre ni où le détenir.

Dans un deuxième temps, la Minusca pourra aussi contribuer à réformer les forces de sécurité locales et superviser un embargo sur les armes imposé par l'ONU depuis décembre 2013.

La Minusca sera une des plus grosses opérations de maintien de la paix de l'ONU, avec un budget annuel évalué entre 500 et 800 millions de dollars, loin cependant derrière la Monusco en RDCongo.

La résolution appelle les autorités de transition à Bangui à "accélérer leurs préparatifs de façon à tenir des élections présidentielle et législatives libres et équitables au plus tard en février 2015". Elle insiste sur la participation au scrutin des dizaines de milliers de Centrafricains déplacés ou exilés.

Cesser l'"épuration ethnico-religieuse"

Le Conseil "exige" que tous les groupes armés déposent immédiatement les armes, cessent toute violence et libèrent les enfants-soldats qu'ils ont embrigadés.

La RCA, un des pays les plus pauvres de la planète, a sombré dans le chaos depuis la prise du pouvoir par les rebelles majoritairement musulmans de la Séléka en mars 2013.

Aux exactions contre les chrétiens perpétrées par la Séléka ont répondu les attaques de milices d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machettes), à dominante chrétienne, contre les civils musulmans.

En visite à Bangui samedi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lancé un vibrant appel à éviter un nouveau génocide en Afrique, 20 ans après le Rwanda, dénonçant une "épuration ethnico-religieuse" contre les musulmans.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 10/04/2014

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