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Economie

Vers une entrée de l'État au capital d'Alstom ?

© AFP | De g. à dr. : Joe Kaeser et Gerhard Cromme de Siemens et Shunichi Miyanaga de Mitsubishi à l'Élysée mardi

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/06/2014

Le japonais Mitsubishi propose à l'État français de devenir actionnaire d'Alstom dans le cadre de l'offre de reprise qu'il a présentée avec l'allemand Siemens. Le gouvernement serait intéressé par une participation de 10 %.

Le gouvernement veut prendre 10 % ou plus du capital d'Alstom via la Banque publique d'investissement (BPI) aux côtés de Mitsubishi Heavy Industries (MHI) dans le cadre de l'offre conjointe du japonais avec le groupe allemand Siemens, a déclaré mardi à Reuters une source syndicale.

Le président de MHI, Shunichi Miyanaga, a déclaré le même jour lors d'une audition à l'Assemblée nationale, qu'il souhaitait "vivement" que l'État prenne dans Alstom une part de 10 % qu'il entendait prendre lui-même en rachetant une partie de la participation actuelle du groupe Bouygues dans Alstom.

Siemens n'est "pas hostile" à une "participation de l'État au capital d'Alstom aux côtés de MHI", a indiqué à l'AFP Christophe de Maistre, PDG de Siemens France. Le groupe allemand n'a négligé aucun moyen, mardi, pour rallier l'État, les administrateurs et les salariés de l'industriel français et mettre hors jeu General Electric (GE), qui à la prédérence de l'équipementier français.

"Nous avons bâti avec Mitsubishi une grande alliance industrielle qui offrira un nouvel avenir à Alstom, au lieu de consacrer son démantèlement", a affirmé le président du conseil de surveillance du groupe munichois, Gerhard Cromme.

L'Élysée demande une amélioration des offres

Le Premier ministre Manuel Valls a beau affirmer que le gouvernement, pour sa part, n'a "aucune préférence", le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg privilégie un partenariat préservant l'intégrité du fabricant du TGV et fournisseur d'EDF. "Tant qu'il sera possible, nous souhaitons que les offres puissent être améliorées", indiquait-on mardi à l'Élysée.

GE offre de racheter la totalité du pôle énergie d'Alstom (70% de son chiffre d'affaires) pour 12,35 milliards d'euros. Siemens se contenterait de l'activité de turbine à gaz, qu'il reprendrait pour 3,9 milliards d'euros.

Quant à MHI, il propose la création de trois co-entreprises où Alstom resterait majoritaire, par exemple dans les turbines à vapeur, utilisées dans les centrales nucléaires d'EDF. Une solution qui répond aux inquiétudes sur le contrôle des activités nucléaires.

Siemens et MHI ont avancé que leur proposition valorisait l'ensemble du pôle énergie d'Alstom à 14,2 milliards d'euros. "Nous sommes plus compétitifs", a fait valoir M. Kaeser. Mais l'architecture de l'opération est jugée "complexe" et la gouvernance "très compliquée" par plusieurs connaisseurs du dossier.

Sur la question sensible de l'emploi, le tandem germano-nippon a donné des garanties et promis de créer plus de 1 000 postes en France, comme GE. Enfin, Alstom resterait un groupe français coté à Paris.

Incertitude sur la branche ferroviaire

Reste l'avenir incertain de la branche transport d'Alstom. "Dans les transports, nous sommes absolument déterminés à créer un champion européen du ferroviaire. Pour cela, Siemens est disposé à apporter à Alstom l'ensemble de ses activités ferroviaires", a déclaré Gerhard Cromme.

De là à créer "l'Airbus du rail" cher à Arnaud Montebourg, le chemin sera long, d'autant que les deux groupes ont vécu des décennies d'âpre rivalité.

Siemens souhaite de toute façon "procéder par étape", et subordonne toute discussion sur le transport à la "signature" d'un accord "sur le volet énergie".

Selon une source proche du dossier, GE travaillerait bien à rendre sa proposition plus attractive, même s'il exclut de surenchérir. Le groupe américain étudierait notamment la possibilité de créer une co-entreprise dans le transport avec Alstom et, comme le propose MHI, une alliance industrielle dans les turbines à vapeur.

Le dernier mot reviendra à Alstom. Mais le temps presse, car l'offre de GE expire lundi 23 juin.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 17/06/2014

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