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RD Congo : la justice acquitte des militaires accusés de viols à Minova

© AFP | Un soldat à Minova, 2014

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/05/2014

Sur les 39 soldats de l'armée congolaise accusés de viols massifs, meurtres et pillages à Minova, un village à l'est de la RD Congo, seuls deux d'entre eux ont été condamnés pour sévices sexuels et un seul l'a été pour meurtre.

C'est une décision "incompréhensible" pour les victimes. Lundi 5 mai, la justice militaire congolaise a acquitté la quasi-totalité des soldats accusés des viols massifs commis en novembre 2012 à Minova, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Dans ce procès très suivi par la société civile congolaise et la communauté internationale, la cour militaire du Nord-Kivu n'a prononcé que deux condamnations pour viol, a indiqué Mehdi Meddeb, le correspondant de FRANCE 24 en RDC. "Il n’y a eu que deux condamnations pour viol et une condamnation pour meurtre", a souligné le journaliste. "Les avocats des victimes se sont dits très déçus. Pour rappel, il y a eu 150 victimes de viol et 850 victimes de pillage [lors des exactions commises à Minova pendant une dizaine de jours en novembre 2012, NDLR]", a-t-il ajouté.

Un lieutenant colonel des FARDC, l'armée gouvernementale, a ainsi été condamné à perpétuité pour viol, un sous-officier à la perpétuité également pour viol et meurtre, et un caporal à dix ans d'emprisonnement pour viol. Vingt-deux autres sous-officiers ou soldats ont été acquittés des accusations de viols portées à leur encontre, mais condamnés à des peines de 10 ans ou 20 ans de prison pour "violation des consignes, pillages et dissipation de munitions".

Treize officiers poursuivis pour manquement à leurs devoirs ont été acquittés, et la cour a indiqué ne pas être en mesure de juger un autre accusé. Au total, 39 membres de l'armée congolaise étaient poursuivis dans ce procès qui s'était ouvert en novembre à Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Les faits remontent à la fin du mois de novembre 2012 après la prise de Goma par les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), finalement vaincus début novembre 2013 par les forces régulières. Les soldats du 391e bataillon de commandos, formés par les États-Unis à Kisangani (nord-est de la RDC), ont été accusés, dans leur fuite, d'avoir commis des atrocités à Minova et ses alentours, dans la province du Sud-Kivu.

Un rapport de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) consacré à ces évènements a dénombré "135 cas de violence sexuelle, ainsi que d'autres violations graves des droits de l'Homme, dont des meurtres et des pillages massifs [...] perpétrés par des militaires" du 20 au 30 novembre 2012.

Avec AFP

Première publication : 05/05/2014

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