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Dans les serres de Versailles, la science et le plaisir des rois

AFP

Les serres de Versailles dans les jardins de Trianon, le 18 mai 2014Les serres de Versailles dans les jardins de Trianon, le 18 mai 2014

Les serres de Versailles dans les jardins de Trianon, le 18 mai 2014Les serres de Versailles dans les jardins de Trianon, le 18 mai 2014

Un lieu de plaisir pour les rois mais aussi de science, quand les plantes seules pouvaient nourrir et soigner: Alain Baraton, jardinier vedette de Versailles et historien passionné, a ouvert dimanche les serres de son royaume à une petite troupe privilégiée.

Fermées d'ordinaire au public, dans les jardins de Trianon, elles ont accueilli une poignée d'amateurs béats dans le cadre des "Paroles de jardiniers", manifestation du département des Yvelines pour célébrer ses jardins.

Les serres originales de 1759, qui ont abrité jusqu'à 4.000 variétés, ont disparu: Marie-Antoinette les a fait abattre pour planter son jardin champêtre. Aujourd'hui, elles sont modernes, fonctionnelles et high-tech, chauffage électrique et pilotage électronique. Versailles, c'est un million de fleurs plantées chaque année sur 800 ha et 43 km d'allées.

A 3 km du château, les jardins de Trianon étaient réservés à l'usage privé du roi Louis XV, rappelle Alain Baraton: les courtisans n'y étaient admis que sur invitation du monarque qui avait demandé au botaniste Claude Richard, logé sur place, et à Bernard de Jussieu d'y construire les plus grandes serres chaudes d'Europe.

Passant devant le Pavillon de France, relié au Château par un souterrain (qui permettait au roi d'accueillir en toute discrétion ses rendez-vous galants), le jardinier en chef désigne un parterre: "C'est ici que furent testés les premiers plants de pomme de terre. Pour soutenir Parmentier dans son entreprise, le roi en arborait une fleur à la boutonnière".

Louis XV, qu'Alain Baraton n'aime guère par ailleurs, était véritablement passionné de botanique assure-t-il. Pas seulement pour soigner son cadre de vie mais "en quête de progrès: seule l'agriculture pouvait nourrir l'humanité, pouvait-on améliorer les pratiques et les rendements? La médecine aussi se limitait à l'usage des plantes".

Aussi le roi soutient les innovations, fait venir des végétaux des contrées lointaines, implante la figue, le café, l'ananas dans les serres de Versailles, développe la plus belle collection de fraises du continent - "qu'il déguste sur le sein de sa maîtresse" - et la première véritable orangerie de Versailles.

Le Château était déjà célèbre pour les orangers de Louis XIV, poursuit-il: "On les protégeait l'hiver de caisses faites de verre et de bois, démolies au printemps: les visiteurs étaient émerveillés par ce roi qui pouvait faire pousser ce qu'il voulait".

A chaque étape, à chaque pas, une anecdote, une lecture poétique. Une blague aussi, qui fait rosir les dames. "Louis XV aimait aussi les poules - les vraies". Alain Baraton, un rien cabot comme les stars, fait son show devant des groupies conquises. Certaines sont incollables sur le sophora du Japon (qui vient en réalité de Chine): celui de Trianon date de 1778. Le séquoia géant de 1872 - "un gamin" lance-t-il: "Ici l'ancêtre est un chêne de 1662". Respect.

Une autre le reprend quand il chahute la mémoire d'un roi de France: Louis XV? "Une vraie saloperie, sans pitié. Et c'est Louis XVI qui a payé". Louis XIV? "Certainement pas le fils de Louis XIII, qui préférait les hommes" assure-t-il, citant les archives qu'il consulte pour l'entretien des Jardins du domaine.

"Il y a eu tellement de peintres, de récits, on dispose aussi des bons de commande, des plans et des listes de travaux". Ces documents ont été consultés quand il a fallu relever le parc de la tempête assassine de Noël 1999: Plus de 18.500 arbres à terre et 30.000 autres qu'il a fallu abattre. Un crève-coeur qui a permis de redonner parfois aux jardins leur allure initiale.

"Au Petit Trianon, on a profité pour remplacer les tilleuls par des peupliers, comme à l'origine".

Le domaine a renoncé depuis 15 ans à tout pesticide et engrais mais conserve les herbicides, explique encore le jardinier. "Le bio, c'est trop de main d??uvre" pour les 50 jardiniers de Versailles - et autant de stagiaires.

Et même si leur patron préfère les arbres, le chêne surtout, il convoque Jacques Prévert, pour rappeler que "le jardinier se découvre devant la pensée sauvage".

( - jusqu'au 1er juin)

Première publication : 18/05/2014