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Lycéennes enlevées au Nigeria: Washington déploie des drones de surveillance

AFP

Un drone Global Hawk le 10 septembre 2013 à Wallops Island, en VirginieUn drone Global Hawk  le 10 septembre 2013 à  Wallops Island, en Virginie

Un drone Global Hawk le 10 septembre 2013 à Wallops Island, en VirginieUn drone Global Hawk le 10 septembre 2013 à Wallops Island, en Virginie

L'armée américaine utilise des drones de surveillance et des avions au Nigeria pour aider aux recherches des quelque 200 lycéennes enlevées il y a un mois par le groupe islamiste Boko Haram, a indiqué mercredi le Pentagone.

Les Etats-Unis ont déployé des drones Global Hawk, qui peuvent voler à haute altitude, et des avions MC-12, des appareils de surveillance souvent utilisés en Afghanistan, a précisé à l'AFP un responsable militaire qui s'exprimait sous couvert d'anonymat.

Le Pentagone refusait jusqu'à présent de dire si des drones étaient utilisés dans ces recherches.

"Je peux confirmer que nous utilisons des appareils de renseignement, de reconnaissance et de surveillance sans pilotes et avec pilotes dans la recherche des jeunes filles enlevées", a indiqué de son côté le colonel Steven Warren, sans donner de précisions sur les modèles utilisés. Ces appareils sont "non armés" et utilisés uniquement à des fins de surveillance pour tenter de localiser les lycéennes, a-t-il souligné.

Le drone Global Hawk, conçu pour succéder aux avions espions U-2, peut couvrir chaque jour jusqu'à 100.000 kilomètres carrés, grâce à un radar et des capteurs sophistiqués.

Les données recueillies par ces appareils n'ont cependant pas encore été transmises au gouvernement nigérian, car Washington travaille toujours avec Abuja à un accord de partage de renseignements, selon M. Warren. Les Américains insistent sur des procédures précises pour partager avec d'autres pays leurs informations, craignant que ces dernières ne tombent entre les mains de mouvements ennemis.

Les liens entre Etats-Unis et Nigeria sont en outre des plus réduits concernant les questions de sécurité, Washington reprochant aux autorités d'Abuja leur brutalité, ainsi que des violations des droits de l'homme.

Un responsable du département d'Etat a de son côté affirmé mercredi ne pas savoir où se trouvaient les jeunes filles. "Nous continuons à travailler avec les Nigérians pour les aider à localiser les lycéennes. Nous ne savons vraiment pas où (elles) se trouvent", a-t-il déclaré, précisant que la zone prospectée avait "la taille de la Virginie-Occidentale", soit un peu plus de 60.000 km2.

Le commandant des forces armées américaines en Afrique, le général David Rodriguez, s'est entretenu mardi avec les autorités nigérianes à Abuja sur la manière dont les Américains peuvent aider à retrouver les lycéennes, y compris par le biais d'un accord de partage de renseignements.

Le sénateur républicain John McCain s'est de son côté montré partisan d'une action unilatérale des Etats-Unis. Il aimerait ainsi voir des troupes d'élite américaines tenter d'aller secourir les lycéennes enlevées.

"Nous avons l'armée la plus professionnelle, la mieux entraînée du monde, et si nous savons où sont ces jeunes filles, on doit aller les secourir", a déclaré John McCain, se moquant au passage des capacités de l'armée nigériane.

"On ne veut pas alerter ces gens", a-t-il ajouté, parlant des membres de Boko Haram. "Ce sont des animaux, ils sont allés au-delà des frontières d'un comportement humain acceptable".

Des responsables du Pentagone ont souligné en privé qu'une action unilatérale des Américains serait particulièrement périlleuse et que ce n'était à l'heure actuelle pas une option envisagée par Washington.

Il y a un mois jour pour jour, Boko Haram enlevait 276 jeunes filles dans leur école de Chibok, une ville située dans l'Etat de Borno, un des fiefs du mouvement. Plusieurs dizaines d'entre elles sont parvenues à s'enfuir, mais 223 lycéennes restent aux mains du groupe radical.

Première publication : 15/05/2014