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Economie

France : le prix de la pierre, un boulet pour la croissance ?

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/04/2014

Pour la fondation proche du PS Terra Nova, les prix élevés de l’immobilier en France ont un impact négatif sur deux facteurs clefs de l’économie : l’investissement et la compétitivité.

Beaucoup de raisons ont déjà été invoquées pour expliquer l’encéphalogramme plat de l’économie française, mais pas encore celle-là. C’est maintenant au tour des prix élevés dans l’immobilier d’être pointés du doigt dans une nouvelle note publiée, mardi 22 avril, par la fondation Terra Nova, un think tank proche du Parti socialiste.

Le document souligne d’abord l’exception française en la matière. Certes, l’Hexagone s’est comporté comme tous les autres pays de l’OCDE entre 1995 et 2007, avec une hausse des prix du marché de plus de 150 %. Mais la France a ensuite fait cavalier seul ou presque. “C’est l’un des rares pays où les prix de la pierre ont continué à augmenter malgré la crise de 2008”, souligne à FRANCE 24 Denis Burckel, responsable du pôle logement pour Terra Nova et l'un des auteurs de la note.

Cette particularité serait due, d’après ce spécialiste des questions de logement, aux “rigidités de l’offre immobilière” : le nombre de biens mis en vente tarde, généralement, à s’adapter aux changements de conjoncture. En outre, les Français, qu’il pleuve ou vente sur l’économie française, continuent à vouloir acheter, ce qui maintient la pression sur le marché.

D’où l’impact de la pierre sur l’économie française. Pour l’auteur du document de Terra Nova, “les prix élevés dans l’immobilier entraînent une épargne forcée” qui n’a rien de productive. En clair, les sommes de plus en plus élevées que les Français doivent mettre de côté pour rembourser leur prêt ont un impact direct négatif sur le niveau de consommation et l’investissement dans les entreprises privées. Impact d’autant plus important que 58% des Français sont propriétaire, plus que la moyenne européenne.

Gagner plus pour rembourser plus

Mais cet effet de vases communicants entre épargne d’un côté, consommation et investissement de l’autre, n’est pas le seul impact négatif des prix toujours plus élevés dans l’immobilier. L’autre peut surprendre : “Les prix élevés affectent directement la compétitivité-prix des entreprises exportatrices”, assure Denis Burckel. En effet, d’après la note de Terra Nova, il y a un lien indéniable entre coût d’un logement et niveau de salaire. “Certains pensent que plus les salaires sont élevés plus la pierre est chère, je pense que c’est l’inverse”, explique Denis Burckel. Les employés demandent des salaires plus élevés que dans certains autres pays car acheter son appartement coûte plus cher en France qu’ailleurs en Europe. Du coup, les entreprises françaises, et surtout les PME, ont plus de charge à payer et donc du mal à proposer des tarifs aussi attractifs à l’export que certains de leurs concurrents d’autres pays, notamment allemands, où le prix de l’immobilier a stagné ces dernières années.

Il faudrait donc que les pouvoirs publics agissent pour endiguer la spirale inflationniste de l’immobilier. Mais attention, ce n’est pas pour autant que le niveau d’épargne va baisser. “Lorsque la valeur des biens immobiliers baisse, les propriétaires dont le patrimoine ne gagnent plus autant en valeur ont tendance à épargner plus ce qui risque de contrebalancer l’effet positif de la diminution du prix de la pierre”, prévient Denis Burckel. Mais pour lui, cette épargne de précaution est bien meilleure pour l’économie : en effet, elle ne sert pas uniquement à couvrir le remboursement du prêt bancaire, cette réserve est en partie réinvestie dans les entreprises privées. “C’est une épargne beaucoup plus productive”, assure le spécialiste du logement pour Terra Nova. Surtout, si la pierre devenait plus abordable, la pression salariale serait moins intense ce qui serait une bonne nouvelle pour la compétitivité des entreprises françaises.

Reste plus qu’à…. Pour parvenir à inverser la tendance du marché, la fondation Terra Nova propose plusieurs pistes. Elle préconise notamment de pénaliser ceux qui achètent du terrain et lui laissent prendre en valeur avant, éventuellement, de construire dessus. Le Think Tank demande aussi aux pouvoirs publics d’afficher des objectifs chiffrés clairs de construction de logement nouveaux.
 

Première publication : 22/04/2014

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