Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

États-Unis - Cuba, un rapprochement historique

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Pakistan : massacre dans une école de Peshawar

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Les "MarocLeaks" inquiètent le pouvoir marocain

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Airbus livre le premier A350 à Qatar Airways

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Une élection sans perdant ?"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Juppé n'est pas le Père Noël"

En savoir plus

SUR LE NET

Noël : les jouets connectés au pied du sapin

En savoir plus

SUR LE NET

Le rapprochement avec Cuba divise la Toile américaine

En savoir plus

REPORTERS

Argentine : le bilan Kirchner

En savoir plus

Comment les artistes nous racontent-ils le monde ? Nous recevons les cinéastes, les écrivains, les photographes ou encore les musiciens qui font l’actualité en France et à l’étranger. Du lundi au vendredi, à 12h15.

À L’AFFICHE !

À L’AFFICHE !

Dernière modification : 10/04/2014

Jean Hatzfeld, de retour au Rwanda aux côtés d'Englebert

Depuis près de quinze ans, le journaliste et écrivain Jean Hatzfeld ne cesse de raconter le génocide rwandais. Il a déjà consacré trois récits à cette tragédie et publie "Englebert des collines", le témoignage poignant d'un rescapé du génocide.

A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, chez Gallimard, et de la parution en version compilée de ses trois précédents récits sur le génocide rwandais, au Seuil, il revient avec Axelle Simon sur les récits de ces hommes et de ces femmes qui témoignent de leur passé et de leur vie à Nyamata, une des régions où les massacres ont été les plus massifs, devenue aujourd’hui un lieu de mémoire.

France 24 : Lors des commémorations des 20 ans du génocide organisées à Kigali, le président rwandais Paul Kagame a eu des mots durs envers la France. Qu’en avez-vous pensé ?

Jean Hatzfeld : La France est un peu responsable de ces accusations, sur lesquelles je n’ai d’ailleurs pas d’idées précises. Son tort est de ne pas accepter de regarder plus sereinement cet épisode – assez court - de son histoire. Si elle le faisait, elle s’apercevrait sans doute que ce n’est pas si terrible que ça. Cela éviterait toutes ces rumeurs, ces crispations et cette réaction assez violente du président rwandais. Que ce soit avec l’Algérie, avec l’Occupation, la France a toujours eu du mal à se retourner sur son passé.

"Englebert des collines" fait le récit d’un rescapé du génocide. Comme l’avez-vous rencontré ?

Englebert est un ami, un monsieur de 66 ans que j’ai rencontré dans son village il y a 15 ans. Ce jour-là, il m’a interpellé en me parlant de l’Olympique de Marseille. Ce n'était pas facile à cette époque. J’étais français et journaliste, les gens étaient méfiants. Englebert était en haillons. Il sentait mauvais, il était alcoolisé. Puis, d’un coup, il s’est mis à me parler "Des fleurs du mal" de Baudelaire.

Englebert refusait de parler du génocide auquel il a réchappé en vivant cinq semaines dans les marais. Puis l’année dernière, cela a changé. Il s’est mis à parler de son enfance et à parler de son expérience. Il refuse de faire des efforts pour tourner la page. Il ne veut pas retrouver la vie de haut fonctionnaire qu’il avait avant. Il considère que sa vie est cassée et il l’assume.

"Englebert des collines" est votre quatrième récit sur le génocide rwandais. Est-ce un sujet inépuisable ?

La différence entre un génocide et une guerre, c’est qu’on n’a pas de réponse aux questions. On pose des questions, qui amènent des réponses, qui amènent elles-mêmes de nouvelles questions. C’est sans fin. En fait, le mystère derrière tout cela c’est qu’on ne comprend pas l’idée de l’extermination.

Le récit se déroule dans la région de Nyamata, au sud de Kigali, où cohabitent bourreaux et survivants. Comment cela se passe-t-il ?

Les gens cohabitent, discutent, partagent la boisson au cabaret, se retrouvent au match de foot, au dispensaire, dans des associations de parents d’élèves. Bref, la vie a repris. Mais si on reste un peu plus longtemps, on se rend compte qu’il y a un souci. Ils sont incapables de parler de ce qu’il s’est passé en 1994. Les Tutsis en parlent entre eux, les Hutus en parlent entre eux, mais ils sont incapables d’en parler entre Tutsis et Hutus. C’est vertigineux. Qu’ils aient été tueurs, fils de tueurs, ou rescapés, ils ne peuvent pas en parler.

Une réconciliation est-elle possible ?

L’héritage sera difficile pour les enfants parce que l’Histoire n’est pas racontée de la même façon au sein des deux ethnies. Il est plus facile de raconter dans une famille tutsie ce qu’il s’est passé et de dire pourquoi son père ou son oncle a été tué. Il est en revanche beaucoup plus difficile de raconter dans une famille hutue pourquoi son père ou son oncle a tué. Ces jeunes grandissent avec deux histoires différentes et quand ils se retrouvent à l’école, c’est un problème entre eux.

Par Axelle SIMON

COMMENTAIRE(S)

Les archives

19/12/2014 Cinéma

La personnalité tourmentée de "Mr. Turner"

Mike Leigh, le réalisateur de "Mr Turner" nous a accordé un entretien. Son film raconte les dernières années de la vie du grand peintre britannique du XIXème siècle, précurseur...

En savoir plus

18/12/2014 Art contemporain

L'œuvre lumineuse d'Olafur Eliasson éclaire la Fondation Louis Vuitton

"À l'affiche" vous présente la première exposition majeure lancée dans la nouvelle Fondation Louis Vuitton à Paris. Une star de l'art contemporain, le Dano-Islandais Olafur...

En savoir plus

17/12/2014 Culture

"Eau argentée" : la guerre en Syrie au cinéma

Un duo de réalisateurs syriens proposent un film sur l'horreur de la guerre dans leur pays. "Eau Argentée", explore de nouvelles formes de narration à travers les images amateur...

En savoir plus

16/12/2014 Culture

Clotilde Courau dans la peau de Piaf

Comédienne de théâtre et de cinéma, Clotilde Courau est à l’affiche de "Piaf, l’Être intime" au théâtre de l'Œuvre à Paris. Elle interprète les lettres inédites d’Édith Piaf,...

En savoir plus

15/12/2014 Culture

Niki Minaj, toujours aussi sulfureuse!

La sulfureuse rappeuse américaine Niki Minaj sort son troisième opus "Pink Print". Mais attention à la surchauffe! le clip "Only" où elle joue avec les codes du nazisme n'est que...

En savoir plus