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Moyen-Orient

Israël dément toute activité d'espionnage aux États-Unis

© AFP

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 08/05/2014

L'État hébreu, accusé par l'hebdomadaire américain "Newsweek" de se livrer, "plus qu'aucun autre allié", à un espionnage à grande échelle aux États-Unis, a fermement démenti toute activité de ce type sur le sol américain.

Israël respecte à la lettre son engagement à ne pas se livrer à des activités d'espionnage aux États-Unis". C’est en ces termes que le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a répliqué, mercredi 7 mai, à l’article publié la veille par le magazine "Newsweek" accusant l’État hébreu de se livrer à d’intenses activités d'espionnage chez son allié américain. Des révélations qui ont choqué aux États-Unis, un pays qui, pourtant, ne s’est pas privé d’écouter ses plus fidèles alliés à haut niveau, comme l’avait révélé le scandale de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA).

L’hebdomadaire affirme tirer ces informations de compte-rendus de réunions confidentielles que des agents du contrespionnage américain ont révélé sur l’ampleur des activités israéliennes à des membres des Commissions des affaires judiciaires et des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants. Des réunions qui portaient sur une législation qui assouplirait les restrictions de visa pour les citoyens israéliens.

Israël  a "dépassé les limites"

Selon des responsables présents lors de ces réunions, et cités sous le sceau de l’anonymat par l'hebdomadaire, Israël cherche surtout à se procurer des secrets industriels et techniques américains. "Aucun autre pays proche des États-Unis ne dépasse à ce point les limites dans ses activités d'espionnage comme le fait Israël", a notamment protesté un ancien assistant d’un membre du Congrès, qui a participé à une réunion confidentielle fin 2013.

L’assistant d’un autre parlementaire, qui a assisté à une réunion d'information en janvier, a qualifié le récit d’un témoin de "très consternant... alarmant... voire terrifiant". Un de ses collègues a lui estimé que le comportement de l’allié israélien était "préjudiciable".

Selon lui, les services de renseignement américains ont évoqué sans plus de précisions "de l'espionnage industriel - des personnes qui viennent aux États-Unis pour des missions commerciales, ou avec des sociétés israéliennes qui travaillent avec des sociétés américaines, ou des agents des services secrets sous les ordres du gouvernement [israélien, NDLR], c'est-à-dire, je pense, de l'ambassade [d'Israël, NDLR]".

"Campagne de calomnie"

Ce déballage public a donc poussé l’État hébreu à réagir au plus haut niveau diplomatique, tant cette question est sensible entre les deux alliés. Notamment depuis l’affaire Jonathan Pollard, un ancien expert de la marine américaine condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour espionnage au profit d'Israël.

"Il s'agit d'une campagne de calomnie, pernicieuse, totalement mensongère, et à 100 % d'une invention ", a déclaré le chef de la diplomatie de l'État hébreu, interrogé par la radio militaire israélienne.

De son côté, le ministre israélien chargé du Renseignement, Youval Steinitz, a qualifié les accusations relayées par "Newsweek" d'"irresponsables", et reposant sur "aucun fondement".

"Israël a décidé depuis 30 ans de ne pas faire d'espionnage aux États-Unis", a déclaré le ministre à la radio publique en référence à l’affaire Pollard. "Je n'ai reçu que des louanges sur la coopération entre les services de renseignements américains et israéliens durant mes entretiens ces derniers mois au Congrès ou avec les responsables des différents services de sécurité américains", a-t-il précisé.

Cette fuite dans la presse semble liée à la demande d'exemption de visas présentée par l’État hébreu pour les touristes et visiteurs israéliens souhaitant se rendre aux États-Unis. La presse israélienne rapporte que les services de sécurité américains redouteraient que la suppression des visas favorise l'implantation d'espions israéliens sur leur territoire. D’où les réserves de l’administration Obama d’accélérer l’adoption d’une telle législation. Et visiblement certains, à l’origine des fuites, cherchent à enterrer définitivement cette mesure.

Première publication : 08/05/2014

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