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Economie

Pepper, le premier robot qui a du cœur

© Aldebaran

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 06/06/2014

Dévoilé mercredi au Japon par l’opérateur mobile Softbank, le robot Pepper est considéré comme "révolutionnaire". Et pour cause, cette machine d’origine française se veut la première à pouvoir décrypter les émotions des humains.

Il a deux grands yeux comme on en trouve chez les personnages de mangas, une petite bouche qui affiche un éternel sourire, mesure 1,20 mètre et dispose de trois roues motrices. Pepper est un robot qui a fait sensation lors de sa présentation, mercredi 4 juin au Japon, par le géant des téléphones portables Softbank. Pas à cause de son visage de gentil poupon, mais plutôt pour son... empathie. C’est, en effet, le premier robot "émotionnel" qui, de plus, a été conçu en France.

"Pepper a été développé pour détecter les émotions et réagir en fonction de ce qu’il perçoit", explique à FRANCE 24 une porte-parole d'Aldebaran, la société française à l’origine de ce produit. Il peut décerner cinq sentiments ou expressions du visage humain : la tristesse, la colère, la surprise, le sourire et le froncement de sourcil. Il ne s’arrête pas là : d’après Aldebaran, il reconnaît aussi les intonations de la voix, comprend des mots et va jusqu’à percevoir des expressions corporelles comme l’inclinaison de la tête.

Le "Jiminy Cricket" du XXIe siècle

Toutes ces informations s’amalgament ensuite dans son petit cerveaux de robot et il en tire des conséquences. Ainsi, s’il sent que la personne avec qui il communique est triste, il peut lui suggérer de sortir. Autre exemple : lorsqu’il s’aperçoit qu’un enfant sourit souvent en lisant, Pepper peut, ensuite, lui proposer de prendre un livre pour s’occuper, comme le rapporte le site du magazine "Sciences et Avenir". Car ce nouvel ami des petits et des grands apprend au fur et à mesure de sa relation avec les autres. "Ainsi, il va demander une fois le nom d’une personne puis ne reposera pas la même question à chaque fois qu’il communique avec lui", précise la porte-parole d’Aldebaran.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : "Pepper n’est pas un autre robot fonctionnel ou industriel, il n’est pas le valet qui va passer l’aspirateur", assure cette représentante de la société française. Pour ses géniteurs, c’est davantage un compagnon du quotidien. Ils le considèrent comme une espèce de “Jiminy Cricket” du XXIe siècle.

Certains pourront cependant y voir une première étape dans l’avènement d’une société telle que décrite dans la série "Real Humans", où des humanoïdes s’interrogent sur leur condition de boîte de conserve. Ou encore d’un monde, comme dans le film “Her”, où la relation hommes-machines prendrait le pas sur celle entre êtres humains. Des références à des fictions anxiogènes qu’Aldebaran récuse. "C’est un robot bienveillant et au final ça reste 28 kg d’articulations plastiques qui ne peuvent pas remplacer les relations humaines”, assure-t-on du côté d’Aldebaran.

Un robot pour les 7 à 77 ans

Reste que le choix du Japon pour lancer Pepper n’est pas un hasard. L’archipel asiatique a une longue tradition d’intérêt pour la robotique et la population y est plus habituée qu’ailleurs à ces êtres de métal et de boulons. C’est donc tout naturellement que Pepper sera, à travers Softbank, commercialisé d’abord au Japon à partir de février 2015 au prix de 1400 euros.

Aldebaran espère que sa création sera capable, à l'instar de Tintin, de séduire les consommateurs de 7 à 77 ans. "Nous visons un public le plus large possible", assure la porte-parole du groupe français. Son arme de séduction massive ? "L’interface ultime, sans aucun bouton ou configuration à faire", souligne Aldebaran. Il suffit d’allumer Pepper et communiquer avec lui. À la portée du premier papy venu, en somme.

Mais un large public au Japon ne suffit pas à la société française, qui entend bien faire à terme une percée sur le marché mondial. Pour l’heure, Aldebaran ne donne pas de date de sortie pour d’autres pays. On peut cependant supposer que les langues comprises par Pepper (japonais, français, anglais et espagnol) correspondent aux premiers territoires où ce robot va chercher des nouveaux foyers.

Smartphone sur pattes

Les consommateurs du monde entier vont-ils lui ouvrir leur porte ? Un autre argument pourrait les convaincre. Pepper est, en fait, une sorte de smartphone sur pattes - ou plutôt sur roulettes - sans la capacité de téléphoner mais avec ce petit supplément d’âme. Tel un iPhone ou un appareil Samsung, Pepper est doté d’un système d’exploitation prévu pour accueillir un véritable "App store". En clair, les propriétaires de Pepper pourront télécharger des programmes qui ajouteront des fonctionnalités au robot, connecté à l’Internet par wifi. Il pourra ainsi, peut-être un jour, dire si des nouveaux mails ont été reçus ou quel est le plus court chemin pour se rendre à son prochain rendez-vous. Au lieu d’interagir, chez soi, avec son smartphone, on parlera peut-être à son Pepper ?

Pour autant, Google ou Apple doivent-il avoir peur de ce premier robot "émotionnel" ? Pour l’instant, ce petit condensé de technologie n’a fait qu’une apparition lors de la conférence de présentation de Softbank. Personne n’a encore pu juger sur pièce de ses réelles capacités. Peut-être est-il encore plus humain qu’il n’y paraît et se révèlera-t-il tout aussi imparfait ? L’atelier Aldebaran, qui se tiendra à Paris le 26 juin, avec Pepper en "guest-star" devrait amener des premiers éléments de réponses.

Première publication : 06/06/2014

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