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Moyen-Orient

Présidentielle syrienne : une élection taillée sur mesure pour Bachar al-Assad

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 22/04/2014

La prochaine élection présidentielle, fixée au 3 juin, ouvre pour la première fois la possibilité à plusieurs candidats de se présenter à la magistrature suprême. Une mascarade, estime Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe.

Alors que la Syrie entre dans sa quatrième année de guerre, le régime baassiste a annoncé lundi 21 avril, que l’élection présidentielle se tiendrait le 3 juin prochain. Sans surprise, le président Bachar el-Assad devrait se présenter pour un nouveau mandat de sept ans – son troisième s’il est réélu.

Jusqu'à présent, le président syrien était élu par referendum. Candidat unique, Bachar al-Assad avait gagné la présidence en récoltant 97,29% des voix en 2000, puis réélu avec 97,62% des voix en 2007.

Cette année, fait inédit, l'actuel président pourrait en théorie affronter des rivaux. La nouvelle Constitution, approuvée en février 2012, instaure en effet le "pluralisme" politique. Elle donne pour la première fois la possibilité à plusieurs candidats de se présenter à la magistrature suprême. En apparence seulement, estime Antoine Basbous, le directeur de l’Observatoire des pays arabes.

"C’est un semblant d’ouverture, mais l'élection est en réalité extrêmement verrouillée", explique-t-il à FRANCE 24. "Toutes les conditions évoquées par le régime ont été instituées pour que le futur président ne puisse correspondre qu’à Bachar al-Assad ! S’il devait y avoir d’autres candidats, ce seraient juste des 'lièvres' en mission pour valider le succès d’Assad."

"Le fils Assad verrouille le scrutin comme son père avant lui"

Il est vrai que les prétendants à la présidence doivent répondre à certaines exigences électorales qui rendent très difficile leur candidature… Premièrement, ils doivent avoir vécu de manière continue en Syrie ces dix dernières années, ce qui exclu, de facto, les opposants en exil. Ensuite, ils doivent obtenir le soutien d’au moins 35 députés sur les 250 que compte le Parlement, qui est, évidemment, loyal à Bachar al-Assad.

"C’est très hypocrite. Le pays est complètement privatisé par la famille Assad. Le fils verrouille le scrutin comme son père l’avait fait avant lui. Tout ceci est une mascarade électorale dont les résultats sont connus d’avance", ajoute Antoine Basbous, qui rappelle dans le même temps "l’absurdité" d’organiser un vote dans un pays en guerre civile et dont 45% de la population est constituée de réfugiés à l’étranger ou d’exilés à l’intérieur du pays.

"Comment voulez-vous aller voter quand votre pays est continuellement bombardé et où l’administration s’est évaporée ?", ironise-t-il. "Le premier mandat était déjà un simulacre, le troisième le sera tout autant."

En 2000, le clan Assad avait déjà modifié la Loi fondamentale

En 2000, en effet, lors du premier mandat de Bachar al-Assad, le parti Baas avait déjà modifié la Constitution pour permettre à l’actuel président d’accéder à la présidence et de succéder à son père Hafez.

"À l’époque, Bachar n’avait pas encore l’âge requis pour se présenter. Il n'avait que 34 ans, or la Constitution exigeait d'en avoir 40 pour prétendre au poste de président. Le Parlement avait alors amendé la Loi fondamentale. Douze ans après, il refait le même coup. Il modifie la Constitution, pour que celle-ci, sous des apparences d’ouverture démocratique, ne serve en fait que ses propres intérêts", développe Antoine Basbous.

L’actuel président, dont le mandat s’achève le 17 juillet, n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature. Mais il avait affirmé en janvier dans une interview exclusive à l'AFP qu'il y avait "de fortes chances" qu'il se représente.

 

 

Première publication : 21/04/2014

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