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Afrique

Prise de Bentiu au Soudan du Sud : un massacre ethnique selon l’ONU

© AFP

Vidéo par Sarah SAKHO

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/04/2014

L'ONU a accusé, lundi, les troupes de l'ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar, qui combattent depuis le 15 décembre l'armée gouvernementale, d'avoir massacré des centaines de civils à Bentiu. Riek Machar a nié ces faits.

C'est l'un des plus importants massacres de civils rapportés depuis le début des combats au Soudan du Sud. Selon l’ONU, les troupes de l'ancien vice-président Riek Machar ont massacré, sur des bases ethniques, des centaines de civils lorsqu'elles ont repris la localité septentrionale de Bentiu la semaine dernière.

Mi-avril, les forces pro-Machar ont tué plus de 200 personnes dans une mosquée à Bentiu, capitale de l'État pétrolifère d'Unité, et plusieurs autres dans une église, dans des bâtiments évacués de l'ONU et à l'hôpital, a assuré lundi 21 avril la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss).

Quand les troupes de Riek Machar "ont pris Bentiu [...] elles ont fouillé un certain nombre d'endroits où des centaines de civils sud-soudanais et étrangers avaient trouvé refuge et ont tué des centaines de ces civils après avoir établi leur appartenance ethnique ou leur nationalité", a précisé la Minuss dans un communiqué.

Les rebelles sud-soudanais menés par l'ancien vice-président Riek Machar ont nié, mardi 22 avril, être les auteurs du massacre de Bentiu, avant d'accuser l'armée gouvernementale et ses alliés, qu'ils combattent depuis mi-décembre au Soudan du Sud.

Des massacres à caractère ethnique

Les combats, qui ont déjà fait plusieurs milliers de morts depuis mi-décembre, s'accompagnent régulièrement de massacres à caractère ethnique. Car au conflit, né d'une lutte au sein du régime entre Salva Kiir et Riek Machar, se greffent de vieux antagonismes entre les ethnies Dinka et Nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

Leur inimité plonge pour partie ses racines dans la guerre civile entre la rébellion sudiste, dont les deux hommes faisaient partie, et le pouvoir central de Khartoum (1983-2005), ayant débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

L'International Crisis Group (ICG) a récemment fait état "de niveaux consternants de cruauté contre les civils". Plus d'un million de Sud-Soudanais terrifiés ont été chassées de chez eux depuis le début des combats, qui se poursuivent à travers le pays malgré un cessez-le-feu signé le 23 janvier à Addis Abeba, resté lettre morte.

"Visés et tués à l'hôpital"

"À l'hôpital de Bentiu, des hommes, femmes et enfants nuer ont été tués parce qu'ils se cachaient et refusaient de rejoindre d'autres Nuer célébrer l'entrée" des forces rebelles dans la localité, a expliqué la Minuss.

"Des individus d'autres communautés sud-soudanaises, ainsi que des Darfouris (habitants de la région du Darfour, dans l'ouest du Soudan) ont été spécifiquement visés et tués à l'hôpital". Le camp Machar accuse régulièrement des rebelles du Darfour - qui y combattent les troupes de Khartoum - de prêter main forte au hommes du président Kiir.

Les troupes antigouvernementales ont également demandé à des civils réfugiés dans l'église catholique et dans une enceinte abandonnée du Programme alimentaire mondial (PAM) de révéler leur origine ethnique ou leur nationalité et ont tué plusieurs d'entre eux, toujours selon l'ONU.

"Des appels à la haine" sur Radio Bentiu

La Minuss a, par ailleurs, dénoncé des appels à la haine diffusés sur Radio Bentiu par les nouveaux maîtres de la localité: "Certains chefs (de la rébellion) ont diffusé des messages appelant à l'unité et la fin du tribalisme, mais d'autres ont diffusé des appels à la haine", appelant notamment à chasser certaines communautés de Bentiu ou à violer leurs femmes.

Plus de 12 000 personnes sont actuellement réfugiées dans la base de l'ONU à Bentiu. La Minuss héberge environ 68 000 personnes sur ses huit bases à travers le pays. Et plus de 30 000 continuent de s'entasser dans des conditions catastrophiques sur les deux bases onusiennes de Juba, craignant d'être visées en raison de leur appartenance ethnique.

Le 18 avril, environ 350 jeunes hommes, armés et en civil, avaient attaqué l'enceinte de l'ONU à Bor, à 200 km au nord de Juba, où près de 5 000 civils, essentiellement nuer, ont trouvé refuge, tuant une cinquantaine d'entre eux.

Avec AFP

Première publication : 21/04/2014

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