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Afrique

Soudan du Sud : l'armée a repris la ville pétrolifère de Bentiu

© AFP | Le président sud-soudanais Salva Kiir, le 25 avril à Paris

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/05/2014

Le secrétaire d'État américain John Kerry en visite surprise au Soudan du Sud a annoncé que le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar acceptaient de se parler en face-à-face pour tenter de mettre fin à la guerre civile.

L'armée du Soudan du Sud a annoncé, dimanche 4 mai, avoir repris la ville pétrolifère stratégique de Bentiu, située dans le Nord, et une importante base rebelle dans le Nord-Est. "Après un assaut hier avec de violents bombardements, [Bentiu] est à nous. Les rebelles, dont Riek Machar [leur chef], sont en train de fuir vers la frontière éthiopienne. Nous continuons d'avancer", a affirmé le porte-parole de l’armée, Philip Aguer.

Cette offensive de l'armée loyale au président Salva Kiir, lancée samedi 3 mai, est annoncée au surlendemain de la venue à Juba du secrétaire d'État américain John Kerry, qui avait dit vendredi 2 mai avoir obtenu l'engagement du président Salva Kiir de rencontrer Riek Machar face-à-face pour négocier la fin du conflit qui dévaste le pays depuis décembre 2013.

>> À lire sur FRANCE 24 : Riek Machar, itinéraire d'un guérillero sud-soudanais

Bentiu, théâtre de massacres ethniques mi-avril

La ville de Bentiu a changé plusieurs fois de mains depuis le début de la guerre civile et des atrocités y ont été commises. Des sources indépendantes se trouvant dans la ville ont confirmé que l'armée gouvernementale la parcourait, après une matinée de féroces affrontements avec les rebelles. "Les soldats du gouvernement sont maintenant dans Bentiu, il semble qu'ils la contrôlent", a déclaré une de ces sources ayant requis l'anonymat.

Les rebelles avaient repris la ville le mois dernier et, dans la foulée, avaient massacré des centaines de civils, selon les Nations unies. Les deux camps ont été accusés d'atrocités à travers le pays : massacres ethniques, viols, attaques d'hôpitaux et de lieux de culte, recrutement d'enfants-soldats par milliers.

La lutte de pouvoir entre Salva Kiir, qui accuse de tentative de coup d'État Riek Machar, et ce dernier, qui dénonce un prétexte inventé par le président pour éliminer des rivaux politiques, exacerbe de vieux antagonismes entre peuples dinka et nuer, dont sont respectivement issus les deux hommes.

John Kerry veut imposer le dialogue

Durant sa visite vendredi, John Kerry avait brandi la menace de sanctions ciblées contre Kiir et Machar (saisie d'actifs, interdiction de visa) s'ils ne s'asseyaient pas à une table pour négocier la formation d'un gouvernement de transition et l'application d'un cessez-le-feu, signé en janvier et jamais appliqué.

Vendredi 2 mai, Salva Kiir avait affirmé à l'émissaire américain être prêt à rencontrer son rival, sous la médiation du Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, tandis que Riek Machar, cité par le site internet Sudan Tribune, avait semblé peu enthousiaste et estimé que des négociations face-à-face "pourraient être contre-productives".

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power, a également demandé au Conseil de sécurité d'envisager "la possibilité de mettre en place des sanctions", exercées cette fois par les Nations unies, contre les belligérants sud-soudanais. La France, autre membre permanent du Conseil, a soutenu cette idée, évoquant également une possible "saisine de la Cour pénale internationale".

Des milliers de personnes ont déjà péri - probablement des dizaines de milliers, mais les bilans précis manquent -, tandis qu'au moins 1,2 million de Sud-Soudanais ont dû fuir leurs foyers. Huit bases de l'ONU abritent, dans des conditions épouvantables, plus de 78 000 civils sud-soudanais craignant d'être massacrés s'ils se risquent à en sortir.

Les organisations humanitaires ont prévenu que le Soudan du Sud était au bord de la pire famine que l'Afrique ait connue depuis les années 1980, tandis que l'ONU et les États-Unis ont dit craindre que le conflit ne dégénère en génocide.

Avec AFP

Première publication : 05/05/2014

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