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Moyen-Orient

Les déserteurs de l'armée irakienne pris en étau entre le pouvoir et les djihadistes

© FRANCE 24 | Un déserteur des forces irakiennes.

Vidéo par Selim EL MEDDEB , Adam PLETTS

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/06/2014

L'EIIL, qui contrôle désormais une grande partie du nord-ouest de l'Irak, a tiré profit de la débandade de l'armée irakienne, affaiblie par les désertions. FRANCE 24 a recueilli le témoignage de ceux qui ont préféré fuir. Reportage.

Depuis le début de l'offensive des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), des milliers de soldats et de membres des forces de sécurité irakiennes ont déserté. Après la chute de Mossoul, la deuxième ville du pays, beaucoup ont trouvé refuge dans la région autonome du Kurdistan irakien.

Les envoyés spéciaux de FRANCE 24, Sélim El Meddeb et Adam Pletts, se sont rendus sur place, précisément dans le camp de Ghazar, situé à une vingtaine de kilomètres de Mossoul, pour recueillir le témoignage de certains de ces déserteurs. Ce camp, qui abrite un millier de déplacés, compte également une quinzaine de soldats et de policiers irakiens. Après avoir combattu les djihadistes pendant cinq jours, ils ont décidé de jeter l’éponge.

"Nous avons vu les officiers mettre des tenues civiles et s'en aller, et quand nous demandions ce qu'il se passait, on nous répondait que tous les officiers supérieurs avaient fui, explique le soldat Shaalan Abdelwahab. Nous aurions pu continuer à nous battre et vaincre les djihadistes, mais nous avions été trahis par une partie de nos chefs."

Un sentiment que partage Fouad Salem, un policier fédéral irakien. "C'est une honte, je vous le dis : nous sommes des hommes, des combattants ! Mais que faire quand vous voyez fuir les officiers et tout le régiment ? Vous perdez toute volonté de combattre Vous jetez votre arme et vous fuyez aussi."

Pris en étau

L’EIIL, qui contrôle désormais une grande partie du nord-ouest de l'Irak, a promulgué une amnistie pour les membres des forces de police de Mossoul. Les envoyés spéciaux de FRANCE 24 ont appris que certains d’entre eux, qui s’étaient réfugiés dans le camp de Ghazar, ont décidé de retourner à Mossoul. Mais pour d'autres, il n'en est pas question, car les djihadistes sont connus pour pratiquer régulièrement des exécutions sommaires des membres des forces de sécurité.

"Moi, je n'y crois pas […]. Malgré cette histoire d'amnistie, ils peuvent entrer dans n'importe quelle maison et vous tuer s'ils le veulent", souligne Fouad Salem. D'autant plus que samedi dernier, le Premier ministre irakien a menacé de mort les déserteurs, accusés de trahison. 

"Que dois-je faire ? Je ne peux pas faire confiance aux terroristes. [...] Même si le gouvernement menace de m'exécuter, je ne me rendrai pas aux djihadistes", confie Fouad Salem.

Pris en étau, ces déserteurs  n'ont d'autre choix que de faire profil bas. Selon les responsables de ce camp, des dizaines d'autres sont attendus ici dans les prochains jours.

Première publication : 16/06/2014

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