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Culture

En images : HR Giger, dessinateur surréaliste et créateur d’Alien

© Capture d'écran - ARNO BALZARINI/KEYSTONE

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 14/05/2014

Il était l'un des artistes majeurs du réalisme fantastique. Hans Ruedi Giger, dessinateur suisse, est mort mardi à 74 ans. Ses œuvres ont notamment inspiré la créature "Alien" de Ridley Scott, qui lui a valu un Oscar en 1980.

Il n’était qu’un enfant de cinq ans mais traînait derrière lui, dans les rues de Coire, son village natal en Suisse, un crâne attaché au bout d’une ficelle. Une anecdote qui en dit long sur la personnalité originale et fantasque de Hans Ruedi Giger, cet artiste de génie qui s’est éteint, lundi 12 mai, à Zurich, et dont les œuvres hallucinées et cauchemardesques avaient inspiré de nombreux cinéastes. Le dessinateur reste indissociable du chef-d’œuvre cinématographique de Ridley Scott "Alien", pour lequel il a façonné la monstrueuse créature.

Tout prédestinait le jeune Hans, né en 1940, à une carrière extraordinaire. Enfant déjà, contrairement à la majorité des gamins de son âge dont les songes sont emplis de contes de fées et de magie, Hans Ruedi Giger, s’endormait, lui, bercé par des rêves sombres "pleins de mystères".

À l'âge de huit ans, il connaît "l'une des expériences les plus intenses" de sa vie lorsqu'il découvre des vestiges de l'Égypte antique dans un musée de Coire. "J'allais souvent seul au musée le dimanche matin", a-t-il expliqué à de nombreux journalistes. Moins pour parfaire sa culture historique que pour "retrouver" une princesse égyptienne momifiée qui le fascinait.

Ces créatures fantastiques et macabres l’enchantent, l’envoûtent. Et le perturbent. Adolescent, il souffre de terreurs nocturnes et décide alors de prendre des pinceaux pour exorciser ses angoisses. Il s'intéresse à Sigmund Freud. Il lit, bien évidemment, les œuvres de H.P. Lovecraft, se passionne pour la peinture de Salvador Dali. Puis vient l’érotisme - ou la pornographie, selon ses détracteurs - qui tiendra une place prépondérante dans son royaume onirique et artistique.

Pour parfaire son art, il suit des cours de dessin industriel et d'architecture à Zurich, où il s'établit en 1962. C’est là que son talent laisse place au génie. Il crée sur papier des corps déformés, hybrides, des créatures ténébreuses, mi-homme mi-machine, qui associent chair et pièces métalliques ou mécaniques. Tout à la fois plasticien, dessinateur, sculpteur, graphiste, illustrateur et écrivain, il invente son propre art, en somme, qu’il nomme "biomécanique". Ses admirateurs le comparent volontiers à un héritier de Jérôme Bosch, de Pieter Brueghel l'Ancien, voire de Francisco Goya.

En 1976, son ouvrage "Necronomicon" tombe entre les mains du cinéaste américain Ridley Scott, qui lui confiera le soin de créer la créature monstrueuse de son prochain film, "Alien". Les portes de la notoriété s'ouvrent alors pour Giger. Le long-métrage est un succès planétaire et une référence incontournable dans le monde de la science-fiction. Son travail sur la créature de l’espace lui vaut l'Oscar des meilleurs effets visuels en 1980.

Dans "Prometheus", Ridley Scott, en 2012, s’inspire encore du travail de Giger. "Le maître de l’obscurité" comme le surnommait ses amis, collabore aussi avec le réalisateur franco-chilien Alejandro Jodorowsky pour son adaptation de "Dune", qui sera finalement abandonnée. Il travaille également sur les longs-métrages "Poltergeist II" et "La Mutante".
 

Son art dépasse même le domaine cinématographique, pour servir le monde de la musique. Giger dessine en effet des pochettes d’albums pour les groupes Magma ou Emerson, Lake & Palmer. Il contribue aussi à créer les décors de la tournée de la chanteuse française Mylène Farmer en 1999-2000.

Désireux de donner un cadre réel à ses créatures et son univers, l'artiste, sans doute un zeste mégalomane, décide même d'ouvrir des "bars Giger", en Suisse notamment, des lieux à l’architecture fantasmagorique, où les clients se retrouvent immergés dans des atmosphères rappelant le film "Alien". Les premiers bars Giger ont ouvert à Tokyo et à New York dans les années 1980. Ils ont tous deux été fermés depuis.

Avec AFP

Première publication : 14/05/2014

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