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Afrique

Reportage : "les anti-balaka font pire que la Séléka"

© Capture d'écran FRANCE 24

Vidéo par Tatiana MOSSOT , James ANDRE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/04/2014

Alors que la Centrafrique attend l'arrivée de 12 000 casques bleus en septembre, les soldats de la Misca tentent de sécuriser le pays et d'empêcher les anti-balaka de terroriser la population musulmane. Reportage.

Au lendemain de l'annonce du déploiement dans cinq mois de 12 000 casques bleus, la situation reste extrêmement tendue en Centrafrique, où les violences entre milices anti-balaka et les ex-Séléka n’ont pas cessé malgré la présence de la Misca.

Sur l’une des principales routes qui relie Bangui à Bossangoa, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, une brigade de la force africaine s’apprête à démanteler un barrage d'anti-balaka, une milice chrétienne. Les soldats ont repéré que les miliciens détenaient des armes.

Les anti-balaka "prennent la population en otage"

Les moyens d'attaque sont rudimentaires, mais ils suffisent à intimider les voyageurs. Les armes sont aussitôt confisquées par les soldats tandis que le capitaine de la brigade met la main sur un carnet de comptes, preuve irréfutable du racket auquel se livre l’un responsable du check point. L’homme, pris en faute, est arrêté sur le champ.

Au même moment l'évêque de Bossangoa, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia, qui rentre dans son diocèse, stoppe son convoi pour tenter une médiation et rassurer les villageois. "Je sais qu'ils ont peur, explique le prélat. Ils ont mené une bataille pour la bonne cause. Mais maintenant ils font pire que la Séléka et ils prennent la population en otage".

Des miliciens chrétiens de Centrafrique bloquent les routes vers le Cameroun pour empêcher les fuyards musulmans de trouver refuge à l'étranger, les obligeant ainsi à prendre des chemins détournés dans la brousse. Ces réfugiés mettent parfois deux ou trois mois pour atteindre la frontière camerounaise, épuisés et affamés.

En moyenne, 10 000 réfugiés, surtout des femmes, des enfants et des vieillards, franchissent chaque semaine la frontière camerounaise en provenance de Centrafrique. Depuis le début de l'année, ils ont été au total près de 70 000, selon les chiffres du HCR.
 

Première publication : 12/04/2014

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