Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LES OBSERVATEURS

Best Of de l'été - l'enfer d'une prison grecque et un hôpital sous les bombes au Soudan

En savoir plus

DÉBAT

La Libye s'enfonce dans le chaos

En savoir plus

#ActuElles

Une femme imam ? Oui, c'est possible en Chine!

En savoir plus

#ActuElles

Riches Émiratis cherchent épouses indiennes pour un mois

En savoir plus

DÉBAT

Crash du MH17 en Ukraine : l'enquête entravée par la bataille de l'Est

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Gringos"

En savoir plus

SUR LE NET

Mobilisation en ligne pour les chrétiens d'Irak

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"N'oublions pas la Syrie"

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Libye : Un incendie "hors de contrôle" menace Tripoli

En savoir plus

  • Vidéo : le principal hôpital de Gaza touché par des bombardements

    En savoir plus

  • Le parquet de Paris dément avoir ouvert une enquête sur la campagne de Sarkozy

    En savoir plus

  • Vidéo : le tourisme au secours des gorilles du Rwanda

    En savoir plus

  • Vidéo : la chute du vol AH5017 a été "vertigineuse", selon Ouagadougou

    En savoir plus

  • À Gaza, Israël s’attaque aux symboles du Hamas

    En savoir plus

  • Un maire FN devant la justice pour avoir repeint une œuvre en bleu

    En savoir plus

  • Un incendie hors de contrôle menace Tripoli d’une "catastrophe humaine"

    En savoir plus

  • En images : de Gaza à la Syrie, en passant par l’Irak, la triste fête de l’Aïd

    En savoir plus

  • Transferts : l'attaquant français Antoine Griezmann signe à l'Atletico

    En savoir plus

  • Gilles Kepel : "Plus Israël réplique, plus le Hamas remporte une victoire politique"

    En savoir plus

  • La France prête à accueillir les chrétiens persécutés en Irak

    En savoir plus

  • Ioukos : la Russie perd un procès à 50 milliards de dollars

    En savoir plus

  • Aïd meurtrier à Gaza, Netanyahou annonce une "longue campagne"

    En savoir plus

  • Vol Air Algérie : Paris et Alger sous le feu des critiques

    En savoir plus

  • Un Français soupçonné de recruter des djihadistes arrêté au Maroc

    En savoir plus

  • Photos à l'appui, Washington accuse Moscou de bombarder l'Ukraine

    En savoir plus

  • Vol d'Air Algérie : les boîtes noires arrivées en France, le pays en deuil

    En savoir plus

  • Sous le choc, Sloviansk découvre sa première fosse commune

    En savoir plus

Economie

Les robots-tueurs : pas encore d'actualité mais déjà redoutés

© AFP | Un faux robot-tueur fabriqué par une ONG contre ces armes

Texte par Anne-Diandra LOUARN

Dernière modification : 14/05/2014

Dénués d’émotions et de peurs, les robots-tueurs pourraient devenir l'arme absolue dans un futur proche, à tel point que l'ONU se penche déjà sur la question. FRANCE 24 fait le point avec un spécialiste de cette technologie d'avant-garde.

Ils ne sont encore que fiction mais on se penche déjà sur une possible interdiction. Du 13 au 16 mai, le tout premier congrès international sur les robots-tueurs se déroule au siège des Nations unies à Genève, en Suisse. Ce rendez-vous informel, qui réunit un large panel d’experts en défense et en armement, a lieu dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques (CCA), adoptée en 1980.

Au centre des discussions : le problème que posent les robots-tueurs en termes d’éthique de la guerre. Depuis deux ans, une cinquantaine d’ONG, Human Rights Watch en tête, mènent une véritable campagne d’information sur le sujet auprès de l’opinion et font pression sur les pouvoirs publics pour encadrer les “systèmes d'armes létaux autonomes” d’ici à la fin 2014. “À la différence de toutes les armes existantes, ces robots auront le pouvoir de déterminer le moment de prendre une vie humaine”, prévient HRW dans un document très à charge contre cette technologie.

Comment agissent les robots-tueurs ? Dans quelles circonstances sont-ils utilisés ? Où en sont les recherches en la matière et qui prévoit de les utiliser ? FRANCE 24 fait le point avec Emmanuel Remy, spécialiste des questions de défense.

FRANCE 24 : Comment fonctionnent les robots-tueurs ?

Emmanuel Remy : On peut définir comme robot-tueur tout système qui a l’autonomie d’interprétation d’une situation, d’analyse du risque et de prise de décision. Entre son capteur de danger et l’action réalisée, il existe tout une chaîne qui repose sur une sorte d’intelligence artificielle.

Aujourd’hui, lorsque l’on parle de robot-tueur, la connotation est surtout terrestre car on imagine une machine à forme humaine. Mais ce type de système concerne tout aussi bien les airs et les mers. J’ajouterais aussi qu’il concerne fortement le cyberespace. C’est même là qu’il est le plus à craindre dans l’immédiat car en agissant sur le web, le robot-tueur peut infliger des pertes financières (à défaut de pertes humaines) pouvant se chiffrer en milliards. Imaginez un robot-informatique capable de paralyser une ville entière, de neutraliser une centrale nucléaire ou de porter atteinte à une grande entreprise internationale. C’est, à mon sens, une menace bien plus concrète que les robots-tueurs qui appartiennent encore à un futur lointain.

F24 : Les robots-tueurs ne sont donc pas réellement d’actualité ? Pourquoi font-ils autant débat ?

E.R. : C’est avant tout une question d’éthique. Recourir à des robots-tueurs durant la guerre des tranchées ou le Débarquement en Normandie aurait été beaucoup plus simple car on avait des ennemis facilement identifiables qui se faisaient face dans un lieu donné. Aujourd’hui, les soldats n’ont plus affaire au même contexte. Nous ne sommes plus véritablement dans de grands conflits mondiaux où se déchirents les armés des pays engagés mais plutôt dans des situations de missions secrètes ou d’opérations de terrain en petits groupes. Et l’ennemi que l’on trouve en face peut très bien se trouver être un jeune fermier afghan qui nourrit ses bêtes le matin et prend la kalachnikov l’après-midi…

Ensuite, il existe un vrai frein psychologique. De nos jours, nous sommes capables de laisser un pilote automatique faire décoller ou atterrir un avion de ligne, mais on ne le fait pas, car le public n’est pas prêt, il a besoin d’un humain aux commandes. C’est pareil avec des soldats-robots.

Enfin, ce qui dérange chez les robots-tueurs, c’est l’image de “RoboCop” qui leur colle à la peau. Quand on parle de robot-tueur aujourd’hui, il ne faut pas imaginer un robot humanoïde, le fusil-laser au poing. En revanche, des systèmes robotisés existent déjà. C’est le cas des missiles qui en fin de trajectoire sont capables d’identifier une cible préalablement désignée. Autre exemple : les systèmes défensifs avec une ouverture de feu automatique lorsqu’une cible pénètre un territoire déterminé. En Israël, ce genre de dispositif défensif a été baptisé “Dôme de fer”. Il agit comme un parapluie qui se déploie automatiquement lorsque des tirs de roquettes en provenance des territoires palestiniens sont décelés.

Bref, on se dirige inéluctablement vers des armées qui possèdent des systèmes avec des degrès d’autonomie de plus en plus avancés - ce qui explique pourquoi ONG et pouvoirs publics se penchent sur la question - mais le vrai robot-tueur qui pense et interprète de façon déshumanisé, on en est loin.

F24 : Selon vous, quand les robots-tueurs entreront-ils en service ?

E.R. : D’un point de vue purement technologique, on voit bien que les robots font de plus en plus partie de notre quotidien. Ce n’est pas une évolution propre au principe guerrier. Du point de vue militaire, je pense que le robot-tueur ne sera pas déployé avant deux ou trois générations, dans des crises adaptées. Il faut que l’on s’y prépare culturellement et politiquement car ça va définitivement arriver.

D’ailleurs, dans un registre similaire à celui des robots-tueurs, on a déjà les drones militaires qui sont de plus en plus utilisés, en dépit des questions éthiques qu’ils posent eux aussi.

F24 : Justement, le débat sur les drones peut-il avoir une influence sur celui des robots-tueurs ?

E.R. : Oui, tout à fait. Ce que l’on reproche au drone, c’est d’être un engin sans pilote qui lâche des bombes à tout va. C’est également ce qui bloque chez le robot-tueur sauf que le drone, lui, reste toujours commandé par un individu qui décide ou non de l’emploi des armes. Il y a toujours une interprétation, un feu vert humain avant de tirer. Donc si les gouvernements parviennent à légiférer sur les drones, les robot-tueurs s’imposent comme l’étape suivante.

Première publication : 14/05/2014

  • ESPIONNAGE

    L’Iran reproduit un drone-espion dérobé aux Américains

    En savoir plus

  • Environnement

    Des abeilles-robot pour sauver la planète

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)