Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Référendum en Italie : un scrutin à risque pour Matteo Renzi

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Présidentielle 2017 : la nouvelle donne.

En savoir plus

LE GROS MOT DE L'ÉCO

PIB : la richesse se fait tirer le portrait

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

François Fillon est-il le "Thatcher français" ?

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Pascal Elbé

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Le renoncement de François Hollande est-il un aveu d'échec ?

En savoir plus

FOCUS

Autriche : qui est Norbert Hofer, le nouveau visage du parti d'extrême droite ?

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Hommage à Ousmane Sow, l'artiste des ethnies

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Dix ans de France 24 : dans les coulisses de la chaîne

En savoir plus

Economie

Quand l’Allemagne s’en prend à la règle d’or budgétaire

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 17/06/2014

Le ministre allemand de l’Économie Sigmar Gabriel a prone un assouplissement de l’interdiction pour un pays européen d’avoir un déficit supérieur à 3 % du PIB. Mais sa proposition surprenante n’est pas forcément un cadeau pour les États endettés.

Quelle mouche a piqué Sigmar Gabriel ? Le ministre allemand de l’Économie et numéro deux du gouvernement d’Angela Merkel s’est permis, lundi 16 mars, une attaque en règle contre la fameuse règle d’or budgétaire européenne qui interdit aux États membres d’avoir un déficit supérieur à 3 % du PIB. Ce n’est pourtant pas le genre de l’Allemagne : le pays s’était, jusqu’à présent, toujours montré inflexible sur la rigueur budgétaire dans la zone euro.

“Les coûts qui sont occasionnés par toutes les mesures de politique de réforme (...) ne devraient pas être pris en compte dans les critères de déficit”, a, ainsi, affirmé Sigmar Gabriel, à l’issue d’une rencontre avec son homologue français Arnaud Montebourg. Une manière, pour le ministre et membre du parti social démocrate (SPD) allemand, de suggérer que la règle des 3 % n’est pas toute puissante, surtout lorsqu’il s’agit de soutenir la croissance.

Cette proposition a été bien accueillie par Paris. Le gouvernement français peine actuellement à tenir son engagement de réduction du déficit public à 3 % en 2015 ; 3,8 % sont prévus pour la fin 2014. La prise en compte du coût des réformes mises en œuvre pourrait donner à la France un bol d’air bienvenu.

“S’il s’agissait juste de suggérer un assouplissement la règle d’or budgétaire, l’initiative de Sigmar Gabriel irait dans le bon sens, mais ce n’est malheureusement pas aussi simple que ça”, nuance Christophe Blot, économiste spécialiste des questions européennes à l’Observatoire français des conjonctures économiques. Pour lui, la proposition du ministre allemand de l’Économie est, en fait, “une fausse bonne idée”.

Quand c’est flou...

Il y a trop de flou dans cette initiative, estime-t-il. Il est facile d’être séduit par l’idée de soustraire l’impact des réformes structurelles sur le déficit, mais “quelles sont les réformes qui entrent dans cette catégorie ?”, se demande Christophe Blot. Cet expert craint que ce ne soit, en fait, qu’une manière de pousser les États à une plus grande libéralisation de leur économie. Les pays de la zone euro ne pourraient alors dépasser les 3 % de déficit que s’ils introduisaient davantage de flexibilité dans leur marché du travail ou qu’ils révisaient leur système de retraite.

Comment, en outre, calculer l’impact économique de ces réformes structurelles ? “Il n’existe pas de méthode acceptée par tous, et une telle proposition promet des longs et difficiles débats sur les montants à soustraire au calcul du déficit”, estime Christophe Blot. Il estime que le système actuel - une règle d’or clairement établie avec la possibilité pour les États d’aller négocier des délais avec Bruxelles - vaut mieux que la proposition de Sigmar Gabriel.

Surtout, il pense que la règle d’or peut être assouplie de manière bien plus simple. “Il suffirait de soustraire les investissements publics du calcul du déficit, car ça on sait précisément l’évaluer”, affirme-t-il. En clair, l’argent dépensé pour développer les infrastructures, soutenir la recherche et, peut-être même, les sommes allouées à l’éducation ne serait plus pris en compte pour évaluer la conformité d’un pays à la règle des 3 %.

Première publication : 17/06/2014

  • ECONOMIE

    Déficit : Bruxelles estime que la France ne respectera pas ses engagements

    En savoir plus

  • ZONE EURO

    La BCE utilise pour la première fois un taux négatif

    En savoir plus

  • UNION EUROPÉENNE

    France-Allemagne : le couple dont François Hollande a bien voulu parler

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)