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Asie - pacifique

Erdogan va demander à Washington l'extradition de son ennemi Gülen

© AFP | Recep Tayyip Erdogan (à gauche) et Fethullah Gülen

Vidéo par Fatma KIZILBOGA

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 29/04/2014

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé mardi qu'il allait réclamer aux États-Unis l'extradition du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, qu'il accuse aujourd'hui de comploter contre lui.

Un mois à peine après son triomphe aux municipales du 30 mars dernier, Recep Tayyip Erdogan passe à l’offensive contre son ennemi et ex-allié Fethullah Gülen. Le Premier ministre turc a en effet confirmé, mardi 30 avril, qu’une procédure d'extradition allait être lancée contre le prédicateur islamiste, qui dirige une confrérie socio-religieuse, accusée de comploter contre la Turquie depuis les États-Unis.

Recep Tayyip Erdogan avait promis, depuis plusieurs mois, de "faire payer" l'organisation de Fethullah Gülen, qu’il accuse d’avoir fabriqué de toutes pièces le scandale de corruption dénoncé en décembre dernier, qui a ébranlé le pouvoir turc et les proches du Premier ministre.

"Le processus va être lancé", a répondu le chef du gouvernement à un journaliste qui l'interrogeait à ce sujet, à l'issue de la réunion hebdomadaire au Parlement de l'AKP (Parti de la justice et du développement).

Dans un entretien diffusé lundi soir sur la chaîne de télévision américaine PBS, Recep Tayyip Erdogan a émis le souhait que l'administration américaine réponde favorablement à sa requête. "Ils devraient au moins le renvoyer", a-t-il insisté, espérant que Washington se comporterait en "partenaire modèle".

"La nation nous a donné un mandat pour la liquidation de l'État parallèle [un "État dans l'État" qu’il accuse Fethullah Gülen d’avoir érigé à travers ses relais dans la police et la justice, NDLR]. Nous n'aurons pas la moindre hésitation. Nous n'oublierons jamais la trahison", avait-il martelé, promettant d'aller chercher ses ennemis jusque "dans leurs cachettes".

"Nous étions au courant de leur volonté d'infiltrer divers organismes, mais nous n'étions pas au courant de leurs mauvaises intentions", a-t-il expliqué sur PBS, qualifiant les intentions de son ancien allié de "coup d'État civil".

Rupture en 2013

Âgé de 72 ans,  le prédicateur islamiste Fethullah Gülen vit depuis 1999 à Saylorsburg, bourgade de 1 000 âmes au fond de la Pennsylvanie, sur la côte est des États-Unis, d'où il dirige son puissant mouvement. Ses partisans, qui louent son enseignement d'un islam tolérant et moderne, sont estimés à plusieurs millions. Des sympathisants qui sont tenus de donner du temps ou de l'argent à l'organisation.

Depuis l'arrivée de l'AKP au pouvoir en 2002, ce mouvement, connu sous le nom de "hizmet" ("service") ou "cemaat" ("communauté"), a étroitement collaboré avec Recep Tayyip Erdogan pour lui permettre d'asseoir l'autorité de son parti islamo-conservateur dans tous les rouages d'un État laïque.

Mais les liens entre les deux alliés se sont tendus, notamment lors de la répression de la fronde antigouvernementale de juin 2013, jusqu'à la rupture, provoquée par la décision du gouvernement, à l'automne dernier, de supprimer les écoles préparatoires privées qui assurent à Fethullah Gülen une bonne partie de sa manne financière.

À l'issue d'un récent entretien téléphonique avec le président Barack Obama, le chef du gouvernement turc avait indiqué l'avoir informé du "complot" ourdi contre lui depuis les États-Unis et assuré que son interlocuteur l'avait "compris". Mais la Maison blanche avait ensuite rectifié le compte-rendu fait par le dirigeant turc, suggérant ainsi qu'elle n'était pas prête à s'en prendre à Fethullah Gülen.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/04/2014

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