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Afrique

Nigeria : confusion autour du sort des 129 lycéennes enlevées par des islamistes

© Capture d'écran

Dernière modification : 17/04/2014

La situation reste confuse sur le sort des 129 lycéennes enlevées lundi soir dans le nord-est du Nigeria. Il est difficile de savoir combien sont encore aux mains du groupe terroriste Boko Haram, accusé de l'enlèvement.

L'incertitude plane toujours sur le sort des 129 lycéennes enlevées lundi soir par Boko Haram à Chibok, dans l’État de Borno au Nigeria. Leurs parents affirment qu'elles ont été emmenées dans un bastion du groupe islamiste, alors que l'armée assure qu'elles sont toutes libérées sauf huit. La directrice du lycée affirme, pour sa part, que seules 14 des otages ont retrouvé la liberté, et non 121 comme l'affirme l'armée.

"Les déclarations de l'armée sont fausses", a affirmé à l'AFP Asabe Kwambura, la directrice du lycée public pour filles de Chibok. Elle a ensuite ajouté que l'information donnée par Kashim Shettima, le gouverneur de l'État de Borno, selon laquelle 14 otages ont retrouvé la liberté, était "correcte".

>> À lire sur FRANCE 24 : Plus de cent lycéennes enlevées par un groupe islamiste

En effet, le gouverneur de l'État de Borno, Kashim Shettima, a déclaré mercredi après-midi à la presse que 14 otages avaient réussi à fuir jusqu'à présent. Il a offert 50 millions de nairas (215 000 euros) à toute personne pouvant donner des informations permettant la libération des autres lycéennes.

Trois lycéennes qui ont pris la fuite témoignent

Des hommes armés avaient pris d'assaut lundi soir l'internat du lycée public pour filles de Chibok, mettant le feu à plusieurs bâtiments avant de tirer sur les soldats qui gardaient l'établissement. Les assaillants ont tué un policier et un soldat avant de pénétrer dans le lycée, ont indiqué des témoins. Ils ont ensuite obligé les lycéennes à sortir et les ont fait monter dans des camions avant de s'enfoncer dans la végétation dense de cette région reculée.

Trois lycéennes qui ont pu s'échapper ont raconté leur enlèvement mercredi, lors d'une rencontre organisée au domicile du chef traditionnel local, selon Lawal Zanna, le père d'une lycéenne toujours en captivité. "Les filles nous ont raconté qu'elles avaient été emmenées dans le district de Konduga, dans la forêt de Sambisa", a déclaré M. Zanna, faisant référence à une zone connue pour abriter des camps fortifiés de Boko Haram.

Les lycéennes ont dit avoir fui après avoir demandé aux ravisseurs la permission d'aller aux toilettes, et avoir ensuite réussi à rejoindre Chibok grâce à des bergers nomades de l'ethnie fulani.

Goodluck Jonathan convoque une réunion sécuritaire 

Boko Haram, dont le nom signifie "L'éducation occidentale est un péché" en langue haoussa, a souvent pris pour cible des écoles et des universités. L'escalade de la violence dans le Nord-Est, fief historique du groupe extrémiste, a poussé de nombreux établissements scolaires de la région à fermer, comme ce lycée de Chibok, mais il avait rouvert cette semaine pour permettre aux lycéennes de préparer un examen annuel.

Le jour de l'enlèvement, une bombe avait explosé dans une gare routière proche de la capitale fédérale, Abuja, faisant au moins 75 morts et 141 blessés, soit l'attentat le plus meurtrier jamais commis dans les environs de la ville. L'attentat et les enlèvements ont été attribués à Boko Haram, un groupe islamiste armé dont l'insurrection, qui dure depuis cinq ans, a fait plusieurs milliers de morts au Nigeria.

Régulièrement critiqué pour la persistance des attaques des insurgés islamistes, le président Goodluck Jonathan a convoqué une réunion des chefs des services de sécurité jeudi pour examiner "la situation sécuritaire dans le pays", selon un communiqué de la présidence. Le président décrit Boko Haram comme un groupe sur la défensive, affaibli par l'offensive militaire lancée en mai dernier dans le Nord-Est. Mais l'attentat à la bombe et l'enlèvement massif des lycéennes le même jour sont venus prouver le contraire et souligner que le groupe islamiste pouvait frapper dans tout le pays.

Avec AFP et AP 

Première publication : 17/04/2014

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