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Afrique

Le ministre tunisien de l'Intérieur visé par une attaque terroriste

© AFP | Un policier tunisien le 14 mars 2012 à Hammamet

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/05/2014

Une attaque terroriste, déjouée dans la nuit du mardi au mercredi contre le domicile du ministre tunisien de l'Intérieur à Kasserine, a fait quatre morts et un blessé parmi les policiers. L'attentat n'a pas été revendiqué.

Le ministre tunisien de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou, a été la cible d’une attaque terroriste, dans la nuit de mardi à mercredi, à Kasserine (centre-ouest). Quatre policiers ont été tués et un autre blessé, a annoncé Mohammed Ali Laroui, un porte-parole du ministère.

Résidant à Tunis, Lotfi Ben Jeddou n'était pas chez lui au moment de cette attaque à la Kalachnikov, qui n'a pas été revendiquée.

Les assaillants, qui ont pris la fuite, étaient encagoulés et circulaient à bord d'un pick-up, a indiqué à l'AFP un habitant de Kasserine qui les a vus après l'attaque.

Des soupçons sur le groupe Ansar al Charia

Kasserine est située au pied du Mont Chaambi, un massif à la frontière algérienne où l'armée pourchasse, depuis décembre 2012, un groupe accusé de liens avec Al-Qaïda. Ansar al Charia n'a toujours pas été neutralisé malgré des bombardements aériens réguliers et des opérations au sol. Les autorités tunisiennes redoutent que le groupe, inscrit en janvier sur la liste des organisations considérées comme terroristes par les États-Unis, profite de l'instabilité en Libye voisine pour étendre son influence. Les islamistes sont notamment bien implantés en Cyrénaïque.

Des soldats et gendarmes tunisiens sont régulièrement blessés ou tués dans cette zone, généralement par des mines disposées par des jihadistes, selon les autorités. Deux militaires ont encore été tués la semaine dernière dans l'explosion d'une mine.

L'attaque contre le domicile du ministre de l'Intérieur intervient alors que la Tunisie vit depuis peu une relative accalmie après une sombre année 2013, marquée par deux assassinats politiques.

"La menace n'est plus celle qu'elle était il y a quelques mois", a ainsi déclaré le mois dernier à l'AFP le Premier ministre Mehdi Jomaâ. "Avant, on était dans une lutte où l'on subissait. On avait des groupes qui infiltraient certaines zones urbaines (...), maintenant on est en train de progresser, d'aller les chercher dans leurs fiefs" en montagne.

En mars, il avait toutefois appelé les Tunisiens à la prudence, lors d'une interview télévisée. "Le terrorisme est traître, le terrorisme ne pardonne pas. Il faut que nous soyons préparés à d'autres coups".
 

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/05/2014

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