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EUROPE

Perturbateurs endocriniens : "Il faut sensibiliser l’opinion davantage"

© AFP

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 09/05/2014

Soupçonnés d'être liés à certains cancers, les perturbateurs endocriniens présents dans les produits industriels sont devenus un sujet de santé publique. Les pouvoirs publics protègent-ils suffisamment la population ? Éléments de réponse.

Les médias en parlent de plus en plus. Ils seraient nocifs pour l’organisme et présents dans tous les produits de consommation courante. On les appelle les perturbateurs endocriniens (PE). Mais de quoi s’agit-il exactement ? Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ils désignent "une substance possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez ses descendants ou au sein de (sous)-populations."

Parmi les plus connus, on retrouve la dioxine, certains pesticides ou encore le phtalate. Et surtout le bisphénol A, dont le risque pour la santé a été confirmé au niveau européen. Il a d'ailleurs été interdit en France dans les biberons en 2010 puis dans les contenants alimentaires en 2012.

Créé en 1991, le terme de perturbateur endocrinien n’est pourtant pas nouveau. Dès les années 1950, les chercheurs ont commencé à s’intéresser à ces "polluants", tels que les insecticides, suspectés d’être liés à certaines maladies chez l’homme et l’animal, comme la fertilité masculine, le cancer de la prostate ou celui du sein. Au fur et à mesure des études, les scientifiques ont constaté que ces molécules attaquaient des fonctions de l’organisme, notamment la reproduction, la croissance et la circulation sanguine. Il a fallu attendre 2006 pour que la réglementation européenne REACH (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques) identifie les perturbateurs endocriniens comme substances extrêmement préoccupantes. Mais aucune législation contraignante n’y figure.

Fœtus, enfants et adolescents vulnérables

Face à l’épidémie de cancers, de diabètes et autres maladies neuro-dégénératives, l’OMS presse, en 2011, les pays européens et Bruxelles à prendre des mesures contre ces PE présents dans tous les produits comme les cannettes, conserves, bouteilles en plastiques, et même les cosmétiques. Selon une étude publiée en septembre 2013 par l'institut indépendant de notation Noteo, près de 40 % des produits d'hygiène et de beauté contiennent au moins un PE. Les vernis à ongles arrivent en tête (74 % d'entre eux contiennent au moins un PE) devant les fonds de teint (71 %), les produits de maquillage pour les yeux (51 %), les démaquillants (43 %), les rouges à lèvres (40 %), les soins du visage (38 %) les déodorants (36 %), les dentifrices (30 %) et les shampooings (24 %).

Ces dernières années, de nouvelles études scientifiques ont révélé que leur toxicité n’est pas due à la dose ingérée par les organes mais à la période d’exposition : la vie prénatale, la petite enfance et la puberté sont identifiées comme étant les phases les plus vulnérables. Autre point important : les PE peuvent avoir un effet cumulatif sur l’organisme - car un même PE peut se retrouver dans différents produits - mais aussi un effet "cocktail" - impliquant une interaction entre ces molécules -, ce qui s’avère particulièrement nocif pour les humains ou les animaux.

La définition fait débat à Bruxelles

Malgré ces études, Bruxelles peine à accoucher d’une règlementation en la matière. En cause : la définition du terme "perturbateurs endocriniens" qui fait débat à la Commission, explique Robert Barouki, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). "Le choix des termes pose problème. D’un côté, les organisations non gouvernementales veulent intégrer une définition large pour englober le maximum de molécules tandis que les industriels militent pour que l’idée de démontrer l’effet pathologique soit ajoutée. Et ainsi restreindre au maximum la liste de perturbateurs endocriniens."

Pourtant, pour Robert Barouki, la réelle problématique repose sur les tests car "ce sont eux qui vont déterminer la liste des perturbateurs endocriniens". Pour l’heure, on distingue deux catégories de PE : les avérés et les suspectés.

Pas de législation contraignante en France

"Plus la définition tarde, plus la règlementation traîne et plus les industriels gagnent du temps", ajoute le chercheur de l’Inserm. En attendant, certains gouvernements tentent d’agir. Après avoir été un des rares pays européens à interdire le bisphénol A dans certains contenants alimentaires, la France en a fait un sujet de santé publique. Pour cause, le pays figure en tête de liste des pays les plus touchés par les cancers hormono-dépendants (sein, prostate, testicules), selon une étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

Sous l’impulsion de la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie Ségolène Royal, la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) a été adoptée, mardi 29 avril. Elle fixe "comme objectif premier la réduction de l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens", explique le texte. Parmi les mesures mises en avant figurent l’engagement d’un soutien accru à la recherche scientifique sur la question, le retrait du bisphénol A des tickets de caisse et le renforcement des contrôles cherchant la présence de phtalates dans les jouets. La SNPE prévoit également un soutien à l’innovation industrielle et la mise en place de partenariats public-privé, afin d’encourager le remplacement de ces substances problématiques.

"Il faut une volonté politique plus forte"

Cette nouvelle étape ravit les organisations non gouvernementales comme Générations Futures, qui a révélé dans une étude que 21 sortes de pesticides ont été retrouvées sur les têtes d'enfants habitant en zone rurale. "La vision de Ségolène Royal est bonne", commente François Veillerette, porte-parole de l’ONG. "Mais ce texte n’est juridiquement pas contraignant. Interdire le bisphénol des tickets de caisse, c’est bien mais pas suffisant. Il faut une volonté politique plus forte."

Il estime également que la France, qu’il juge moteur dans l’Union européenne pour lutter contre ces PE, doit monter au créneau face à l’inaction de Bruxelles. "Il faut que notre gouvernement porte plainte, comme la Suède prévoit de le faire".

De son côté, Robert Barouki de l’Inserm, estime qu’à défaut de réglementation, le devoir des pouvoirs publics est de sensibiliser les populations pour réduire leur exposition, comme le fait le Danemark, qui a mis en place en 2006 une politique fondée sur le principe de précaution, recommandant aux femmes enceintes de ne pas s’approcher de plastiques ou de cosmétiques. "La population doit s’en préoccuper mais pas s’alarmer", conclut-il.
 

Première publication : 09/05/2014

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