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Lana Del Rey promène son spleen sur l'élégant "Ultraviolence"

AFP

La chanteuse américaine Lana Del Rey se produit au festival Coachella à Indio, Californie, le 13 avril 2014La chanteuse américaine Lana Del Rey se produit au festival Coachella à Indio, Californie, le 13 avril 2014

La chanteuse américaine Lana Del Rey se produit au festival Coachella à Indio, Californie, le 13 avril 2014La chanteuse américaine Lana Del Rey se produit au festival Coachella à Indio, Californie, le 13 avril 2014

Instantanément élevée au rang d'icône lors de son apparition sur la scène musicale en 2011, Lana Del Rey promène son spleen sur "Ultraviolence", un deuxième album élégant davantage ancré dans le rock et la soul.

La vénéneuse Américaine a vendu plus de 7 millions d'exemplaires de son premier disque "Born to die", porté par les tubes "Video Games" et "Blue Jeans".

Héritière fascinante des idoles de la mythologie américaine (Marilyn, Jackie Kennedy ou James Dean qu'elle aime citer) pour certains, poupée clinquante et "fabriquée" pour d'autres, la rousse aux lèvres pulpeuses a ravivé des passions dont l'industrie du disque n'avait plus l'habitude depuis la crise.

Plus classique et plus affirmé que son premier disque, "Ultraviolence" devrait apaiser les débats.

Sur son premier essai, Lana Del Rey utilisait abondamment le rythme et le phrasé hip-hop. Un côté moderne et "bling-bling" qui s'opposait violemment à l'imagerie rétro et élégante dont elle s'entourait par ailleurs.

"Ultraviolence", qui sort lundi, propose un univers plus cohérent. Langoureux et nonchalant, traversé d'éclairs électriques, ce disque se tourne davantage vers les racines du rock américain et de la soul.

Lana Del Rey cite d'ailleurs comme influences les Eagles, Joni Mitchell. Ou Nina Simone, dont elle reprend "The other woman". "Parce qu'elle dit tout, parce que j'adore le jazz, parce que c'est peut-être une porte ouverte vers ce que sera le prochain album", a-t-elle dit à la presse américaine.

Ce rythme plus lent offre un écrin à sa voix, tantôt aérienne, tantôt profonde.

L'origine de ce recentrage vient de la rencontre de la jeune femme de 27 ans avec Dan Auerbach, le guitariste et chanteur des Blacks Keys, le plus respecté groupe de rock américain du moment.

- 'Rongée par le doute' -

L'album a été enregistré en six semaines dans son repaire de Nashville, essentiellement dans les conditions du live.

L'influence de ce grand amateur de blues, qui a produit "Ultraviolence", se ressent tout au long du disque, de l'ampleur donnée aux chansons à l'utilisation de la réverbération en passant par les guitares saturées.

Plus cohérente musicalement, Lana Del Rey s'affirme aussi en tant qu'auteure, creusant ses thèmes fétiches : regard désabusé sur la soif de réussite avec "Money, power and glory" ("Argent, pouvoir et gloire") ou le provocateur "Fucked my way up to the top" ("J'ai baisé pour arriver au sommet"), dépendance amoureuse et spleen omniprésent.

Les titres des chansons s'écoulent comme autant de larmes : "Sad girl" ("Fille triste"), "Cruel World" ("monde cruel"), "Pretty when you cry" ("beau quand tu pleures")...

"J'ai l'impression de faire des chansons joyeuses mais quand je les fais écouter, on me dit à quel point elles sont tristes. Je ne peux pas m'évader de ma vie, qui a été assez tumultueuse", a-t-elle récemment confié dans un entretien aux Inrockuptibles.

"Je demeure rongée par le doute, la tristesse. Je n'ai que le flou, le vide devant moi. Et je n'aime pas ne pas savoir où je vais", a-t-elle ajouté.

Lana Del Rey sera à l'Olympia le 21 juin dans le cadre d'un concert gratuit organisé par France Inter pour la Fête de la Musique.

Elle se produira cet été à Monte-Carlo (4 juillet), au festival de Carcassonne (17 juillet) et à Rock en Seine (24 août).

Première publication : 13/06/2014