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FRANCE

Paris s'inquiète du sort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal au Mali

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/04/2014

Depuis plusieurs mois, les autorités françaises sont sans nouvelle de Gilberto Rodrigues Leal, ce retraité français enlevé à l'ouest du Mali, le 20 novembre 2012. Laurent Fabius, le chef de la diplomatie, s'est dit "très inquiet".

Il est un peu l’otage oublié, celui dont les médias parlent peu. Gilberto Rodrigues Leal, ce Français de 62 ans, enlevé le 20 novembre 2012, près de Kayes, à l’ouest du Mali, inquiète aujourd’hui les autorités françaises. Dimanche 20 avril, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, s'est effectivement dit "très inquiet" à son sujet. "Cela fait longtemps que nous n'avons pas eu de nouvelles. Nous avons des contacts avec la famille mais nous sommes effectivement très inquiets", a-t-il déclaré, dans l'émission "Le Grand rendez-vous" d'iTélé, Europe 1, "Le Monde".

L'enlèvement de Gilberto Rodrigues Leal avait été revendiqué le 22 novembre, soit deux jours après son kidnapping, par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). On ne sait pas grand-chose des circonstances. Seulement que Gilberto Rodrigues Leal était un touriste venu en Afrique de l’Ouest pour passer "l’hiver au soleil". Il circulait dans un camping-car venant de Mauritanie et voulait rejoindre le Togo.

Vidéo du 25 novembre 2012

Selon RFI, il aurait franchi la frontière mauritano-malienne en voiture vers 11 heures du matin, mardi 20 novembre, au poste frontière de Gogui, au sud de Koubeni. C’est en arrivant à Diéma – carrefour incontournable pour les voyageurs de la région – que des témoins l’aperçoivent pour la dernière fois. Un homme, contacté par RFI, se rappelle de lui : "Dans sa voiture, il y avait un lit. Il me semble qu’il dormait là", a-t-il expliqué à la radio. Sa sœur Irène a entendu pour la dernière fois le son de sa voix le 20 novembre. "Je lui ai parlé sur Skype jusqu’à 20 heures", a-t-elle confié en juillet 2013 à "Midi Libre". Il lui avait dit de ne pas s’inquiéter, qu’il allait partir dans quelques jours et que ce serait son dernier voyage au Mali. "Si ça ne va pas, je ferai demi-tour", lui avait-il promis avant de raccrocher. En début de soirée, le 20 novembre, alors que Gilberto discute dans un cybercafé, des hommes enturbannés font irruption. Ils forcent le Français à les suivre.

Ancien éducateur à la retraite

Depuis, la France n’a presque pas eu de nouvelles de l’otage. Seule une vidéo datant du 26 novembre 2013 et diffusée par les ravisseurs, a prouvé que Gilberto Rodrigues Leal était bien vivant. Le Français y appelait le gouvernement français à "répondre rapidement aux revendications du Mujao". Et puis, plus rien. La famille de l’otage, qui s’est toujours montrée très discrète et qui s’est peu adressée aux médias, tente de garder espoir. Elle rappelle surtout que Gilberto, ancien éducateur spécialisé à la retraite, n’était pas une tête brûlée. "Mon frère a été enlevé dans une zone qui n’était pas classée comme dangereuse par les autorités françaises", rappelle David Rodrigues Leal au journal "20 Minutes". "Ce n'était pas un farfelu", précise également sa sœur. Comme l’année précédente, il était parti seul pour rejoindre le Togo "les bras chargés d’affaires scolaires et de pansements pour les enfants".

Gilberto Rodrigues Leal habite la petite commune de Banassac, en Lozère. Il y a neuf mois, les habitants de la ville ont organisé un rassemblement de soutien. "Gilbert aurait été gêné de voir sa photo affichée sur la mairie. C’était un homme discret", ont confié ses amis à "Midi Libre", "mais on veut juste dire à Gilbert qu’il n’est pas tout seul". "Nous serons présents à [son] retour", avait conclu son frère, David.
 

Première publication : 21/04/2014

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