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SPORT

Grande Guerre : le lourd tribut des rugbymen français

© www.usap.fr | L'équipe de Perpignan en 1914

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 31/05/2014

Comme en 2013, Toulon et Castres s'affrontent en finale du Top 14. Il y a 100 ans, Perpignan gagnait le titre de champion. Plusieurs joueurs de cette équipe, comme de très nombreux internationaux français, ont ensuite été tués pendant la guerre.

Le bouclier de Brennus se joue, samedi 31 mai, pour la deuxième saison de suite entre le Castres Olympique et le Rugby Club Toulonnais. À l’occasion de cette finale du Top 14, un hommage particulier sera rendu aux nombreux joueurs de rugby français tombés lors de la Première Guerre Mondiale.

Le héros de la finale du championnat de France en 1914 : Aimé Giral © Wikipedia

Il y a cent ans, le 3 mai 1914 à Toulouse, le titre avait été remporté par l’AS Perpignan (aujourd’hui USAP) face au Stadoceste tarbais sur le score de 8 à 7. Parmi ces deux équipes, sept joueurs catalans et trois pyrénéens furent fauchés quelques mois plus tard durant la Grande Guerre. Le héros de la finale, le jeune Aimé Giral fait partie de ces sportifs morts pour la France. Sous le maillot de Perpignan, dont le stade porte désormais son nom, ce jeune demi d’ouverture est entré dans la légende en offrant à son club un premier titre de champion.

Son équipe avait pourtant très mal commencé la rencontre. Mené 7 à 0 à la 50e minute, les Catalans ne se réveillèrent qu’en fin de match. Comme le rapporte le compte rendu de l’époque, cité dans "L’Encyclopédie du rugby français" (P. Lafond & J-P Bodis), le "combat avait changé d’âme". Les Perpignanais recollèrent au score et se mirent à attaquer. À la 76e minute, Joseph Amilhat servit Félix Barbe qui termina sa course dans l’en-but de Tarbes : "De la transformation dépendait le gain du match et le titre de champion de France. Du bord de la touche, dans un silence de cathédrale qui grandissait le public et l’évènement, le jeune Aimé Giral, 18 ans et demi, réussit le coup de botte parfait".

Auteur de cette action victorieuse, le demi d’ouverture est devenu rapidement une célébrité locale. Mais la carrière du rugbyman sera malheureusement de courte durée. Début 1915, il est mobilisé et part rejoindre le front au sein du 80e Régiment d´Infanterie. Quatorze mois après son moment de gloire sur le terrain, l’aspirant Giral est mortellement blessé le 22 juillet 1915 à Somme-Suippes dans la Marne.

Les joueurs de l’Aviron Bayonnais, vainqueurs de la finale de 1913 face au Sporting club universitaire de France, payèrent également leur titre par le sang. Cinq membres de l’équipe perdirent la vie durant la guerre.

"Ils ont trinqué"

En ce qui concerne l’équipe de France, le bilan fut tout aussi considérable. Dans son livre consacré aux rugbymen durant la Première Guerre mondiale ("Into Touch, rugby internationals killed in the Great War"), l’auteur britannique Nigel McCrery, a répertorié 21 internationaux tricolores tués en 14-18. À titre de comparaison, 16 membres de l’équipe de France de football sont morts à la guerre. "Cette différence est normal dans la mesure où le football débutait à peine. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, le rugby s’est développé avant", explique à FRANCE 24 Rémy Pech, ancien président de l'université de Toulouse-Le Mirail.

Pour ce spécialiste de l’histoire de l’ovalie, ce lourd tribut s’explique aussi par l’origine sociale des rugbymen : "Beaucoup d’entre eux étaient issus de la bourgeoisie au moment de la guerre de 14. Il y avait parmi eux de nombreux sous officiers de réserve. Évidemment, ils ont trinqué. Il fallait que les sous-officiers sortent de la tranchée avant les hommes. Leurs pertes ne sont donc pas surprenantes".

Maurice Jean-Paul Boyau, international français de rugby et as de l'aviation. © www.traditions-air.fr/

Parmi ces soldats de métier figurait l’une des grands vedettes de l’époque, Maurice Boyau, qui a donné son nom au stade de Dax. Sélectionné six fois en équipe de France, dont à deux reprises en tant que capitaine, ce troisième-ligne à également joué au Stade bordelais et au Racing Club de France. Lors de l’entrée en guerre, il est affecté au 144e régiment d’infanterie avant d’être transféré au 18e escadron de train des équipages. Il décide ensuite de suivre une formation de pilote au service de l’aéronautique à la fin de l’année 1915. "Remarquablement doué", selon une citation qui le consacre comme officier de la Légion d’honneur en août 1918, le rugbyman enchaîne les victoires (35 homologuées) et devient le 5e As français de la Première Guerre mondiale. Mais le 16 septembre 1918, son destin de sportif et d’aviateur prend fin. À quelques semaines de l’armistice, l’avion du sous-lieutenant est touché en Meurthe-et-Moselle.

Dans la grande histoire du rugby tricolore, le nom d’Alfred Mayssonnié est également resté célèbre. "C’était le capitaine de l’équipe de Toulouse. Elle était déjà très prestigieuse car elle était championne de France en 1912. Il a été érigé en héros de la guerre", raconte Rémy Pech. Ce demi d’ouverture, qui avait disputé le premier match de l’équipe de France dans le tournoi des Cinq nations en 1910, est tué d’une balle dans le cœur en septembre 1914 lors de la première bataille de la Marne. Pour honorer sa mémoire et celles des autres sportifs toulousains morts aux combats, le monument d’Héraklès a été construit en 1925 dans la Ville rose. "Tous les ans, le 11 novembre, il y a une cérémonie à cet endroit avec des membres du Stade toulousain ", précise le professeur d’histoire.

L'Héraklès archer de Toulouse a été imaginé en mémoire aux sportifs morts à la guerre de 1914-1918 et en hommage au rugbyman toulousain Alfred Mayssonnié. © Wikipedia

Le rugby continue durant la guerre

Malgré la mobilisation de nombreux joueurs, le rugby n’est pas en resté en sommeil au cours de la "Der des Der". "À partir de la saison 1915-1916, l’union des sociétés françaises de sport athlétique, décida de la création de la Coupe de l’Espérance, substitution du championnat de France. Trop de rugbymen actifs étant requis à des activités plus cruelles, la coupe de l’Espérance concernait pour l’essentiel des jeunes gens qui n’étaient pas encore mobilisés", peut-on ainsi lire dans "l’Encyclopédie du rugby français". Ce titre fut d’ailleurs remporté pour sa première édition (la compétition dura jusqu’en 1919) par le Stade toulousain contre le Stade français (8-0).

Sur le front, la passion de l’ovalie s’exprima également parmi les soldats. Des rencontres furent organisées à l’arrière. Comme le raconta Henri Amand, ancien international et demi d’ouverture du Stade français, dans une interview accordée aux "Cahiers de l’Équipe" en 1962, il joua son dernier match en Champagne en 1915 sous une pluie d’obus : "Je jouais à côté de Géo André (Georges André, également joueur de l’équipe de France, NDLR) mais le match fut vite interrompu. Les Allemands envoyèrent une fusée au-dessus du terrain et personne ne tint à rester plus longtemps".

Henri Amand a survécu à la guerre, mais de nombreux joueurs n’ont pas eu pas cette chance. Au total, selon Nigel McCrery, 130 internationaux de rugby ne sont pas revenus des combats. L’Écosse et l’Angleterre furent les plus durement touchées avec respectivement 31 et 28 tués dans leurs équipes.

Première publication : 31/05/2014

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